MÉDITATION
et la méditation n’est autre chose que la concentration de la pensée. Quiconque est capable d’être attentif* de penser fermement, pendant un temps déterminé, à une seule et même chose, sans permettre au mental de vagabonder, est prêt pour la méditation. Sont prêts aussi pour la méditation, — bien qu’on puisse être amené à supposer le contraire, — ceux qui sont susceptibles d’être enthousiasmés par une idée haute et noble qui prend possession d’eux, ou les obsède, si vous préférez ce mot. Ainsi possédés ils deviennent martyrs ou héros lorsqu’il s’agit de défendre l’idée qui leur est chère. Je n’entends pas prétendre que ce soit là le plus haut état d’être ; cela n’est pas. 11 vaut mieux, certes, posséder une idée plutôt que de se voir possédé par elle ; le premier état est supérieur au second. Mais le fait de pouvoir être possédés par une idée indique que vous vous approchez des royaumes de 1 idéal, Plus d’un homme, plus d’une femme, taxés de fanatiques parce qu’ils se dérobent a toute espece de raison et préfèrent garder leur idéal, — si stupide qu’il puisse paraître, — ces rêveurs du monde, ces utopistes, ces poètes qui aspirent à
LA RELIGION, LA SCIENCE ET l’aRT
ces hommes et ces femmes que le présent n'intéresse pas, — quelquefois à tort, — entraînés qu’ils sont par leur enthousiasme extrême pour ridée qui les possède, tous ceux-là sont bien près d’acquérir le pouvoir de la concentration du mental. Ce pouvoir les aidera à maîtriser leurs pensées et les conduira fort loin en avant jusqu'au degré suivant du progrès humain.
C'est par la méditation que ces autres sens sont artificiellement éveillés, c’est-à-dire que vous hâtez le processus normal de l’évolution par la connaissance des lois de la pensée, utilisant celles-ci pour tel but que vous vous proposez d'atteindre.
La chose est artificielle ainsi que peut l’être le moyen employé par l'éleveur de bestiaux pour obtenir un produit déterminé ; l’éleveur utilise les lois de la nature qu'il juge propices à la réalisation de ses desseins ; négligeant celles qui pourraient lui nuire, il commence par se débarrasser de toutes les forces contraires pour pouvoir agir ensuite plus librement.
De même en est-il pour les lois du mental ; si vous les connaissez, si vous savez aussi à l’aide de quelles lois la conscience évolue, vous pouvez alors les utiliser scientifiquement, pour
développer en vous les pouvoirs supérieurs du mental, pour organiser votre corps subtil et faire de celui-ci un véhicule de conscience qui obéisse docilement et apaise votre soif de connaissance. Ce travail s’effectue déjà en vous tous ; de là les troubles nerveux dont vous souffrez ; mais si vous connaissez la loi, vous pourrez développer la délicatesse de votre système nerveux sans aucun préjudice pour votre santé.
Tout ce dont les gens se plaignent ne demande qu’à être méthodiquement surveillé; il faut dominer le corps physique, chose peu populaire dans la civilisation de notre temps, où le luxe et la recherche du confortable sont les objets principaux de nos efforts.
Il faut faire de son corps un instrument ; qu'il n’absorbe que ce que vous savez bon pour lui, qu'il s'abstienne de boire ce qui peut lui nuire, qu'il n'ait de sommeil que juste ce qui lui est nécessaire, ni trop, ni trop peu. Voilà comment vous arriverez au but que vous poursuivez : en faisant du corps votre serviteur et non votre maître, ni même l’égal de l’Esprit.
Tel est le régime à suivre, indispensable à ceux qui désirent hâter l'évolution du corps
astral et des sens plus parfaits que celui-ci possède.
Beaucoup parmi nous obtiennent déjà ce résultat, la nature les y poussant ; mais ils ne réussissent pas aussi rapidement pourtant que Thomme qui s’efforce d’aider cette nature.
Sur la côte occidentale de l’Amérique du Nord, en Californie, où les conditions électromagnétiques sont tout à fait spéciales, les enfants s’amusent à courir et à frotter leurs pieds sur un tapis. Ils se chargent ainsi d’électricité et cela de telle façon, qu’ils peuvent allumer le gaz d’un bec en y approchant le bout du doigt. C’est là une chose courante là-bas et, étant données ces conditions électro-magnétiques particulières, la tension du système nerveux est très grande; il s’ensuit que les sens dont j’ai parlé sont, là, beaucoup plus communs qu’ils ne le sont dans notre lourde et peu électrique atmosphère.
Il arrivera cependant que tous en jouiront; si, là-bas, les conditions naturelles y contribuent dans une certaine mesure, vous les obtiendrez ici, pour peu que vous vous décidiez à vous mettre délibérément à l’œuvre et à travailler avec la nature, c’est-à-dire en suivant le courant de l’évolution.
Que résultera-t-il maintenant de révolution de ces sens astraux ?
Le monde voisin du nôtre vous sera ouvert ; un grand nombre de choses qui, actuellement, ne sont que pures questions de foi, appartiendront au contraire à une science courante journellement vérifiable. Dès lors, il ne sera plus nécessaire de disserter sur la persistance de la personnalité humaine de l’autre côté de la mort, car autour de vous,