‹ Le monde de demainChapitre 14 sur 28 · I. — Religion · texte numérisé non relu

I. — Religion

Considérons tout d’abord ce qui en résultera pour nous du côté de la Religion.

Le développement d’un état plus profond de conscience placera notre Moi, l’Esprit, en contact plus direct avec les régions spirituelles de l'univers.

LA RELIGION, LA SCIENCE ET l’aRT

Je ne m’occupe pas ici de la matière subtile (le ces mondes élevés, mais des réalités spirituelles inhérentes à la vie spirituelle.

La nature de Dieu, la conscience que l’on a de Sa présence partout ; le fait de reconnaître Sa Vie comme la Vie animatrice de toutes choses, voilà ce qui deviendra de fondamentales réalités pour l'Esprit, plus évolué, de l'homme.

Je vous ai fait observer, en vous exposant le point d'seulement atteint par la Religion en ce qui touche l'idée de Dieu, que des montagnes d’arguments intellectuels ne conduiraient nullement à démontrer péremptoirement l'existence et la réalité de Dieu. Elles nous offriraient des probabilités, des séries d'évidences, mais aucune démonstration, aucune preuve. Quand une chose est une fois pour toutes démontrée, les discussions s’apaisent, nul ne songe plus à demander si le fait existe réellement. Or, nous avons bien jusqu’à présent discuté sur Dieu autant que nous pouvions le faire, mais nous n’avons pas acquis la connaissance spirituelle de Dieu, source éternelle de tout ce qui est.

Gomment atteindrons-nous cette connaissance?

Nous ne l’atteindrons ni par de nouvelles spéculations intellectuelles, ni par la simple aspiration de la nature émotionnelle. Nous l’atteindrons par l’éclosion, dans l’homme, de cet Esprit, divin en essence et qui, de par sa divinité même, peut s’unir au divin qui lui est extérieur. Etant Dieu lui-même, il peut connaître le Dieu dont il est une étincelle. Telle est

L'ultime vérité de la Religion ,

communion de l’homme avec Dieu dans les profondeurs de l’Esprit humain.

La Religion n’est qu’une aspiration vers Dieu, c’est la recherche du divin.

Cérémonies, rites, églises, Ecritures, tout cela est purement externe et ne saurait jamais révéler Dieu à cet Esprit fait à l’image de Dieu. Seul, l’Esprit peut se connaître ; seul, l’Esprit peut se trouver. Quand il cherche dans la matière, il ne peut qu’oser croire qu’il est ; mais l’Esprit dépouillé de tout voile peut sentir le Seigneur sans voile ; par son identité de nature avec Lui, il peut savoir que Dieu est, et qu’il est Dieu Lui-même.

A mesure que cette vie spirituelle intérieure se reflétera dans les religions du monde,

Fhomme en viendra à comprendre et à croire cette parole du Christ : « Le Royaume des Cieux est en vous ?» A mesure que vous avancerez plus avant dans les profondeurs de votre être, vous trouverez enfin Dieu, vous acquerrez la conviction que Dieu est et doit être ; car, à ce moment, vous pourrez rejeter loin de vous tout ce qui n’est pas Lui jusqu’à ce que seul Il demeure, Lui, F Unique Moi du monde. Vous pouvez mutiler votre corps, arracher vos membres ; vous demeurez. Vos émotions peuvent vous entraîner à une aveugle colère ; derrière vos émotions, vous demeurerez. Votre intelligence peut s’affaiblir, sa faculté de raisonnement peut être inhibée ; derrière cette intelligence chancelante vous demeurez. Et si vous êtes disposés à passer dans le domaine des expériences spirituelles, à apaiser vos émotions, à calmer votre mental; alors, dans le silence des émotions, dans la sérénité du mental, vous trouverez une conscience et une vie plus profondes, une individualité plus réelle. Pendant cette paix des émotions et cette tranquillité du mental, vous vous plongerez dans les régions profondes de FEsprit; et vous trouverez Dieu. Contemplant alors cette éternelle et puissante Vie, vous sentirez que vous la partagez, que

vous en êtes une partie, que vous ne sauriez vivre séparés d’elle et, dans une effusion suprême, vous ne douterez jamais plus de la réalité du Divin, ayant dès lors découvert, en vous-mêmes, la présence de ce Divin.

Telle est F ultime conviction que rien ne peut ébranler; c'est une expérience que tout homme pourra faire;grâce à elle, il envisagera le monde sous une tout autre face, c'est elle qui lui servira de base stable pour la Religion future; elle sera le roc sur lequel une pure croyance peut seule être édifiée.

Il est dit, avec juste raison, dans les anciennes Écritures de l'Inde, que

l'unique témoignage de l'existence de dieu

n’existe que dans le témoignage du Moi. C'est sur ce rocher que la Religion s'élèvera, invincible devant l’attaque, imprenable à l’assaut. Aucune question de chronologie ne l'ébranlera, tout individu pouvant se rendre compte par lui-même de la vérité ; ni la critique, ni la lacération des Écritures n'auront raison d'elle car, telle une plante vivace, elle se renouvellera sans cesse dans la Vie de l'Esprit Eternel. Les églises, en s'écroulant, ne l'entraîne-

LA RELIGION, LA SCIENCE ET l’aRÏ

ront pas dans leur chute, puisque c’est en son nom que ces églises furent édifiées pour aider ceux qui la recherchaient ; rien de ce qui lui est extérieur ne pourra la souiller, car elle vivra dans le cœur de tout homme. Grâce à ces nouvelles expériences, la connaissance sera plus grande et la faculté d’assimilation plus développée; l’amour s’étendra, la paix et les bénédictions descendront sur le monde. Tout peut disparaître, mais Cela demeurera inchangeable; puisque tout ce qui existe émane de Cela, toutes les choses éphémères peuvent disparaître, peu importe! La Source éternelle demeure.

Bien qu’elle soit la plus importante, ce n’est pas là la seule porte nouvelle qui s’entr’ouvre sur la religion.

Vous vous rappelez m’avoir entendue dire que, parallèlement au développement de la conscience, évoluait le corps physique dont l’organisation devenait plus délicate, si bien que l’éclosion de nouveaux sens, de nouveaux pouvoirs, a lieu dans le tabernacle physique à mesure que s’accomplit l’évolution de l’Esprit dans l’homme. Or, les sens qui sont en connexion avec les mondes supérieurs, sont tout prêts à s’éveiller en vous. Au cas où vous me

demanderiez pourquoi je vous l’affirme, ma réponse sera simple : si, prenant par exemple douze d’entre vous, je paralyse leurs sens physiques par ce que l’on appelle mesmérisme, — ou hypnotisme si vous préférez cette dernière appellation, — en sorte qu’ils ne puissent plus percevoir les c hoses, ni s entir, ni goûter, ou avoir physiquement conscience des objets extérieurs ; sous de pareilles conditions, dix sur douze d’entre vous verront se manifester leurs sens internes et seront capables de constater l’existence d’un autre monde plus subtil que le nôtre.

Si donc, vous admettez que, artificiellement, on puisse d’une façon analogue rendre un individu quelconque clairaudient ou clairvoyant, capable de sentir et de toucher des choses qui ne relèvent en rien du monde physique ; si vous vous apercevez qu’en apaisant le côté physique, ces sens rudimentaires deviennent susceptibles de se manifester, — limités dans une certaine mesure mais néanmoins en activité, — celavousprouveclairement que l'homme est sur le point de développer plus complètement ces sens encore rudimentaires qui, pour l’instant, ne se montrent que sous l’influence de certaines conditions artificiellement provoquées.

LA RELIGION, LA SCIENCE ET l’aRT

; Mais ils se montrent sous ces conditions et c’est là un fait ; s’ils n’existaient pas, ils ne signaleraient pas leur présence, si loin que vous poussiez l'inhibition des centres physiques. Ils sont donc là. Mais il arrive qu’au moment où les sens grossiers du corps physique sont en pleine activité, les fortes vibrations de ceux-ci éteignent les délicates vibrations des sens naissants et rudimentaires. Gomme ils existent, partiellement développés, lagrande majorité de ceux qui sont ici présents peut les manifester.

Non seulement cela est vrai, — et j’ai cornmencé par mentionner ce fait parce qu’il est désormais reconnu par la science, — mais ces sens peuvent etre artificiellement stimulés sans le secours du mesmérisme qui, d’ailleurs, ne fournit qu un banal moyen d’expérience. Celui que je vais vous indiquer implique, au contraire, une conscience ayant atteint un degré de développement tel, que l’existence de ce sens est dès lors reconnue comme réelle. Un entraînement spécial est alors délibérément entrepris pour hâter leur développement. Cet entraînement est celui qu’on désigne le plus souvent sous le nom de

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