EPANOUISSEMENT DE LA CONSCIENCE
corps spirituel commence son organisation.
Car le génie possède un corps spirituel organisé de telle façon qu’il rayonne,dans les corps inférieurs, un savoir qui ne peut être acquis que dans les hautes régions de FEsprit. Chez les puissants génies de Fhistoire qui ont survécu aux générations passées et qui brillent de Féclat le plus pur dans le monde de la pensée, Fart et la littérature étaient illuminés par FEsprit.
Quels sont les autres signes susceptibles de nous indiquer que ces corps à travers lesquels doit s’exercer la conscience, sont organisés ? En premier lieu il y a le génie,exception faite de Celui dont je vous ai parlé en tant que manifestation du Christ, Sagesse-Esprit dans un corps humain. Mais, en dehors de ces manifestations grandioses de F épanouissement de la conscience, quels sont les signes autour do nous qui nous révéleront les degrés de perfection atteints par les corps supérieurs et dans cet épanouissement de la conscience?
Bien des indices nous prouvent aujourd’hui que le corps astral est en voie de complète organisation ; comme l’on nie l’existence de ces indices lorsqu’il s'agit d’expliquer le génie, la néo-psychologie demeure impuissante et reste stationnaire.
L'organisation du corps astral se manifeste par le pouvoir qu'on a de recevoir directement les impressions du plan astral et de les transmettre à la conscience à état de veille . Pour le corps physique, ces premiers indices se montrent dans l’exercice de
La télépathie .
Grâce à elle les individus sont susceptibles de communiquer les uns avec les autres sans le secours des moyens physiques ordinaires de communication. C'est là un cas assez fréquemment rencontré chez les grands penseurs de notre époque. Vous pouvez, si vous le désirez, développer ce pouvoir par une pratique régulière et définie, mais il arrive trop souvent qu’après avoir essayé pendant quelques semaines sans avoir obtenu de résultats probants, l'on abandonne les essais oubliant qu'une patience inlassable est nécessaire pour arriver au but poursuivi.
La loi est immuable; si vous concentrez votre esprit jusqu’à ce qu'une image y soit nettement représentée, cette image sera repro duite dans le monde astral; par un effort de volonté vous pouvez transmettre cette image
l’épanouissement dl la conscience
à la personne que vou* aurez désignée pour la réception du message. Si vous vous appliquez régulièrement à cette pratique jour après jour, mois après mois et même des années et des années durant, vous arriverez à pouvoir effectuer la transmission de pensée qui vous permettra de communiquer avec les absents aussi sûrement que sur le plan physique. Cet entraînement ne peut être que bienfaisant car il développe la volonté, il fortifie la concentration de pensée. Mais rappelez vous que sans efforts persistants, il vous faudra un temps considérable avant d'obtenir des résultats tangibles dans le monde extérieur. Une personne qui ne peut fixer son esprit pendant une ou deux minutes sur un même sujet ou sur une pensée quelconque, ne sera jamais capable de transmettre ce qu’elle est incapable de créer pour elle-même.
La concentration intense est un des moyens d'organiser les corps astral et mental et d'en faire des instruments pour la conscience en voie d’épanouissement complet. Cette faculté est innée chez certaines personnes, chez celles qui, dans des existences antérieures, se sont attachées à la développer. La nature ne donne rien pour rien. D'un autre côté, la nature est une bonne créancière qui règle loyalement sans
rien retenir, tout ce que vous avez gagné ; si la concentration est chose aisée pour vous, c’est que vous l’avez pratiquée autrefois. Si,au contraire elle vous est difficile, c’est que vous commencez seulement maintenant à exercer cette faculté.
Il est une autre forme sous laquelle le corps astral manifeste son développement, lorsque au moment du sommeil, il se sépare du corps physique ; il s’agit ici
Des rêves.
Quelques rêves ne sont produits que par un travail cérébral, inconscient,c’est précisément parce que l’on n’établit aucune distinction entre les différentes sortes de rêves que l’on n’attache d’importance à aucun d’eux. Il est parfaitement vrai que les rêves résultent le plus souvent de troubles physiques tels que mauvaise circulation du sang, pulsation artérielle dans le cerveau, etc. C’est là ce que nous appelons le rêve physique, c’est-à-dire le rêve incohérent, dénué de sens comme de toute inspiration. Le rêve qui, lui, nous montre la bonne organisation du corps astral, est au contraire celui qui transmet au cerveau physique les éléments de con-
l'épanouissement db la conscience
naissance que vous ne possédiez pas auparavant, ou qui vous permet de communiquer avec une personne décédée que vous pouvez rencontrer sur le plan astral lorsque vous avez vous-même quitté momentanément le corps physique.Ce sont là les rêves cohérents,rationnels et souvent inspirés.
Rappelez-vous les nombreux témoignages de personnes ayant eu des rêves qui leur ont appris des choses qu'elles ignoraient à l’état de veille, rêves qui leur ont donné la solution de problèmes incompris jusqu’alors. Le livre de Myers sur la Personnalité humaine renferme de nombreux exemples à ce sujet; et si, pa) votre propre expérience, vous arrivez à constater que ces sortes de rêves deviennent de plus en plus fréquents, vous pouvez être sûrs que votre corps astral se transforme en un véhicule qui permettra à la conscience de s’exprimer librement, et d’une manière effective, sur le plan astral.
Dans certains rêves, il est vrai, et principalement dans les rêves prémonitoires, des idées peuvent vous être transmises de l'extérieur quand vous n'avez pu les découvrir par vousmêmes. De tels avertissements peuvent vous être donnés par l'intermédiaire d'un ami, d'un
aide invisible, de quelqu'un que vous aimez et qui a quitté la vie terrestre; vous exercez là la vision astrale.
Dans tous les cas, ces phénomènes sont perçus d’abord par la conscience supérieure pour arriver ensuite à la conscience limitée, et, au fur et à mesure que le corps astral se perfectionne, les rêves lucides deviennent de plus en plus fréquents, le corps astral n'a plus besoin de quitter le véhicule physique pour exercer ses pouvoirs. Vous pourrez voir et entendre à l'aide de vos sens astraux alors même que les sens physiques sont actifs, que la conscience fonctionne normalement dans le cerveau ; par suite, les corps physique et astral arrivant lentement et graduellement à s’unifier, vous vivrez simultanément dans les deux mondes, fonctionnant indistinctement, et à votre gré, sur l'un et sur l’autre. Vous aurez ainsi développé la conscience supérieure par laquelle l'âme s'exprime dans le corps astral.
Pour les mondes supérieurs tel que le monde mental, l'évolution se poursuivra exac tement de la même manière ; mais pour cela, une condition s’impose en ce qui concerne la conscience et son développement ;
l’épanouissement de la conscience
C'est la méditation intense et régulière.
Il n'est pas d'autre moyen. Si l’on vient vous dire que l'on peut développer la conscience par des moyens physiques, vous pouvez répondre à de telles personnes qu’elles sont dans l'erreur. On peut il est vrai éveiller la conscience sur les plans inférieurs du monde astral en provoquant dans le corps physique, des vibrations qui affectent la matière astrale, d’où résulte une modification de la conscience dans la région la plus inférieure du monde astral; mais vous ne pouvez aller plus loin.
J’ai vu employer, dans les Indes, certaines méthodes physiques très difficiles à suivre et dont aucun d’entre vous ne voudrait faire usage car elles vouent le corps humain à une rapide destruction. J’ai vu dos hommes pouvant quitter leur corps physique et vivre pendant un certain temps dans le monde astral, mais ils demeurent inconscients dans leur enveloppe astrale ; ils ne peuvent ni se mettre en contact avec ce monde, ni à plus forte raison y faire lonctionner leur conscience supérieure. Ils n’ont fait que forcer l’entrée du monde astral où ils pénètrent avec un corps subtil
qui n’est pas suffisamment organisé pour recevoir les impressions de ce monde, leur conscience n’étant pas non plus suffisamment développée pour les comprendre. Par cette pratique, ils ne réussissent donc qu’à uire à leur cerveau, ils ne rapportent aucun résultat utile dans le monde terrestre, perdant ainsi les deux mondes, au lieu de gagner la région supérieure qu’ils recherchent.
Ce ne sont par conséquent pas là des méthodes à répandre en Occident, bien qu’un - rand nombre de livres soi-disant occultes et provenant d’Amérique, enseignent ces pratiques par lesquelles, disent-ils, il sera possible d’inlluencer autrui dans les affaires commerciales d’hypnotiser les gens pour un bénéfice personnel. Partout où cette méthode est employée dans un but semblable, soyez certains qu’il s’agit d'une forme de développement et d évolution qui ne peut que nuire et non servir. L pire qu’on puisse attendre de ces méthodes, c’est l’atrophie de certaines parties du cerveau qui, plus tard, seront nécessaires pour un travail effectif, lorsque la conscience supérieure sera en pleine activité et que le corps mental sera dûment organisé. Par ces moyens vous nuisez au cerveau : au lieu d’obtenir une com-
l’épanouissement de la conscience 291
munication entre ie monde physique et le monde astral, vous vous refusez toute espèce de pouvoir jusqu’au moment où vous revêtirez un nouveau corps, pour continuer le développement supérieur que vous vous proposez d’atteindre. Ce danger guette les gens qui voudront utiliser les fragments de l’antique science orientale, sans connaître les moyens de protection dont s’entourent les Orientaux lorsqu’ils se livrent à cette science. L’on rencontre occasionnellement, en Orient, des gens dont la forme physique est déprimée et dont le corps astral n’est pas développé ; l’on peut se rendre compte combien ces méthodes sont plus dangereuses encore pour les Occidentaux dont l'hérédité physique est si différente, et qui ne remplissent aucune des conditions imposées aux Orientaux.
La méditation est donc le seul moyen sûr de développer la conscience et d’organiser ainsi le véhicule ; l’autre condition est la pureté de pensée, de désirs, pureté dans la vie physique ; tel est le côté matériel de l’entraînement. Sans les pensées pures le corps mental sera impropre pour un développement supérieur, sans la pureté dans les désirs, le corps astral sera impropre au développement que vous
cherchez ; le corps physique enfin doit être pur pour recevoir les impressions des corps mental et astral et vibrer sous leur influence: autrement l'hystérie se substituera au développement de la conscience supérieure, ce qui d’ailleurs est le but de vos efforts.
Telles sont, sommairement, les conditions obligatoires : la méditation pour la conscience, la pureté pour révolution de son instrument.
Si vous êtes prêts à les accepter, la voie d'une évolution supérieure vous est ouverte et, de votre courage, de votre persévérance et de vos capacités dépend la rapidité avec laquelle vous avancerez. Votre but doit être de secourir autrui, d'obtenir ces pouvoirs afin d'être utiles et non pour vous élever au-dessus des autres.
Pour juger la pureté de vos motifs il n’y a qu’un seul critérium : Faites-vous usage des pouvoirs que vous possédez maintenant pour aider l'humanité ? Sinon, n'ayez alors aucun espoir pour l'obtention des pouvoirs supérieurs; les efforts physiques seuls, ne suffisent pas pour les acquérir.
J'ai rencontré de nombreuses personnes pressées de devenir des aides invisibles, — c'està-dire des travailleurs sur le plan astral, — alors qu’avec les pouvoirs dont ils disposent,
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ils ne sont pas même des aides visibles sur le pian physique. Aussi je ne comprends pas bien pourquoi les gens sont si désireux de visiter les malheureux de l'astral alors que dans le monde physique, ils s'écartent systématiquement des infortunés qui sont à leur portée.
Vous avez le droit d’aller aussi loin que vos propres pouvoirs vous le permettent ; mais si vous demandez l'aide de Ceux qui sont plus hautement développés, — des grands Instructeurs de la race, — vous devez apporter la preuve, non j>as la preuve en paroles mais une preuve vivante, que vous employez utilement vos facultés actuelles. Alors, seulement, vous méritez d'être aidés pour acquérir des facultés supérieures. Tel est le sens caché de ces étranges paroles attribuées au Christ : « Il sera donné à celui qui possède beaucoup ». Ceuxlà seuls qui font bon emploi des pouvoirs qu’ils ont, peuvent être aidés et obtenir davantage, car, par leur vie, ils montrent qu'ils ont fait le meilleur usage possible de leurs facultés, donnant ainsi l'espoir qu'ils agiront de même pour l'humanité, lorsque de plus grands pouvoirs leur auront été conférés.
Dans les règles imposées jadis à ceux qui aspiraient à l'état de disciple, il était dit que
lorsque le candidat venait au Maître, il devait apporter avec lui le combustible qui devait alimenter le feu, le feu du Sacrifice ; le combustible représentait tout ce que le futur disciple possédait en esprit, corps et biens ; il apportait tout cela au Maître comme offrande, et alors seulement il était accepté par «Celui qui savait ».
De même, à présent, cette évolution supérieure, hâtée par le pouvoir des grands Etres, ne peut être ouverte qu’à ceux qui apportent le combustible destiné au feu du Sacrifice.
Vous devez être prêts à abandonner tout ce qui vous appartient sans en rien retenir, biens matériels ou spirituels; vous devez offrir tout ce que vous avez et toute votre vie, pour le service du Grand Être dont vous réclamez le don de Connaissance. Ce sacrifice accompli,le don n’est jamais refusé, la porte ne reste jamais fermée à quiconque se présente les mains pleines. Le chemin est étroit, c'est vrai ; maintenant, comme jadis, étroite est la porte, étroit est le chemin qui conduit à la vie, et peu nombreux sont ceux qui suivent le sentier.
Ce petit nombre ne dépend pas d’un maître avare; il provient seulement du peu de confiance de la part du disciple. Apportez tout ce
l’épanouissement de la conscience 295
que vous avez et votre être tout entier aux pieds du Maître de sagesse ! Il ouvrira la porte et vous guidera sur le sentier. Mais ne croyez pas que les paroles soient entendues dans ces régions élevées où le Maître vit et respire ; seules les pensées élevées peuvent L’atteindre, seuls les actes généreux peuvent témoigner des bonnes pensées que vous avez conçues; car là, auprès du Maître, seuls sont entendus les échos d'une vie réellement vécue, d’une vie de sacrifice, la seule qui soit digne de recevoir la Connaissance des mains du grand Etre.
Depuis longtemps déjà, je viens en Angleterre chaque année, ou tous les deux ans, pour répandre, en cette contrée, et dans la mesure du possible, hs vérités de cette Sagesse antique que nous appelons aujourd'hui par son nom grec de : Théosophie. Cette fois, mon devoir consiste spécialement à semer, dans la capitale de notre royaume, quelques grands principes concernant les transformations en cours dans la civilisation moderne et à attirer en même temps l'attention des penseurs sur les signes qui, a 1 horizon, nous entourent, et nous indiquent la fin d'un cycle comme le déclin d'une civilisation, j'avais cru ne pouvoir m’adresser qu'aux quelques milliers d'auditeurs venus pour m'entendre chaque dimanche dans une des salles de Londres, mais, grâce à la géné-
La TUÉOSOPHIK DANS LA PROCHAINE CIVILISATION 297
reuse amabilité du Christian Commonwealt *, ces conférences ont été largement répandues.
J<* choisirai un point déterminé, dans les sujets sur lesquels je me suis étendue assez longuement, avec l’intention de vous indiquer le rôle que la Théosophie est appelée à jouer dans la prochaine civilisation, de vous montrer les travaux auxquels elle se livre pour prépa-
er la naissance de la race future. Bien des détails que j'ai expliqués dans mes autres conférences ne pourront être ici qu’effleurés, mais vous devez vous rappeler qu’en considérant l’évolution de l'homme, celui-ci se trouve, à des périodes déterminées, limité et dominé par certains et différents attributs de sa conscience; c'est ainsi, par exemple, que nous voyons dominer dans l'enfance : l’émotion, dans l'âge adulte : l'intelligence, dans la vieillesse : la sagesse. De même, si nous embrassons d'un regard les
1. Important journal anglais, organe du progrès religieux et social qui publia, in extenso , toutes ces conférences. Nous en recommandons la lecture aux personnes qui connaissent Canglais, 133, Salisbury Square-Londres, JS. C. (N.D.T.).
civilisations du passé et les races humaines, nous constatons les mêmes processus, la même succession de phénomènes. Cela peut être pour nous un indice de ce que sera l'avenir.
Dans la grande race qui précéda la nôtre, la race celtique, qui existe encore, nous remarquons que l’émotion supérieure fut la note dominante, émotion qui se traduisit dans la poésie et les autres arts.
Dans la race teutonne, c’est Inintelligence qui, dans toutes les sphères de son activité, se révèle parmi les peuples rattachés à ce tronc dont notre propre race est une branche.
Cela étant pour le passé et le présent, il n’est pas irrationnel d’envisager le développement de l’humanité au point de vue de sa prochaine caractéristique, du prochain aspect de sa conscience, de l’évolution de la nature spirituelle dans l’homme, évolution qui succède à celle de l’intelligence aussi inévitablement que l’intelligence apparaît après l’évolution de l’émotion. IJ n’est pas irrationnel d'envisager, dis-je, ce développement au terme duquel se place la couronne de la sagesse et de l’amour universel sur le front de l’humanité. Celle-ci a désormais traversé les phases de l’enfance et de l’adolescence pour s’acheminer définitive-
ment vers la maturité de son évolution. C’est pourquoi nous attendons, pour la prochaine civilisation, l'avènement de la spiritualité dans la religion, la science, l’art et la société. Nous pouvons logiquement prévoir, que cette spiritualité unifiera et colorera la civilisation de demain, qu'en religion l ’unité s'affirmera de plus en plus, qu'en science nous aurons de nouveaux moyens d’investigation et de nouveaux pouvoirs; qu'au point de vue moral nous jouirons d’idéaux plus nobles, d une inspiration plus puissante ; que, dans la société, la spiritualité se révélera par l'esprit de sacrifice comme base fondamentale de cette société comme par le contrôle de soi-même, la Fraternité,couronnant enfin l'édifice tout entier.
Tels seront, d’après nous, et très brièvement indiqués, les signes distinctifs de la civilisation de demain.
Quel sera le rôle de la Théosophie dans cette civilisation, quelle sera sa place, sa fonction, son devoir ? C’est ce à quoi je me propose de répondre ce soir.
Pour ceux qui ne connaissent guère la Théosophie que de nom ou qui l'ont bien mal comprise,— à en juger parles allusions rencontrées dans la presse à son sujet,— il sera peut-être
utile de nous poser tout d’abord les questions suivantes :
Qu'est-ce que la Théosophie?
D'où vient-elle?
Avant de continuer, répondons rapidement à ces questions.
En fait, comme son nom l’indique, la Théosophie pose, en principe, que l'homme est de nature divine et peut par conséquent apprendre à connaître Dieu directement. C'est la proclamation de la gnose ancienne contre l’agnosticisme tel que nous l’avons connu dans les dernières années du xix“ siècle.
De plus, c'est un corps de doctrines, doctrines communes à toutes les grandes religions lu monde et qui se trouvent plus ou moins expliquées dans chaque grande religion du passé et du présent. C'est un ensemble d'enseignements, spirituels dans leur essence, universels dans leur expansion, et tendant à conduire 1 homme sur le chemin de la perfection, à le guider dans la vie, à l'illuminer à l'heure de la mort. Elle ne s'occupe pas de rites, de cérémonies ou d enseignements religieux qui ne soient pas universels et susceptibles d’être ren-
contrés dans tous les cultes. Elle explique les particularités de chaque religion, montre le sens occulte que renferment souvent le cérémonial, les rites, les prières et les symboles de toutes les croyances. Non seulement elle les explique mais elle les illumine et en augmente la valeur.
Elle n'incite pas à l'abandon de sa propre religion pour une autre, elle conseille plutôt d'y rechercher les profondes vérités communes à toutes les fois religieuses. Loin donc de prêcher la guerre dans les questions religieuses, elle fait de celles-ci des éléments d'harmonie et non des éléments de discorde, élevant haut l'étendard de paix et non celui du combat. En cherchant les points essentiels de chaque religion, en les rassemblant et en les soumettant à la critique des hommes, elle justifie bien son nom de Sagesse Antique, source unique de toutes les grandes religions.
Telle est, très sommairement exposée, la définition de la Théosophie : une gnose en ce qui touche les rapports de l'homme avec Dieu, une déclaration de principes où elle affirme la communauté des vérités spirituelles fondamentales pour toutes les grandes religions du monde.
Lorsque, dans un instant, je parlerai de son
rôle dans la religion future, je mentionnerai successivement toutes ses doctrines et vous verrez qu’on les rencontre dans toutes les Ecritures du monde, dans toutes les grandes religions, sans exception. J'ai voulu auparavant établir catégoriquement ce qu’est la Théosophie, afin de dissiper, si possible, les nuages que l’ignorance et les mauvaises intentions ont amoncelés sur elle.
Sachant que la prochaine civilisation sera spirituelle et que la Théosophie est appelée à y jouer un rôle défini, permettez-moi maintenant de vous tracer la nature de ses travaux, comment elle prépare cette race de demain et en hâte la venue. J'insiste sur le mot: préparer, car, effectivement nous préparons le terrain, convaincus que nous sommes, qu'à chaque religion correspond une civilisation dont le caractère s’adapte à celui de cette religion ; nous préparons parce que nous croyons qu’à la naissance de chaque nouvelle civilisation, uu grand instructeur apparaît dans le monde pour donner à cette civilisation la première impulsion, fonder la religion qui la vivifiera. Or, en attendant
la prochaine civilisation, nous attendons par conséquent aussi la manifestation d un grand Ctre, d’un instructeur divin.
À la question : qu’est-ce que la Théosophie ? ai-je dit, on peut ajouter :
j D'où vient-elle?
La Théosophie est l’une des dernières impulsions, je ne dis pas la dernière, qui, les unes après les autres ont contribué à fonder les grandes religions du monde. Ces impulsions viennent toujours dTme puissante Fraternité d’instructeurs ayant eux-mêmes fondé des religions sous la haute direction de ^Instructeur suprême qui les dirige,les guide,les inspire ; grandiose Fraternité d’instructeurs qui, de temps à autre, apparaissent dans le monde pour donner une religion, préparer les bases d’une civilisation, Instructeurs qui se sont manifestés dans le passé et se manifestent encore dans le siè cle présent.
Toujours et toujours les mêmes choses se répètent, et toute nouvelle civilisation est sans cesse précédée d’une nouvelle impulsion spirituelle.
Cette fois cependant, cette impulsion diffère
des autres en ce sens qu'elle ne fonde pas de religion, n'élève aucune barrière, ne fait aucune distinction entre les croyants et les noncroyants, ne fait aucun prosélytisme, son seul but étant d'éclairer. Ainsi que je viens de le dire, la Tbéosophie s'adresse en messagère de Paix à toutes les religions, ne s’applique pas à écarter de leur foi ceux que la naissance a placés sous l'égide de telle ou telle religion. Aussi son premier travail en vue de la venue de la prochaine civilisation, consiste-t-il à proclamer
La Fraternité des Religions ,
sans en détruire aucune, sans diminuer la valeur d'aucune d'entre elles, mais en s’efforçant de les rapprocher, de faire cesser la rivalité qui les sépare pour que chaque religion puisse reconnaître sa parenté avec les autres, toutes devenant ainsi une grande famille dont les membres ne combattront plus entre eux.
En outre, elle apporte, à cette fin, la connaissance des faits dont on s’est servi contre la religion alors qu’on devrait s'en servir pour la défendre.
Ceux d’entre nous qui sont d’un certain âge peuvent se rappeler que dans les dernières
années du xix e siècle apparut une nouvelle science : la Mythologie comparée. Vous devez vous rappeler comment cette science prit rapidement de l'importance. En fouillant le passé et le présent elle s’efforça de prouver que chaque religion naquit de l’ignorance et ne devint admissible, n'eut de valeur qu’au fur et à mesure qu’elle avança en âge et prit contact avec les peuples cultivés. Elle utilisa les découvertes archéologiques, celles des archéologues, des antiquaires et s’en fit des armes contre la religion dominante, le Christianisme, au moment même où la science était active et puissante. Elle s’empara successivement des doctrines chrétiennes, fit remarquer leurs concordances avec les doctrines d’autres époques, en d’autres civilisations, dans les religions du passé disparues ou non.
Elle recueillit les informations contenues dans les tombeaux mis à découvert en Egypte, rassembla les fragments dos connaissances égyptiennes inscrites sur le papyrus, — cette feuille posée sur le corps des momies,— et, de tous ces fragments épars, elle composa l’ouvrage connu sous le nom de Livre des Morts.
Elle fit de même pour la Chaldée, pourNinive, pour les copies des temples Egyptiens que
de& fouilles mirent à découvert au fond du Mexique, temples de plusieurs millions d’années plus anciens que ceux des Àstèques qui en chassèrent les adorateurs et détruisirent ces antiques civilisations ; les Astèques, eux aussi, existaient depuis des millions d’années lorsque Cortez, à la tête des Espagnols, les traita comme ils avaient traité leurs prédécesseurs.
La Mythologie comparée retrouve, dans ces temples, des enseignements et des idées analogues à ce qu’elle avait déjà recueilli d’autre part ; il en fut de même lorsqu’elle ouvrit le§ Écritures Chinoises renfermant d'immémoriales traditions; de même encore en fut-il pour les Écritures de l’Inde, pour les fragments de la tradition de Zoroastre, pour les livres des nations Bouddhistes, Grecques et Romaines.
Collationnant alors tous les témoignages ainsi recueillis, elle en fit donc la Mythologie comparée.
Ce fut l’arme la plus dangereuse qui fut jamais dirigée contre le christianisme dogmamatique, car cette science était fondée sur des faits vérifiables que nul 11e pouvait nier. C’est alors que la Théosophie, qui venait d’apparaître, eut à intervenir pour témoigner de la vérité
la théosopiiie dans la prochaine civilisation 307
des faits, en ajouter de nouveaux, mais, aussi pour faire comprendre qu’au lieu d’une mythologie comparée s’imposait une science des religions comparées , démontrant que tout ce qui a été universellement enseigné est vrai et non pas mensonger, est une réalité et non une illusion. Elle défendit chaque religion en proclamant
VUniversalité des croyances religieuses ,
et fit observer qu’une vérité ne cesse pas d etre vraie sous prétexte qu’elle est ancienne, pas plus qu’une chose fausse ne cesse d’être fausse sous prétexte qu elle était admise autrefois. Elle justifia la religion en employant les arguments qui servirent à la discréditer, en fit une branche de la Sagesse Antique au lieu d’en faire un produit de l’ignorance épuré par le temps. Elle apporta à cet effet de nombreux arguments sur lesquels je n’ai pas le temps de m’attarder mais que vous pouvez lire dans les livres qui ont été écrits a ce sujet.
Et maintenant, afin d’utiliser les théories de la Théosophie pour l'édification de la Fraternité des Religions, nous proclamons dans tous les pays, chez les peuples de toutes les reii-
gions, l’héritage commun, la vérité spirituelle, les doctrines fondamentales que renferme chaque crojance*
Quelles sont ces doctrines ?
Elles ne sont pas nombreuses mais d’une haute portée. On pourrait les compter sur nos doigts tant le nombre en est peu élevé.
La première grande doctrine que toute religion enseigne c’est l'unité de Dieu ; la seconde enseigne que Dieu est triple dans sa manifestation .
On parle, en philosophie, de trois qualités, de trois attributs ; en religion on les personnifie et l’on pose une Trinité en trois aspects. Philosophiques, ou personnifiés par la pensée religieuse, vous avez toujours:
La Puissance ou Volonté;
La Sagesse ;
L’Activité.
Vous retrouvez ces trois attributs dans la Trinité de toutes les nations, que vous considériez dans le Christianisme, le Père c’est-àdire l’incorporation de la puissance, de la volonté;le Fils,la Sagesse éternelle; l’Esprit, l’activité créatrice qui construisit l’univers, soit encore que vous considériez l’Hindouïsme dans lequel l’ordre est toutefois interverti.
Vous y rencontrez alors : le Créateur, et son activité ; le Préservateur, manifestation de la bagesse ; le Régénérateur, manifestation de la Volonté. Je pourrais ainsi prendre toutes les religions, les unes après les autres, celles qui sont disparues comme celles qui existent encore, et je vous montrerais sans cesse cette Trinité. Ces vérités fondamentales sur Dieu sont universelles : 11 est Un dans son essence et triple dans sa manifestation.
A ces deux vérités s’ajoute celle qui se rattache à cette vaste famille des Fils de Dieu, la grande hiérarchie des intelligences spirituelles ou Archanges, anges, êtres brillants quels que soient les noms que vous leur donniez, c’est la grandiose cohorte des Fils de Dieu au sein de laquelle l’humanité trouve son propre champ d’évolution.
Nous arrivons à cette quatrième grande doctrine: il y a évolution continue de lu conscience dans des corps devenant de plus en plus parfaits et permettant aux pouvoirs de la conscience de s'exprimer. Mais ce principe que la science appelle évolution, la religion lui a donné le nom de
Réincarnation.
C’est grâce à celle-ci que le germe divin devient Fhomme divin lorsque révolution est complète.
Viennent ensuite les mondes dans lesquels cette évolution a Heu: le monde intermédiaire, le monde céleste et celui de la matière. L’homme appartient à tous les mondes et peut se mettre en contact avec tous.
Suit une autre grande doctrine, une lo : universelle, loi s’appliquant au domaine de l’esprit comme à celui de la matière, et d’après laquelle le caractère se construit comme le monde qui lui est extérieur , loi inchangeable et inviolable que nous pouvons connaître et utiliser pour nous élever à des idéaux toujours plus nobles.
Nous trouvons enfin, pour terminer l’énumération de ces doctrines communes à toutes les religions, cette croyance que des Instructeurs dirigent révolution de Vhumanité, inspirent les religions et assurent le progrès spirituel de r homme.
Telles sont les vérités universelles, ce sont là les enseignements que toutes les religions ont toujours eus et possèdent encore ; aussi trouvons-nons dans leur unité d’enseignement, la réalité de 1 existence de cette Fraternité, réa-
f.A THÉOSOPHIE DANS LA PROCHAINE CIVILISATION 311
iité sut' laquelle nous insistons à chaque instant et partout. A quoi bon dès lors abandonner sa foi pour une autre puisque dans cette autre, vous rencontrez les mêmes vérités malgré les différences de cérémonies et de rites? Cette Fraternité, plus qu’aucune autre religion, nous permet en outre d’apprécier toutes les religions à leur juste valeur.
La lumière solaire se décompose, vous le savez, en sept rayons colorés qui contribuent à la beauté de la nature ; ces rayons peuvent être réfractés d’une certaine manière et recomposer la lumière blanche ; ce phénomène, familier au physicien, peut s’appliquer aux religions.
Les grandes vérités, les grandes vertus sont Tne, l’éclatante lumière blanche de la vérité est leur source. L’intelligence, en servant de prisme, disperse cette lumière en faisceaux, les religions apparaissent chacune avec leur couleur puis, recombinées en lumière blanche par le prisme de l’Esprit, elles sont ainsi ramenées à leur unité primitive.
Si vous examinez les religions, vous ne pouvez qu’aboutir aux mêmes conclusions. Chacune d’elles a sa note particulière et sa couleur qu’elle apporte pour la régénération du monde.
Reportez-vous à l’Égypte ancienne, vous trou-
verez, comme caractéristique de sa religion:
la Science. La religion de l’Égypte fut en effet le berceau de la science, science qui, par la suite, se répandit en Europe.
Prenez les Indes, dans l’Extrême-Orient, et vous constaterez que la caractéristique de l’Hin douïsme présente la nature comme étant divine en toutes choses et le sentiment du Devoir comme devant être la loi de tout individu.
Prenez la Perse du passé! Sa note fut la Pureté 9 pureté de pensée, de parole, d’action.
Prenez la Grèce ! Vous la verrez frapper la note de la Beauté , beauté en architecture, en sculpture, en peinture, en philosophie, le Beau étant alors élevé au rang du Vrai et du Divin.
A Home c est la Loi, la Loi régissant, toutes choses.
Pour le Christianisme enfin c’est la loi du Sacrifice qui contient les promesses de l’avenir.
Dans 1 Islamisme c’est une nouvelle proclamation de l’unité divine.
Et toutes ces religions, chacune ayant sa propre note, sa propre couleur, réunies ensemble donneront la Lumière blanche de la Vérité ;
frappées ensemble elles donneront un accord parfait.
Une seule ne vous eût pas permis un pareil
accord. La pensée humaine est trop étroite et le cerveau ne peut concevoir ce faisceau de plusieurs rayons colorés recomposés en lumière blanche; c'est pourquoi chaque religion émit tout d’abord ses caractéristiques, comme s il avait été nécessaire que la Divinité fût épelée mot à mot, par les religions, chacune d’elles donnant une seule lettre, toutes ces lettres ensemble formant le nom du Seigneur.
Si vous envisagez de cette manière la religion, vous devez pouvoir vous rendre compte de sa puissance, voir que sa force tend à l'unité et non à la division, voir que toute religion a quelque chose à apprendre des autres, à don.
ner à chacune une partie des connaissances qui lui sont spéciales, sans penser à s’isoler comme étant la seule vraie. Elle ne rabaisse pas la religion voisine à un niveau inférieur mais la grandit, en en faisant une force d’attraction au lieu d’un élément de dispersion.
Le Christ est-Il amoindri sous prétexte qu’il recommanda :« Aimez vos ennemis»! précepte que Bouddha avait lui-même proclamé quelque six cents ans auparavant en disant : « La haine ne tue pas la haine; seul l’amour tue la haine » ? N'est-il pas merveilleux au contraire
de voir Bouddha et le Christ annonciateurs de la Loi Une et éternelle, venant, à des époques et en des nations différentes, apporter la même vérité, enseigner la même doctrine?
En s’attachant à tous ces points, — traités naturellement en détails lorsqu’ils font l'objet d’une étude particulière, — la Théosophie prépare cette religion spirituelle commune, cette sagesse divine Une, pour que toutes les religions en arrivent à se considérer comme les branches d’un seul et même arbre.
Voilà ce en quoi consistera l’œuvre de la Théosophie dans la race de demain, c’est là sa mission, etc’est pourquoi il fut dit à ses débuts, quelle était destinée à devenir, dans l’humanité, la pierre angulaire de la religion do l’avenir. Cette religion sera cette Fraternité dont j’ai déjà parlé ; toutes les fois religieuses demeureront, car toutes ont leur utilité et leurs caractéristiques spéciales, mais toutes seront un< parce qu’elles enseignent, sous des formes différentes, les mêmes vérités.
Envisageons maintenant quel sera le rôle de la Théosophie au point de vue de
La science dans la civilisation future.
La science pénétrera dans les domaines su-
périeurs; c'est-à-dire qu’elle se trouvera en présence d'une matière plus subtile que celle dont elle s'est occupée jusqu'à présent. Elle connaît la matière physique dans ses formes les plus denses ; elle gravira un échelon de plus, [ci gît la difficulté, car toutes les méthodes et les appareils employés jusqu'ici pour l’étude de la matière grossière deviennent inutilisables pour l'étude des mondes supérieurs. Souvent je parle de la matière grossière, mais pensez à la délicatesse des instruments qui furent nécessaires pour l'observer. J'ai reçu tout dernièrement un journal scientifique dans lequel un article relatait la découverte d'un appareil capable de mesurer le quarante-millionième d'une inch 4 , et cependant cela n'est qu'une mesure grossière comparativement à la subtilité de la matière des mondes supérieurs que la science de demain étudiera.
Quel est, à cet égard, l’apport de la Théosophie ?
Elle donne à l’homme actuel la possibilité de hâter son évolution, de connaître et diriger ces lois de la nature qui n'agissent que très lentement lorsqu'elles ne sont pas guidées par