Mesure anglaise équivalant à 0 m. 025399 (N. D. T
l'intelligence humaine. Elle apporte et proclame, dans le monde entier, un système d’entraînement par lequel l’homme peut rapidement développer les pouvoirs de sa conscience, développer les organes qui le mettent en contact avec cette matière plus subtile des mondes supérieurs où la science pénétrera bientôt et sur le seuil desquels elle se trouve déjà. Elle indique à tous, les moyens d’évoluer les sens subtils, leur montre la route que quelquesuns suivirent dans le passé et que des myriades d’individus suivront dans l'avenir, au prochain stade de l’évolution humaine, alors que l’on entreprendra définitivement l’organisation des corps supérieurs de l’homme.
Voilà ce qu’apporte la Théosophie pour que, par l’évolution des corps de l’homme, les mondes subtils puissent devenir sensibles et observables avec autant de précision que les lois qui régissent nos corps physiques actuels nous permettent d’observer les choses qui nous entourent ici-bas.
Il y a une vision supérieure à la vision qui s’exerce avec le concours de ces organes évolués depuis la simple cellule pigmentaire.
Il y a des oreilles autrement délicates que celles que nous possédons aujourd’hui, si mer"
veilleuse que soit la délicatesse de leur mécanisme ; il y a enfin des organes des sens bien supérieurs à nos sens physiques.
Il existe dans le cerveau un organe qui évolue et servira d’intermédiaire entre ces sens subtils des corps supérieurs et le corps grossier qui nous revêt. C’est un organe que beaucoup d’hommes de sciences considèrent comme atrophié, ou s'atrophiant, sous prétexte qu'on le retrouve plus fréquemment, et plus développé, au début de l’évolution plutôt que chez l’homme d’un certain niveau intellectuel et moral. Mais, pour le cas présent, la question de grandeur importe peu; ce qui importe, c’est la complexité de son organisation inerne, et cet organe n'est pas ce que la science appelle:* un vestige du passé»,ce qui est vrai dans un certain sens ; bien que rudimentaire actuellement, [ce n an est pas moins un organe de la plus haute importance pour l'avenir.
L’expérience nous a d’ailleurs prouvé qu’en soumettant cet organe à des courants vitaux et électriques, les sens supérieurs s'éveillent à la conscience physique, et nous établissons ainsi un pont reliant le monde de la matière physique à celui de la matière astrale.
Ces expérienc s sont maintenant si familières à la plupart d'entre nous, qu’il nous est impossible de croire que cet organe ne sera d'aucune utilité dans l’avenir, alors que nous savons pouvoir le stimuler et contribuer à son organisation pour obtenir cette vision que quelques-uns d’entre nous développent aujourd'hui, et que beaucoup posséderont demain!
Et encore! Ceux-ci n’auront-ils fait qu’un pas en avant; d’autres, qui piétinent sur place, peuvent arriver à dépasser bientôt ce degré d'évolution, mais de nombreuses difficultés entrent ici en ligne de compte, surtout pour les nations occidentales, vouées, pour de soidisant raisons climatériques ou autres, à un régime carné auquel se joint dans une large mesure, l’absorption de l’alcool.
Ni la viande ni l’alcool ne sont des matériaux susceptibles de faire évoluer notre corps, qui, dans la vie ordinaire, doit devenir suffisamment responsif aux vibrations de cette matière plus subtile dont nous parlions tout à l’heure. Des médecins viennent précisément de découvrir ce que M“" H.-P. Blavatsky écrivait il y a plusieurs années. Ils nous apprennent, en effet, que l'alcool réagit immédiatement sur le corps pituitaire, l’intoxique et y produit une inflam-
mation. Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi l'alcoolisme exagéré conduit à ce que Ton appelle: le delirium tremens , état dans lequel les ivrognes perçoivent des choses que ne voient pas ceux qui les entourent ? La raison on est simple : ils ont intoxiqué l'organe même qui reçoit les vibrations d'autres mondes. Bien que ce qu'ils voient paraisse absolument anormal et irrationnel, ce n'en est pas moins le résultat de l'alcool agissant sur les organes qui, alors, vibrent sous l’influence du poison au lieu de vibrer sous l’influence de la pensée.
Ce que les médecins recommandent maintenant et publient en guise d'avertissement, a toujours été connu dans la science occulte, et a été l'une des conditions nécessaires à l'application de ses méthodes d'entrainement; il fus toujours interdit de faire usage de l'alcool et cela pou, la raison la plus simple. Tant que vous n'employez pas ces méthodes, il importe peu que votre corps soit intoxiqué ou non. On peut vivre longtemps avec un corps intoxiqué, mais dès l'instant où vous voulez contrôler ce corps, le rendre actif, 1 imprégner de nouveaux courants de vie et d'énergie, cette vie et cette énergie provoquent alors une
inflammation (l une natui’e incurable, entrai nant de cruelles souffrances et des troubles cérébraux. C’est pourquoi ces méthodes n’ont pas été données au public, mais seulement à ceux qui évitent l’alcool. Il est probable que beaucoup d’entre vous s’élèveront contre ces règles et ne seront guère tentés de les suivre. Nous ne vous disons pas : adoptez-les ; nous disons seulement que ces règles sont les conditions essentielles pour obtenir un organisme plus parfait. Les lois naturelles ne changent pas suivant les désirs et les caprices des hommes. Si l’on veut obtenir d’une maciiine des étincelles électriques, il faut se mettre dans les conditions requises, c’est-à-dire s’entourer d’air sec et non d’air humide. Vous aurez beau dire que l’air sec n’est pas aussi agréable à respirer que l’air humide, si vous ne vous soumettez pas aux lois de la nature, le résultat de vos expériences sera nul. Il en est de même pour toute expérience régie par des lois, et Fou reconnaîtra que cela est vrai quand on voudra se livrer à des investigations dans le domaine des phénomènes psychiques, ce dont l’on n’est pas encore convaincu malheureusement.
On croit pouvoir établir des lois et obtenir
d::s résultats sans même se conformer à certaines lois. C’est ainsi que,lisant l’autre jour un rapport assez curieux sur des investigations dans la photographie spirite, et voyant que le résultat avait été nul, je ne pus m’empècher de me demander ce qu'il eût été pour maintes photographies si Ton avait posé comme règle de ne pas mettre un voile noir sur l'appareil et, par dessus tout de ne pas faire fonctionner cet appareil dans une chambre noire, sous prétexte d’écarter toute chance de supercherie et de fraude.
Nous devons admettre que la nature subtile a ses lois tout aussi bien que la nature grossière et que nous ne pouvons, dans ce domaine, obtenir de résultats sans se conformer aux lois qui le régissent, pas plus que vous ne pourrez obtenir une photographie si vos plaques sont exposées à la lumière. Cela étant bien compris, les progrès seront plus rapides.
11 s'ensuit donc que, là où ces règles sont posées pour l’organisation des corps subtils, une autre question intervient : il est inutile de développer les corps subtils si la conscience des mondes supérieurs ne se développe pas en même temps ; on n’y arrive que par la méditation intense et régulière.
La Théosophie apporte au monde occidental:
La Yoga orientale ,
méthode par laquelle l’homme qui la pratique, peut arriver à diriger et affiner son cerveau sans se rendre malade. C’est Jà que gît la difficulté pour les Occidentaux. Lorsqu’un grand influx, venant des mondes supérieurs, pénètre dans le corps d’un grand saint ou d’un grand génie, il s’ensuit parfois un trouble dans le cerveau ; c’est alors l’hystérie causée par le surmenage de L'instrument. Mais si vous vou~ lez vous rendre propres à recevoir ces grands courants des mondes supérieurs, il faut accorder votre instrument de façon à le rendre responsif aux vibrations plus rapides venant de ces mondes. Vous pouvez faire cela sans aucun danger si vous n’exagérez rien. En consacrant journellement dix minutes ou un quart d’heure à une profonde et attentive concentration de la pensée, vous réussirez graduellement à rendre votre cerveau plus complexe et plus délicat, plus parfait qu’il ne l’est actuellement, car la pensée est vraiment la créatrice du cerveau. Do même que par l’exercice, les muscles croissent
et se développent, de même le cerveau se perfectionne sous l’influence des hautes pensées. C'est une loi ; la pensée est la force qui rend l’organisme du cerveau plus complet. Le Yogui hindou suit cette méthode, et, par une pratique continue, d'année en année, il parvient, en développant le cerveau de la race actuelle, à construire le cerveau de la race future.Ille rend plus sensible, plus subtil, plus vibrant, et cela sans compromettre la santé physique ; c’est une chose que tous, vous pouvez faire si vous agissez avec modération, si vous ne poussez pas la concentration jusqu’au point de sentir la fatigue et une certaine pesanteur dans le cerveau, car ce sont là des avertissements qui vous indiquent que votre travail est trop hâtif, et par conséquent nuisible à votre santé. Au contraire, la méditation et la concentration pratiquées avec modération ne peuvent qu'être bienfaisantes, ne peuvent, que rendre le cerveau plus sensitif, tout en le gardant sain et équilibré ; vous ne verrez pas alors se produire ces symptômes hystériques qui ont tant diminué la valeur des enseignements donnés par le. voyant et le saint.
C’est ainsi que la Théosophie travaille avec la science pour indiquer la voie propre au dé-
veloppement de cette science dans la civilisation future.
Quel sera dans cette civilisation
Le rôle de la Théosophie dans l'art?
Regardez l’influence de votre civilisation actuelle sur la beauté du pays.Allez à Sheffield, ville construite dans ce qui fut l’une des plus charmantes vallées du Midlanshire. En rapprochant, remarquez la beauté de la campagne, les - ollines si jolimentboisées, l’exquise beauté du ruisseau, de la forêt, de la prairie; tout à coup, sorti de ce délicieux spectacle, vous plongez dans l’horrible laideur de la ville, saturée d’une atmosphère, noire d’épaisse fumée, Ras un arbre ne croît dans ses faubourgs, aucune îleur même n’égaye le seuil des maisons: du pauvre. L’atmosphère enraye la végétation, et cela importepeuaux habitants de cette cité! Et Sheffield n’est pas la seule ville de ce genre ! Allez à Glascow, la seconde métropole de l’Ecosse, et vous aurez le même spectacle, de même à Birmingham, à Manchester, ces grandes villes qui font la richesse de l'Angleterre* Il me semble, à moi, que la beauté importe
Moins de millionnaires
plus que vos richesses, et que T Angleterre jouissait de plus de bonheur et d'une meilleure santé quand elle possédait
et aussi moins d'infirmes et de gens difformes dans ses asiles.
Regardez les visages de ces hommes, femmes ou enfants, appartenant aux villes que je viens de citer ; regardez, à Glascow, les visages des ouvriers rentrant de leur travail. Ils n ont rien de civilisé, rien d'humain, ils reflètent-pour la plupart ia bestialité.
Oh ! vous qui faites un luxe de la Beauté, voyez l'humanité engendrée par vos villes dont la caractéristique est une repoussante laideur alors qu'elle devrait être la Beauté que vous avez dédaignée et méprisée.
Une fois pour toutes, comprenez enfin la valeur de la Beauté ! Gomme la laideur elle façonne les corps à son image ; voilà pourquoi l'on ne rencontre, dans vos cités, qu'une hideuse humanité.
La restauration de l'art est une question de vie ou de mort, et non une question de luxe et de jouissance. Des beautés artistiques sont plus nécessaires dans vos villes que des tableaux
la tiiéoSophie dans la prochaine civilisation 325
î e Monde df demain
sur les mars de vos musées. Un petit nombre visite les musées, et des quantités d'hommes, de femmes et d’enfants, vivent dans les villes. Tant que vos cités ne seront pas belles, ainsi qu’elles l’étaient notamment en Grèce, la véritable caractéristique de l’homme civilisé fera défaut dans la civilisation future. La Théosophie recommande d’aimer le Beau, qu’il s’agisse de beauté naturelle ou de celle des doigts habiles et du cerveau imaginatif de l’homme; la Théosophie veut que le corps humain soit davantage sauvegardé. Aucune nation n’a le droit d’engendrer les corps que nous voyons dans vos Asiles. Ce n’est pas assez de voir, dans les classes riches et élevées, les types d’hommes et de femmes sains, vigoureux et beaux, tous devraient participer aux conditions qui créent la Beauté. L’art ne remplira son devoir qu’autant qu’il fera connaître à tous le pouvoir de la Beauté et son influence créatrice sur la civilisation ; l’art devrait toujours nous présenter l’idéal dans sa beauté, car c’est 1 idéal qui crée le ciel. L’artiste devrait inspirer l’artisan ; tant que celui-ci n’aimera pas son travail, l’art a peu de chance de prospérer parmi vous. L’art n’est plus de l’art lorsqu’il ne représente que des choses laides et vulgai-
res. Il arrive souvent de voir, sur les murs de vos musées, des tableaux représentant un fromage et un homard, une rangée d’ognons et quelques corps d'oiseaux jetés çà et là pour la beauté de leur plumage. Gela n'est pas là de l’art. L’art doit être beau ; c'est le dégrader que de peindre des objets tels que ceux-là, quelque parfaite qu’en soit la reproduction.
« Oh ! ai-je entendu dire, comme ce fromage est bien fait : on pourrait le couper ! » On peut couper du fromage partout, et il n'est pas nécessaire d’aller dans un musée, un soi-disant musée d'art, pour cela. Comparez ces tableaux à ceux des maîtres anciens, et vous verrez ce qu’est l’art véritable comparativement à cette parodie actuelle de l’art
Le devoir de la Théosopliie est d’infuser dans l’artiste, l’idée de la splendeur de sa mission, la divinité de son pouvoir. Il peut voir ce que nous ne voyons pas, entendre ce que nous n'entendons pas ; qu’il nous fasse entrevoir ce que nous ne pouvons atteindre par nous-mêmes, qu'il soif pour les hommes le Prêtre du Beau. Dès lors la civilisation grandira en beauté, beauté humaine ou beauté des objets; la Beauté prendra, dans notre civilisation, la place qu'elle occupait dans la Grèce antique.
Que fera la Théosophie pour la société dans la civilisation future, cette société qui, de nos jours, est un champ de bataille et, non un ordre social, une anarchie et non un organisme ? On croit le plus souvent que des modifications seront apportées par des menaces de l'amine et la peur d’une révolution ; ce n’est pas ainsi que 1a, Théosophie considère l’homme dans lequel elle voit la croissance d’une nature divine et spirituelle. Vous me traiterez de rêveuse peut-être, et cependant ce que je dis est vrai • vous n’édilierez pas la société future par la simple protection du pauvre, mais par l'exemple des classes élevées qui devront sacrifier de leur bien-être. Je sais que ce n’est pas là l’idée du jour. Je sais que, même parmi ceux qui soutirent, un tel sentiment sera ridiculisé et méprisé, mais ce ne sont pas ceux-là qui pourront établir un système social sage et solide, Pour cela, il faut les meilleurs cerveaux, les meilleurs cœurs ; il faut des loisirs pour penser et élaborer des plans, comme il faut aussi de l’amour pour rendre ce travail effectif.
Vous pouvez soulever des émeutes, faire des
révolutions, affamer le peuple désespéré, mais rien n'est stable après une révolution. Vous ne devez rien prendre vous devez donner . L'Esprit vit par le don et connaît la joie du sacrifice. Croyez-vous que le sacrifice soit pénible, que le sacrifice implique tristesse ou mélancolie? Je vous l'affirme I aucune joie sur terre n’est comparable à celle du sacrifice de la nature inférieure à la nature supérieure qui ne demande rien pour elle-même. Voilà comment s’effectuera la rédemption sociale si ceux-là mêmes qui «ont disposés à le faire donnent et se sacrifient. Le don imposé par la loi ou la force n’est jamais accepté qu’avec ressentiment et violence. La contrainte extérieure n’est accueillie qu’avec répulsion, mais la contrainte intérieure, qui est celle de l’amour, celle que Ton accepte sans violence, se répand comme un fleuve de joie !
G est sur cette base que s’édifiera l’avenir, la civilisation future, ce que je vous ai déjà dit sommairement au début de cette conférence.
Dans la classe riche, parmi ceux qui sont favorisés de tous les biens delà terre, je découvre déjà un sentiment d’inquiétude non pour eux-mêmes, mais pour les autres, pour les pauvres. J’entends ces paroles: « Que pouvonsnous faire pour remédier à la misère ? » Ceux-
LE MONDE Dfi DEMAIN
là souffrent par sympathie et non par contrainte et ce sont eux qui, par leurs eff orts, amèneront la rédemption sociale.
Cela peut vous paraître un rêve, rêve bien éloigné, mais l’homme progresse beaucoup plus vite qu’on ne serait tenté de le croire. Rien de trop noble, de trop beau, rien de trop divin que l’homme ne puisse exécuter, car l’homme est un dieu en évolution, quelque lente que soit cette évolution, et le germe de la divinité commence dès maintenant à fleurir dans le cœur de quelques-uns d’entre nous.
Là où des êtres comblés par le bonheur souffrent du malheur des autres, abandonnent les distractions du monde pour travailler au bienêtre de la nation ; là où des hommes ne peuvent être véritablement heureux qu’en étant compatissants avec les déshérités, là résident les promesses de l’avenir,
11 y a un siècle, de tels cerveaux, de tels cœurs, se rencontraient ça et là, isolés ; un peu plus tard, ils se firent moins rares; aujourd'hui ils sont des plus nombreux, et on les trouve dans un milieu où l’on n’aurait, ja mais cru voir ceux qui aspirent à rénover et à modifier Tétât social.
Seuls croissent en spiritualité ceux que le mal-
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hem* des autres attriste, ceux pour lesquels un bon repas reste amer tant qu'il y a des affamés, ceux pour qui le luxe est un fardeau tant qu’il existe des hommes qui ne possèdent rien. Ouil ceux-là édifieront la nouvelle civilisation parce qu’ils sont prêts à sacrifier le bonheur dont ils jouissent pour répandre, autour d'eux, la joie de vivre et la sécurité.
Tel est l’avenir que nous attendons, tel est l’avenir pour lequel nous travaillons proclamant en tous lieux ces paroles :
La joie réside dans le fait de donner et non de 'prendre y
proclamant en tous lieux ce verset de l’Ëvangile:
fl est plus doux de donner que de recevoir , proclamant une fois de plus cette antique vérité :
Là où la loi du Sacrifice est observée , Religion et Civilisation demeurent !... indestructibles...
Fin.
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