LE GRAND CYCLE MONDIAL
est un germe ou semence divine.
Une semence ordinaire, un grain de blé, par exemple, ne saurait développer les pouvoirs latents qu’il contient à moins d’être semé en terre; celle-ci fournit les éléments qui lui servent de nourriture, et il ne peut croître si la pluie ne l’arrose pas, si le soleil ne brille sur lui. De même en est-il pour le germe divin, l’esprit humain. Il est semé dans le solde l’expérience humaine, sol dont les éléments constituants contribueront à développer ses possibilités divines. Les larmes provoquées par les peines et les souffrances humaines l’arrosent, il
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est vivifié et réconforté par le soleil de la joie et du bonheur. Grâce à ces expériences, grâce à cette rosée des afflictions, grâce encore au soleil de la joie, graduellement, génération après génération, siècle après siècle, et des milliers d’années durant, ce germe divin devient finalement un homme divin, ayant pleinement évolué les pouvoirs divins demeurés, jusqu’alors, latents.
Pour que cette longue évolution s’effectue, il est nécessaire que ce germe divin prenne contact avec la matière et que des voiles l’enveloppent successivement. Dans sa descente du ciel sur la terre, il attire autour de lui des agrégats d’une matière de plus en plus dense, empruntés aux régions qu’il traverse, et il prend de la sorte contact avec ce qui l’environne. Ce processus, seul, contribuera à lui faire acquérir des expériences déterminées, lui permettra de développer ses pouvoirs par l’intermédiaire desquels il fera de la matière dont il s’enrobe, une esclave et un instrument pendant le temps de sa manifestation.
Si au stage présent de l’évolution nous nous considérons les uns les autres, nous constatons que l’être spirituel que chacun de nous est, a déjà développé certains de ses pouvoirs, tan-
dis que certains autres ne sont pas encore en activité. Nous constatons en outre la présence des voiles de matière qui enrobent l’esprit en voie d évolution ; ce ne sont plus des voiles sans contours définis, mais des corps plus ou moins bien organisés pour les desseins mêmes de la vie qu’ils renferment.
Sur notre plan physique, dans le monde auquel nous appartenons aujourd’hui, cette matière que le germe divin s’est ainsi appropriée, est déjà hautement organisée ; elle est devenue l’esclave de l’intelligence de l’Esprit etcela dans uneproportion relativementgrande en ce qui concerne les êtres humains les plus avancés.
Avec le temps, se sont construits ces organes de connaissance que nous appelons les sens.
Nous en possédons actuellement cinq, car nous race ayant passé par cinq des grandes races que j’ai précédemment, lors de ma première conférence, comparées aux vagues de l’océan.
Je vous ai dit, et vous pouvez vous le rappeler, que nous formions la cinquième de ces vagues et aussi la cinquième petite vague, l’une des subdivisions de la grande 1 . Partant du point
1. Nous sommes donc, aujourd’hui, dans la 5® sous-race de la 5® grande Race-Mère (N. D. T ).
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atteint aujourd'hui par l’humanité pour nous reporter en arrière, et suivre, dans le passé, la croissance de l’homme, il nous sera possible de distinguer révolution de ces sens, depuis leur naissance jusqu’à l’acuité qu’ils possèdent maintenant ; et nous constaterons qu’à chaque grande race correspond le développement d'un sens.
Pour que vous ne soyez pas portés à supposer que ce que j'avance là, s’écarte du domaine de l'expérience, permettez-moi de vous rappeler l'existence d’un important et édifiant spécimen de la quatrième race qui précéda la nôtre, spécimen qu'on trouve aujourd’hui en Birmanie, dans l’Empire des Indes.
Le sens du goût fut, dans cette quatrième race, celui qui se développa graduellement pendant que le sens de l’odorat demeurait à l'arrière-plan, très rudimentaire et à peine formé.
Si maintenant vous allez chez les Birmans et vous informez de leur régime alimentaire, vous constaterez qu'un de leurs me ts favoris est le poisson, non le poisson frais, fraîchement retiré de l’eau, mais celui qu'on a pris depuis un certain temps et enterré dans le sol jusqu'à ce qu’il se soit décomposé ; alors seulement,on l'exhume
pour en faire un plat considéré comme le meilleur qu’on puisse avoir sur la table d’un Birman.
Cela suffit pour vous montrer que, dans cette quatrième race, le sens du goût diffère sensiblement du nôtre. Je dois cependant ne pas oublier cette exception: je crois que le sens du goût, chez beaucoup d’entre nous, aime encore à s’exercer sur certain gibier et venaison qu’on dit être : faisandés. Or, le poisson que mangent les Birmans est des plus faisandés ; si l’expression n’était pas tant soit peu grossière, on pourrait ajouter, pour appliquer aux choses leur véritable qualificatif, que ce poisson est pourri Actuellement, aucun de nous ne saurait se contenter de cet aliment et y trouver quelque satisfaction car le sens de l’odorat est intimement lié à celui du goût et se trouve aujourd’hui développé en nous.
J’ai choisi cet exemple frappant, que j’ai eu l’occasion d’observer personnellement, afin de vous rendre plus intelligible ce que j’avance en disant qu’à chaque race correspond l’éclosion d’un sens, que celui qui le suit demeure
1. Rotten. En anglais ce mot est considéré comme grossier (N. D. T.).
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à l’état embryonnaire pour s’éveiller dans la race suivante, et y atteindre son plus haut point de perfection. Le nombre de nos sens nous indique donc à quel stade de l’évolution nous sommes.
Les proverbes sont souvent vrais, et celui qui se rapporte à l’homme effrayé de ses sept sens, quand ses semblables n’en possèdent que cinq, nous montre que cette antique croyance fut universellement connue, croyance d’après laquelle l’homme devra évoluer dans deux autres races, et que les sens complémentaires se développeront à mesure que les races se succéderont sur terre. C’est ainsi que dans la sixième race, dont je vous entretiendrai spécialement prochainement lorsque je parlerai de
La race future ,
nous aurons à développer un nouveau sens à l’aide duquel le monde de l’au-delà sera pour nous aussi tangible que le monde physique nous l’est actuellement. C’est en effet cette forme particulière de vision que l’homme est appelé à acquérir désormais. A mesure que s’organisera plus parfaitement le corps astral immédiatement supérieur au corps physique, se dévelop-
pera, pan passu, dans le cerveau physique, l’organe par lequel le monde voisin, l’astral, deviendra sensible à la conscience physique, ce qui étendra considérablement notre vision et nous rendra enfin visible ce qui, maintenant, est invisible pour les yeux du plus grand nombre.
L’évolution de l’homme étant ainsi considérée, la conscience spirituelle, en se développant, se crée des corps de matière de mieux en mieux organisés. Chacun de nous subit cette double croissance : d’une part, celle de la conscience atteignant des états toujours de plus en plus élevés ; de l’autre, des corps dont la matière qui les compose, devient de plus en plus subtile, des corps à l’aide desquels la conscience est susceptible de s’exprimer clairement et d’une manière définie; il en résulte que chaque changement de conscience suscite une vibration dans la matière ; inversement, la conscience prend acte dumoindre changement dans la matière. Il y ade la sorte deux évolutions parallèles étroitement liées l 'une à l’autre : celle de l’Esprit et celle des corps, ceux-ci devenant de plus en plus sensibles.
Les différences de degrés de sensibilité sont observables dans le système nerveux comme
dans L’aspect extérieur du corps. Reportezvous une fois de plus à la quatrième race ; étudiez son système nerveux et voyez s'il n est pas entièrement différent de celui que nous possédons. Bien qu'il soit apparemment semblable au nôtre, que les rapports qui existent entre sa distribution générale dans l’organisme d r une part, et le cerveau de l'autre, paraissent ne différer que très peu des nôtres, si nous poussions assez loin l'étude de l'organisation même de ce système, vous constateriez qu’un gouffre sépare le système nerveux de la quatrième race de celui de la cinquième.
Si vous désirez avoir encore une preuve du fait, voyez l'intense souffrance et toutes les blessures très graves qu'un Chinois est capable d'endurer, comparativement à ce que nous pouvons, nous, supporter. Notez qu'une lésion importante, sur le corps d'un Chinois, ne met pas la vie de celui-ci en danger ; il s'en remet très vite quand la même lésion nous tuerait par suite du choc nerveux qui en résulterait sur notre organisme. 11 ne faut pas considérer ici la blessure en elle-même, — et la perte de sang peut être égale chez l’un et chez l’autre — mais l'homme de la cinquième race meurt d'un choc nerveux, là où un homme de la qua-
trième, avec ^on système nerveux plus grossier, peut rapidement guérir et réétablir l’équilibre nerveux.
Vous pouvez en outre remarquer, dans votre sous-race teutonne, d’autres faits dont les caractéristiques sont celles de la grande race aryenne à laquelle appartiennent les peuples de l’Occident et de l’Inde. Il nous est en effet possible de constater, dans notre sous-race teutonne, l’étonnante augmentation des maladies nerveuses. Cette augmentation est beaucoup plus rapide de nos jours qu’à aucune autre période de l’histoire humaine. Trop grand commence à devenir l’effort demandé à notre système nerveux, car celui-ci évolue un peu plus vite que le monde extérieur qui réagit sur lui. Il en résulte que, pour éviter les troubles nerveux, il est nécessaire de commencer à corriger et à purifier votre façon de vivre, laissant loin derrière vous les passions grossières dont vous devez, au stade présent de l’évolution, dépasser les limitations dégradantes qu’elles imposent à l’individu.
Dans la sixième sous-race, qui déjà commence à poindre, le système nerveux sera plus délicat encore, des organes des sens d’une extrême acuité apparaîtront bientôt, chez les
enfants, dans une proportion de plus en plus grande. Les organes actuels de nos sens verront peu à peu s’amplifier leur mode d'expression, puis viendra l’apparition de nouveaux organes, ceux qui dessilleront à nos regards
l'autre côté de la mort.
Nos corps physiques appartiennent aussi à cet autre plan de l'univers, et notre système nerveux s’affinera pour que nous devenions aptes à explorer plus complètement ce monde voisin.
C’est là un point qu’il est indispensable de garder présent à l’esprit, car il se rapporte à l’une des portes dont je parlais au début.
Notre corps physique n'est pas le seul à croître en sensibilité ; parallèlement à lui s'organise aussi celui qui lui est immédiatement supérieur et dont les pouvoirs se développent graduellement : c’est le corps d'après la mort destiné à remplacer, pour ainsi dire, celui dont nous sommes actuellement revêtus ; c'est le corps par l'intermédiaire duquel nous percevons l’émotion.
En effet, lorsque nous passons dans l'au-delà,
nous n’y allons pas sans vêtement ; nous rejetons l’habit grossier que nous appelons le corps physique, et nous conservons cet autre corps dont la matière interpénètre celle du corps de chair. Ce dernier appartient au monde de l’au-delà et son évolution atteint maintenant un degré tel, que, grâce à lui, il nous sera possible de T'utiliser bientôt pour l’acquisition de nouvelles expériences sur le plan astral.
Dans la prochaine race, ainsi que je m’efforcerai de vous le prouver plus complètement par la suite, ce corps s’organisera, se développera, jusqu’à devenir, comine notre corps physique, un parfait véhicule de conscience. Lorsque cette naissance et cette organisation seront terminées, de nouvelles portes s’ouvriront sur la Religion, sur la Science et les Arts.