‹ Le Monde des Aveugles: Essai de PsychologieChapitre 2 sur 29 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

de la part des intéressés, fera le mérite de ce petit volume. Ma conviction profonde est que la vérité seule peut servir efficacement la cause que je défends.

Une large place a été faite aux opinions erronées qui ont cours sur la cécité. Elles ont été mentionnées parce que, toutes fausses qu’elles sont, elles instruisent le psychologue, en tant qu’elles représentent l’idée de la cécité qui germe spontanément dans le cerveau du voyant, et aussi parce qu’elles comptent parmi les réalités les plus douloureuses auxquelles se heurte l’aveugle.

A bien des reprises il sera question des aveuglessourds. Mon dessein n’est pas de présenter leur psychologie, et des problèmes intéressants qui les concernent sont peut-être restés dans l’ombre. Mais il m’a paru que pour éclairer les sentiments d’êtres qui sont privés d’un sens, il était instructif de les confronter avec des êtres privés de deux sens, en même temps qu’avec des êtres normaux. Presque dans chaque chapitre, les aveugles-sourds nous offriront un terme de comparaison plein d’enseignements.

Au reste, on voudra bien regarder cet essai comme le résultat d’une collaboration. Bien des aveugles y ont fourni, souvent sans le savoir il est vrai, leur contribution. MM. Papendieck, président du Verein der deutsch-redenden Blinden ; Stainsby, secrétaire général de la Brilish and Foreign Blind Association , de Londres; Siddal, ancien élève du collège de Worcester; Pietro Landriani, président de la Société Margareta , à Florence, ont très aimablement facilité ma documentation dans leurs pays respectifs. Plus particulièrement je dois des remerciements à M. Maurice delaSizeranne qui a si largement mis à ma disposition

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