‹ Le monde des coquinsChapitre 37 sur 61 · B. MONTS BT SIGNES DB LA FÀUMB. — CHIROMANCIE · texte numérisé non relu

B. MONTS BT SIGNES DB LA FÀUMB. — CHIROMANCIE

Les anciens kabbahstes divisaient les hommes en sept catégories distinctes correspondant aux sept astres principaux du ciel : le Soleil, la Lune, Jupiter, Saturne, Mercure, Mars et Vénus.

Le grand fluide électrique, dont j'ai parlé plus haut, est composé des difierents fluides émanés de ces sept astres principaux, comme la lumière est composée de sept rayons qui ont un seul point de^ continuation.

Et de même qu'un objet, tout en revêtant de présence une couleur principale, ne reflète pas les autres absolument, mais ne se les assimile pas non plus, — de même chacune des sept catégories d'hommes, tout en subissant l'influence plus véhémente d'un astre principal, peut recevoir des autres astres des influences secondaires, d'où nait, par d'innombrables mélanges, la variété infinie de l'espèce humaine.

Donc, en attirant plus spécialement, soit par leur conformation héréditaire, soit par l'heure de leur oaisfianoe, l'influence de la planète dominante au

ciel, les hommes en reçoivent la signature^ comme des objets adoptent des couleurs.

La lumière du Soleil n'est pas exclusivement nécessaire pour la création, pour la végétation ; témoin la belle de nuit du Pérou et l'arbre triste des Moluques, qui ne fleurissent que la nuit; témoin la plupart des mousses qui tapissent les rochers ; témoin les plantes imperceptibles à la vue qui couvrent les troncs d'arbres dans les Ueux humides, et ces milles végétations qui, au plus fort de l'hiver, détruisent tous nos raisonnements sur les efiets invisibles de la chaleur, ainsi que le fait remarquer Bernardin de Saint-Pierre, dans ses Études de la nature.

Il y a donc des plantes sur lesquelles l'influence des planètes tristes, comme Saturne et la Lune, dominent parfois l'influence solaire. En appUquant ce système à tout ce qui existe, on ne peut ne pas rester convaincu que chaque planète a ses végétaux de présection qui naissent et croissent sous son influence, ainsi que ses minéraux favoris qu'elle marque de sa signature, comme elle en marque les hommes.

Les influences de la lumière astrale ou planétaire, considérées dans leurs rapports avec les diverses physionomies et les divers tempéraments de l'homme, sont infiniment curieuses à étudier, M. Desbarolles en a retracé les différents types avec sa plume spirituelle et pittoresque. Je ne puis qu'engager le lecteur à les consulter, obhgé que je suis de me renfermer dans le cercle restreint de ma spéciahté.

Seulement, aux considérations qui précèdent, je dois ajouter celles qui suivent, pour l'entière compréhension de la partie que je traite en jcq moment.

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C'est par les lois sympathiques de rattractLon que la terre parle et communique avec les hommes, ses enfants. C'est aussi par lès lois sympathiques de Tai^ traction que la terre parle et communique avec les mondes innombrables de la création dont elle fait partie.

C'est ainsi que l'homme tient aux astres par la chaîne de l'universelle harmonie.

Et c'est ainsi que le reflet magnétique du firmament, peut, comme les fées de nos contes, douer l'homme à sa naissance d'instincts généreux, ou l'entourer de tendances funestes, selon les influences de l'astre sur lequel gravite en ce moment tout l'engrenage des mondes.

Au centre de la terre, est un foyer de lumière astrale^ aspir et expir de l'âme universelle, sans cesse entretenu par l'imprégnation du soleil, qui en repart sans cesse pom» remonter vers lui.

Chaque astre a un noyau central qui se rattache de même aux autres.

L'homme lui-même a un noyau central qui l'attache au tourbillon de la lumière.

L'homme est un microcosme (un petit monde), a dit Rabelais.

Suivant l'ordre des analogies, tout ce qui est dans le grand monde se produit dans le petit.

Or, la main est le résumé de l'homme, son microcosme actif.

Donc, comme les analogies sont exactes entre les idées et les formes, de degré en degré, du grand au P^t, de la nature àTunivers, de l'univers à l'homme, leD^ de Thomme à la main; — e 1(0

n s'en suit que la main contient les caractères de la science universelle aussi bien que l'univers ; —

Et que la destinée de l'homme étant fatalement analogue à l'harmonie universelle, la main doit porter les signes de cette harmonie, à laquelle elle appartient aussi.

Telle est la théorie chiromancique de la kabbale sur la 'main, que les Anciens regardaient comme l'intermédiaire entre Thomme et le ciel.

Faisons-en maintenant l'appUcation, en commençant encore par les doigts.

1° Doigts. — Sa chiromancie, chaque doigt prend le nom d'une planète, et, en prenant son nom, il en prend aussi les quaUtés attribuées à son influence.

L'index^ c'est Jujpiter^ le doigt divin, le doigt du roi des dieux, celui qui montre, qui menace,' qui ordonne ; il est signe d'intuition, de penchant à la contemplation; — carré, signe d'aptitude à saisir le côté vrai des choses ; — spatule, indice de mysticisme.

Le médius^ ou grand doigt, c'est Saturne, Saturne est triste. Ce caractère domine dans le doigt large et gonflé par le haut. S'il est plutôt spatule que gonflé, c'est activité dans le lugubre. S'il est seulement carré, c'est seulement gravité. S'il est pointu, ce qui est rare, l'influence de Saturne diminue ; il y aura simplement insouciance.

L'annulaire^ c'est le Soleil^ ou Apollon^ le dieu des arts. Pointu, c'est l'art intuitif; carré, Tart positif ; spatule, l'art mouvementé.

Uauriculaire^ c'est Mercure. Pointu, c'est perspicacité, finesse pouvant deveuir ruse. Carré, c'est la rai-

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son dans la science, l'amour des recherches, de l'étude, etc. Spatule, c'est le mouvement dans les. mêmes aptitudes, et, dans son acceptation mauvaise, propension vers le vol.

Le pouce^ c'est à la fois Vénus et Mars^ c'est-à-dire toute la vie : amour et lutte. Par sa forme, qui rappelle le phallus des anciens, le pouce représente la création. C'est par le pouce surtout que se fait l'ahsorption du fluide vital. Le pouce peut tout modifier; traversant la main tout entière, il en est le roi, puisqu'il réunit la volonté, la logique et l'amour, source de la vie.

Un pouce court est le grand ennemi de la vertu des femmes. Mais il sauve leur vertu par insouciance, si roccasion est une fois perdue.

Ainsi, la même main peut recevoir de la forme de ses doigts des tendances bien marquées et diverses.

2* Monts. — A la racine de chaque doigt, dans la paume de la main, se trouve un monticule.

Chaque monticule correspond à une planète, celle dont chaque doigt prend le nom, et de laquelle il reçoit une influence favorable ou funeste, selon que le développement du monticule est plus ou moins parfait.

Mont de rindex^ ou de Jupiter, la plus belle des planètes. — Qualités : religion fervente, ambition noble, gaieté, {jovial vient de jovis), — Excès : superstition, orgueil excessif, domination quand même. — Absence : irréligion, égoïsme, tendances vulgaires.

Afont du médius ou de Saturne, le roi déchu du eiel; le temps qui dévore, après douze mois, son en-

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fant, rannée; le temps, chargé d'exécuter les œuvres du destin; fatalité. — Qualités : i^rnàence^ sagesse.

— Excès : taciturnité, tristesse, terreurs religieuses.

— Absence : vie insignifiante.

Mont de V annulaire^ ou du Soleil^ ou à' Apollon^ le dieu beau et noble, le dieu des arts. — Qualités : tout ce qui brille et fait briller ; le goût de toutes les belles choses ; calme de Tâme ; religion aimabl^ — Excès : Amour de Tor, du faste, célébrité à tout prix, fatuité, envie basse. — Absence : Vie monotone, comme un jour sans soleil.

Mont de V auriculaire ou de Mercure^ le beau. Télégant messager des dieux. — Qualités : intelligence d'un monde supérieur, travaux d'esprit, éloquence, . spéculation intelligente et honnête, promptitude dans l'action comme dans la pensée. — Excès : Mercure est aussi le dieu des voleurs ; d'où vol, ruse, men- \ songe, perfidie, agiotage effronté, ignorance prétentieuse. — Absence : àéîdiXxi d'aptitude pom» tout ce qui est science ou commerce.

Mont du pouce ou de Vénus ^ la déesse delà beauté, la mère de l'Amour. Ce mont est formé de la racine du pouce. — Qualités : galanterie, désir de plaire, besoin d'aimer, bienveillance pour tous, charité, tendresse, amour honnête. — Excès : débauche, effronterie, coquetterie, inconstance. — Absence : Froideur, égoïsme, manque d'énergie et d'âme.

3° Paume de la main. — La paume de la main est divisée en trois zones :

Le monde matériel^ qui en occupe tout le bas ; J Le monde naturel^ qui en occupe tout le milieu;

SIGNES CHIROGNOMONIQUES 181

Le monde divirty qiii en occupe toute la partie supérieure.

La paume de la main est bosselée d'autres monts que ceux que nous venons de voir, et sillonnée de lignes que nous ferons connaître :

Mont de Mars. Le mont de Mars se trouve vis-à-vis du mont de .Vénus ou du pouce, à Textrémité et sur le bord de la^paume de la main. — Qualités : toutes celles du dieu de la guerre. — Excès : colère, violence, insolence, cruauté, soif de sang. — Absence : lâcheté, puérilité, manque de sang froid.

Plaine dk Mars. Le mont de Mars représentant les qualités du dieu, puisqu'il représente la résistance, l'excès du mont de Mars, qui est la lutte active, est représentée par la^/ame de Mars^ dans le creux de la paume de la main.

Mont de la Lune. Le mont de la lune occupe, avec le mont de Vénus, la moitié de la paume de la main. Ainsi réunis, ils forment le monde matériel. La Lune, c'est la chaste Diane, c'est Phébé la capricieuse. — 0iMi/îVé$ .' imagination, mélancolie douce, poésie sentimentale, pudem", amour de la solitude et du mystère. — Excès : imagination déréglée, désespoir sans cause, mobilité excessive, désirs incessants, pruderie, dévotion intolérante, tristesse, vapeurs, migraines. ^Absence : manque d'idées, de poésie, sécheresse, positivisme.

4* Lignes. — Les monts dont nous venons de parler lont limités, à lem» base, par une ligne qui repréttnte, dans le creux de la main, le premier jambage tfun if majuscule d'écriture,

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Cette première ligne est nommée Hgne de cœur. Elle signifie bon cœur, affection forte.

La ligne qui la suit, et qui fait le jauibage du piilieu de la lettre itf, se nomme la ligne- de tek. Elle signifie jugement sain, esprit lucide, et aua» vototé forte.

La troisième ligne, ou dernier jambage de la lettre -/If, contourne le mont du pouce, c'est la plus grande. c< On dirait im ruisseau qui court ^u bas d'une colline. » On nomme celle-ci la ligne de vie; c'est le signe d'un bon caractère.

Diverses modifications aux qualités des trois lignes principales ci-dessus résultent des rameaux qui les prolongent ou les divisent, des croia?, des étoiles^ des ronds, des points, des grilles, des triangles, des chaînes, des raies, des lignes capillaires et autres particularités qu'elles présentent, parfois dans la paume, sur les monts ou sur les phalanges des doigta; — particularités qui sont mises en relief et qu'il faut Ure dans le curieux livre de M. Desbarolles,

Une ligne, que je ne dois pas omettre de mentionner ici, est celle qui forme un demi-cercle au-desous de Satiu-ne et d'Apollon, c'est-à-dire, du médius et de l'annulaire, qu'elle enferme conune dans uue Ue.

Cette ligne qui prend naissance entre l'index et le médius, et va se perdre entre l'annulaire et l'auriculaire, est appelée Vanneau de Vénus,

Vanneau de Vénus indique ses tendances par son nom môme. C'est l'amour effréné, aveugle, lascif; c'est la débauche.

Si cette hgne demi-circulaire est brisée dans l'une el l'autre main, et faite comme de débris, posés l'un au^

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près de l'autre, c'est la sodomie ou, au moins, le goûtwies' amours dépravés.

Si elle est double, triple, mal tracée, mais toujours brisée, c'est goût ou habitudes des plaisirs solitaires, attraction vers tous les dévergondages obscènes ; et, si ces lignes sont profondes, c'est l'impureté poussée aux dernières limites.

Si, au lieu de se fermer, en remontant, entre l'annulaire et l'auriculaire, l'anneau de Vénus venait à se fermer à la racine de ce dernier doigt, il indiquerait une passion terrible, qui emploierait, pour s'assouvir, la ruse, le mensonge, le vol.

Les chiromanciens attachent une grande importance à la couleur des hgnes. La couleur sert surtout à reconnaître les tempéraments.

Une ligne pâle indique un tempérament flegmatique, et lymphatique par conséquent.

Une Ugne rouge indique l'homme sanguin, colère.

Une ^gne jaune annonce un tempérament biheux.

Une ligne livide est le signe du tempérament mélancoUque.

En kabbale, le rouge c'est l'idéal, la force ; — le blanc ^ la raison, le calme ; — le livide^ la matière, le mal, le désordre.

s<Gy*T.mByr gv^iqgnqmonique spécial des y^leurs st des assassins.

La Providence a imposé à tout être nuisible un type jarticuher. On doit classer dans cette catégorie : — les femmes débauchées, avides et artificieuses, dont je parlerfd dans la partie consacrée aux coquines^ —

les voleurs et les hommes portés instinctivement au meurtre^ les assassins. On comprend que nous n» pouvons doimer que des généralités, pour ces divers types. Les exceptions se trouveront d'elles-mêmes.

Voleurs. — En général, les voleurs ont les doigts longs, maigres, secs, noueux ^t spatules ou pointus. La chiromancie leur donne des grilles ou ime croix sur le mont de Mercure ; — la hgne de tète tortueuse, hrisée et de diverses çouleiu*s ; — de grosses lignes rouges, partant de Tamiculaire, et sillonnant le mont de Merciu*e ; — ime grosse hgne, comme ime incision, ou des hgnes en rameaux ou en croix sur la troisième phalange du «dolg* auriculaire. Une croix, dont l'extrémité des hranclies se recourbe en dehors, sur le même doigt, indique le voleur qui ne reculera pas devant l'assassinat.

Assassins. — Les gens portés au meurtre, ou les assassins sont très-rouges de peau ou verts. Les gens à peau rouge seront poilés au meurtre par la colère ou la débauche; les autres par l'instinct du mal. Les premiers auront les yeux brillants, rudes et fixes, en parlant; les autres aiu'ont les yeux ternes, secs ef cruels. Les uns et les autres aiu'ont des mains ma faites, aux doigts tordus, au pouce en bille, surtout f la mahi est ferme. On distmguera dans leurs mains, s non toutes, au mohis quelques-unes des hgnes q suivent : des hgnes peu creuses, mais de couleur ol cure, sur la phalange matérielle du doigt de Mercui — une hgne sœur de la vitale, mais seulement d.le bas; — la hgne de tète très-grosse, très-profoi

avec de petites lignes de couleur foncée ; — la ligne de tête accompagnée d'im cercle ou de deux cercles ; — la ligne de tête faisant angle avec la ligne de cœur, et séparée de la vitale ; — des ongles très-courts et recourbés; — la ligne de vie enflée au départ, entre le pouce et l'index ; — des points rouges ou des granulations rouges placées, sans ordre, sur la ligne dévie; — la ligne de tète rouge, profonde, tortueuse ; — deux figures demi circulaires dans la plaine de Mars ; — la ligne de vie très-épaisse dans tout son parcours ; — la ligne de cœur recourbée à son point de départ, et descendant en formant im demi-cercle dans la ligne de tête, où elle se perd avant d'arriver à la ligne de vie. — Une croix dans la plaine de Mars indique aussi un homme batailleur et ardent à la rixe.

On trouve quelquefois la vérité dans les rêves. En examinant la forme d'un ombre projetée, on peut deviner celle de l'objet éclairé qui la projette. — De même, en examinant l'ombre de la vérité, on devine le vérité elle-même .

« Tout être organisé forme un ensemble, un sys- ^Dte «nique et clos, dont les parties se correspondent

mutellemeiit et concourent à la même action définitive, par une réaction réciproque^ »

Ce principe^ posé par Guvier, et appliqué, par le célèbre naturaliste ^ à la distinction des êtres entre eux^ Lavater l'avait appliqué déjà, avec un succès moins grand, mais non sans gloire, à l'individualité de ces mêmes êtres, et particulièrement à celle de l'homme.

D'après Lavater^ il est à peu près indifférent de prendre pour base de son jugement, sur le moral d'un individu, la tète ou le corps, le front ou le bras, la face ou le pied^ les traits du visage ou les mouvements de la main.

« Car, dit-il, la nature forme tout d'une seule pièce en un tout cohérent : de la tète le dos^ des épaules les bras, des bras les mains, des mains les doigts. Tout passe de la racine dans le tronc, du tronc dans les rameaux, des rameaux dans les branches, dans les fleurs, dans les fruits... »

Ainsi, tout, dans l'homme, coule d'im seul tout, en mi seul tout ; et chaque partie du tout porte le caractère du tout.

Et, de môme que chaque partie du corps à son rapport avec le corps auquel elle appartient, de même la forme de tout le corps se déduit de la forme de chacune de ses parties prise isolément.

C'est ainsi que tout est long quand la tète est longue, tout rond quand elle est ronde, tout carré quand elle est carrée.

C'est ainsi que tout est homogène, dans l'homme : forme, taille, visage, — peau, nerfs, os, — geste, voix, style, — amour, haine, passions.*.

A ces considérations de plastique, physique et morale, le célèbre pasteur de Zurich ajoute les suivantes, qui les développent et les complètent :

Il existe une harmonie parfaite entre la stature de rhomme et son caractère. Pour s'en convaincre, il suffit d'étudier les extrêmes : — les géants et les nains, — les. corps charnus et les corps trop maigres.

La même convenance se remarque entre la forme du visage et celle du corps ; l'une et l'autre de ces formes sont en accord avec les traits de la physionomie, et ces résultats dérivent d'une seule et même cause, l'homogénéité que nous avons dite.

Montrez, au premier venu, la tête d'im bossu, dont il ne verra pas le reste du corps, il reconnaitra, du premier coup d'œil, un bossu.

Poiu* ce qui est des diverses parties du corps et de leurs rapports avec le moral des êtres qui les animent, voici, d'après les données qui précèdent, les signes caractéristiques que leur attribue Lavater siu* ce point :

Cou, — Quiconque a le cou long et effilé, est efféminé et flegmatique.

Celui qiû porte le cou gros et grand, possède la force du corps et la générosité du cœur.

Un cou gros et engoncé, dénote la colère et fait craindre la paralysie.

Un cou flexible annonce l'élasticité de l'esprit et du corps.

Est-il roide, le caractère s'en ressent; il est alors difficile et peu sociable.

Tout COU difforme indique l'absence de Fintelligence.

Un cou bien proportionné est une recommandation irrécusable pour la solidité du caractère.

L'homme méchant a le cou sillonné de nerfs en rehef.

Penché en avant, le cou présage la curiosité et l'avarice.

Penché du côté droit, il marque la sagesse et l'étude.

Penché du côté gauche, il est le sceau de Timpudicité et de la dissipation.

Épaules. — Des épaides larges et descendant insensiblement sans remonter en pointe, sont un signe de santé et de force.

Des épaules de travers, sont un signe contraire; -* mais elles en sont im, en même temps, d'activité, de finesse et d'esprit.

Des épaules larges, hautes, rondes, appartiennent à la matière, surtout chez la femme, selon DesbarroUes.

Des épaules larges, avec des seins peu apparents, annoncent ime femme homme, ayant l'ambition, ^^ colère, l'avidité, les instincts des hommes, mais les mauvais; car, il n'y a pas d'heureuse transition d'un sexe à l'autre ; c'est toujours déchéance ou monstmosite. (Id.)

Poitrine. — Une poitrine plate ou creuse dénote la faiblesse du tempérament et tout ce qui s'en suit.

Une poitrine très- velue en dénote la force, en même temps qu'un penchant prononcé à la volupté.

Ventre, — ^Un ventre plat et rétréci est le signe de l'c^nergie et de l'activité.

Un ventre gros et proéminent incline à la sensualité et à la paresse.

Cuisses. — De fortes cuisses, bien nerveuses, anï>-CDncent un tempérament solide et un grande énergie J-Cî facultés.

Des cuisses maigres excluent la force du corps et ^^xdiquent un esprit ingénieux.

Des cuisses courtes appartiennent au méchant et ^ l'envieux.

Des cuisses velues indiquent une propension mar- ^viée pour la luxure.

Genoux. — Le genou charnu révèle la vertu débile ^t la mollesse du caractère.

Le genou sec et osseux marque la force, l'activité, la. bonne complexion; mais souvent aussi l'impudicité.

Les genoux cagneux appartiennent aux efféminés et aux rusés.

Jambes. — Quiconque a des jambes bien articulées et nerveuses, possède, avec la force du corps, la ft>rce et la générosité du cœur.

Celui dont les jambes sont mal articulées et molles, ©st, d'ordinaire, timide, efféminé, peu capable.

Toute jambe grêle dénote habituellement la faiblesse et rinintelligencc.

Si la jambe est grêle, mais nerveuse, elle annonce la luxm'e parfois et toujours une vive intelligence.

Les jambes velues sont le signe d'un penchant irrésistible aux plaisks physiques de ramom*.

Pieds. — Quant aux pieds, les pieds petits, gros et inarticulés, sont ceux d*im homme mou de tempérament et de caractère.

Tout pied petit et délié signifie hardiesse, maMcc, activité.

Méfiez-vous de Thomme qui a les pieds menus et longs.

Les pieds grands, articulés et nerveux, révèlent un homme fort de corps et de caractère.

Bras, — Quant aux bras, les bras robustes, bien aiiiculés et d'une harmonieuse proportion avec tous les meml)res du corps, appartiennent à Thomme de bien, grand de cœur comme de tempérament.

Les bras gi^êles, peu articulés et mous, indiquent la dé])ilité de corps et d'esprit.

Grêles mais nerveux, ils annoncent l'activité entreprenante et la vivacité de l'intelligence.

Gros et gras, une grande lourdeur intellectuelle jointe à uue grande mollesse de tempérament.

Les bras velus révèlent, comme la poitrine et la jambes, un irrésistible penchant à la volupté.

Mains. — Chaque main, dans son état naturv^^, c'est-à-dire abstraction faite des accidents, se tro^^ '

en parfaite analogie avec le corps dont elle fait partie» Les os, les neifs, les muscles, le sang et la peau de la main, nie sont que la continuation des os, des nerfs, des muscles, du sang et de la peau du reste du corps; car, le même sang circule dans le cœur^ dans la tête et dans la main. *

La main a des signes phyâognomonicjues d'autant plus frappants et significatifs, qu'elle ne peut <iisâmuler, et que sa mobilité la trahit à chaque instant. Ainsi l'hypocrite le plus raffiné, le fourbe le mieux exercé ne saurait altérer ni là forme, ni les contours^ ni les proportions, ni les muscles de sa main, ou seulement d'une section de sa main; il ne saurait la soustraire aux yeux du physiognomoniste, <tu'en ki cachant tout entière.

La mobihté de la main n'est pas moins expressive. C'est de toutes les parties de notre corps la plus agissante et la plus riche en articulations ; plus de vingt jointures et emboitiires concourent à la multiplicité de ses mouvements et les entretiennent.

Une telle activité fournit, nécessairement, des caractères physiognomoniques qui expliquent le caractère du corps, du tempérament, de l'esprit et du cœur.

C'est pour cela que la main a fait l'objet d'une science spéciale, la chiromancie et la chirognomonics <ioiit nous avons parlé dans le § précédent.

Les signes plastiques, que je viens d'énumérer^ 55or^t-ilâ dans leur appUcation physiognomonique ttax

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ment à nos yeux les passions nobles et trahissent les penchants vicieux.

Le geste était l'expression suprême, chez les anciens; tellement que, sur le théâtre, le jeu de là jïhysionoinie des acteurs était caché sous xm masque;

tellement que, pour éviter les séductions du geste,

les juges de l'Aréopage avaient pris le parti de ne I>3us écouter les orateurs que dans les ténèbres.

Démosthènes faisait plus d'effet encore par ses ges- *<3s que par son éloquence, dit un historien.

C'est que le geste est le mouvement extérieur du <^orps qui sert le mieux à expiimer nos sentiments, ii-os désirs, nos craintes et toutes les sensations bonnes ou mauvaises que nous éprouvons.

Lavater dit, d'après Sterne ou La Bruyère, que le sage prend son chapeau d'une tout autre manière Tue le sot. Le caractère de l'homme, en effet, se àé- ^èle dans les plus petites actions de la vie, et il n'est pas de mouvement de corps, pas de démarche, pas de 'Maintien, quelque hisiguifiants qu'ils soient en apparence, qui ne l'accusent naturellement aux yeux du Pliysionoiniste sérieux.

Cependant la démarche et le maintien ne sont iia- *^^rels qu'en partie, eu ce sons que, le plus souvent, ^ homme y mêle quelque chose d'emprunté ou d'imité. Hais ces imitations mêmes et les habitudes qu'elles lui '^tit contracter, sont encore des résultats de la natur(», ^^ l'entrent dans le caractère primitif.

Naturel ou affecté, rapide ou lent, passioné ou froid,

^^orme ou varié, grave ou enjoué, dégagé ou roidc;,

■^^le ou trivial, fier ou humble, hardi ou timide, dé-

^* ou inmiodeste, agréable ou imposant, menaçant

191 A QUELS SIGXES HECOXXAITRE UN COQUIN

OU gracieux, le geste se différencie de mille soiios, suivant les mille sortes de sentiments, de tempéraments, de caractères qui le commandent et qui en sp<'»cialisent les variétés.

Le son de la voix fait partie du geste, en ce q«e Faction du geste est déterminée pas un nerf qiii, par ses différentes branches, donne le mouvement à certains muscler du cou, du larynx, et «mcoiirt, par cela même, à produire la voix articulée ou parole.

Quiconque se livre à la chaire , au barreau, au théâtre, sait combien le geste est nécessaire à la bonuc articulation des sons. Les mouvements produits par la tète ou les membres supérieiu^, sont des gestes concordant toujours avec la parole : tout est symétrie oii alternance dans notre nature. Quand les])ras seiueuveut poiu* aider la parole, la tète demeure immobile; et, ipiand les bras demeurent immobiles, c'est la tête qui bat les syllabes, selon ringénieusc défînitiou àa M. Ernest Menault. Quand il n'y a pas concordaut'C entre le geste et la parole, il y a ^dce pathologiq^i*^* On ne parle plus ou bredouille, on bégaie.

Le soude la voix, d'ailleiu-s, diffère essentiellement selon les tempéraments et les caractères, et coincitlei d'une manière remarquable, avec les passions, les sentiments habituels et les qualités morales des iinil' vidus. .

Une particularité remarquable, à ce sujet, c'est que, dans toute l'Italie, au dh^e du professeur Ysabeau, les caractères de la voix, — élevée, profonde, foi^e, faible, couverte, douce, clahe, aiguë, naturelle ou fausse, — sont marqués sur les passe-ports, comflie faisant partie essentielle dil signalement.

Pour ce qiii est du geste spécialement, il est certain que tous les mouvements du corps humain se modifient, d'après les penchants^ le tempérament et le caractère de chaque homme en particuher. Il est certain que le mouvement de l'homme de génie diffère du même mouvement de l'imbécile ; que la marche et le port du biUeux diffèrent essentiellement de la marche et du port du flegmatique ; ceux du sanguin de ceux du mélancolique ; ceux provenant de la conscience nette de l'honnête homme, de ceux qu'impriment les remords et la conscience troublée du coquin.

Le cerveau, en effet, étant en Maison avec les instruments de tous les sens et avec ceux des mouvements volontaires, il s'en suit que, dominant ainsi les sebs, les muscles et, par conséquent, les extrémités, il met en action chacune des parties et assigne les mouvements qu'elles doivent faire , la position qu'elles doivent occuper, etc., selon la nature et le degré d'acte passionnel qu'elles ont pour mission d'exprimer.

En admettant, avec Gall et Spurzheim, comme principe fondamental, que les mouvements s'exécutent toujours dans la direction du siège des organes, il n'y a pas de pantomime qu'on ne puisse ramener ^iûsi à des principes physiologiques certains.

Par exemple l'organe dont l'activité détermine le sentiment de bienveillance^ ayant son siège à la partie antérieure de la tête, le mouvement qui résulte de la manifestation de ce sentiment, doit nécessairement se porter vers l'objet de son action, et imprimer à la tète une direction en avant. De là, les for-

mules de saluation et autres de politesse ou de bon vouloir, qui. abaissent et élèvent altemativeinent la tête dans tous les pays, etc.

Pareillement, Torgane de la vénération^ étant placé au sommet de la tête, doit, lors de son a.ction, entraîner le corps et la tète en avant et en haut.

Les bras et les yeux sont dirigés vers le ciel; les mains, tantôt sont jointes et rapprochées de la poitrine, tantôt s'élèvent doucement vers l'objet de leur culte, selon que la joie, l'espérance ou la résignation dominent.

Que si c'est le sentiment de la grandeur 'et de la toute-puissance de l'Être Suprême qui l'emporte, l'homme, alors pénétré de vénération, s'humihe, se prosterne...

D'après les mêmes lois, l'organe de Yestime de soi^ de la fierté ayant son siège à la partie postérieure et supérieure de la tète doit, lors de son action énergique, faire redresser et porter la tête im peu en arrière.

Examinez un homme orgueilleux , quelque tranquille qu'il soit, vous reconnaîtrez toujours, dans sa pose, le trait principal de son caractère, vous remarquerez toujours une tension générale du corps qui l'empèclic de s'affaisser sur lui-même.

« Je ne connais, dit Hegel, aucun peuple, aucune race d'hommes chez lesquels Vorgueil ne porte pas la tète en l'air, ne fasse pas relever tout le corps et ne fasse pas dresser l'homme sur la pointe du pied, pour le fahc paraître plus grand. »

L'orgueilleux vient-il à mettre la main dans son gilet, il la place toujours le plus haut qu'il peut, tan-

dis qu'il appuie l'autre fièrement sur le côté, le coude avancé en pointe, afin d'occuper le plus d'espace possible, au d^étriment des humbles qui l'entourent.

Vhumble^ de son côté, veut-il exprimer le sentiment qui lui est propre, la modestie, la soumission, le respect? sa pantomine sera précisément l'inverse. La tête et le corps s'inclineront d'autant plus qu'il sera sous ime action plus absolue, ime apathie plus complète de l'organe de la fierté.

La/mnefe'a son siège immédiatement au sommet de la tète ; eUe doit donc, lorsqu'elle agit énergiquement, tenir la tête et le corps élevés perpendiculairement.

Et, de fait, à l'instant où l'on prend la ferme résolution de ne se laisser détourner par rien de son projet, on redresse verticalement le corps, on se soulève un peu de terrg, on se pose solidement sur ses jambes et, le cou tendu, on s'apprête à braver tous les obstacles.

C'est à cette attitude que se rapporte l'expression d'une volonté inébranlable.

Au heu d'un acte de fermeté, si nous obéissons à une imitation de Torgane du courage^ comme cet organe a son siège à la partie inférieure du cerveau, placée derrière l'oreille, la tète est alors tirée im peu en arrière et entre les épaules.

Du reste même attitude que pour la fermeté : le corps se roidit en se rabattant sur lui-même ; les pieds sont écartés, afin de donner à la station plus de solidité et d'aplomb ; les muscles se contractent davantage; la tête s'enfonce, les épaules s'élèvent, les dents sont serrées les unes contre les autres, les yeux menacent l'adversaire; enfin, les bras tendus et les

m A QUELS SIGNES RECONNAITRE UN COQUIN

poings fermés tel retirés eti arrière, annoncent la ré* sistance à toute violence»

Telle estrexpressioûde V activité^ de VimUnci de m propre défense^ lors(|ue les deux organes jumeaux agissent avec une égale énergie ; car, s'il n'y a de bien actif que l'im des deux organes, la tête doit être tournée de côté et contre l'épaule qui répond à l'organe en action»

Le poltron, au contraire, vise à en imposer par un geste timide qu'il cherche en vain à rendre menaçant.

L'organe de la ruse est placé aussi à la partie inférieure du cerveau, mais en avant et un peu au-dessus de l'oreille.

Aussi, lors de son activité, la tête et le corps sont portés en bas et en avant.

Voyez la mimique du rusé coquin qui s'applaudit d'avoir fait une dupe* Il s'avance à pas de loup, la tète légèrement inclinée; il jette de côté im regard expressif, et tandis que, du doigt, il vous montre sa victime, il vous pousse doucement avec le coude, pour vous annoncer qu'il est parvenu à la metù^e dedans.

Conclmion. — Pour l'étude de la physionomie, c'està-dire de l'art qui consiste à diagnostiquer le caractère moral et intellectuel de l'homme, par la seule conformation des parties extérieures du corps et du visage, sans que ces parties soient en action, il importe essentiellement de commencer ou, tout au moins, de finir par l'observation de ces parties en mouvement.

c*est-à-dire par rétiide des signes mimiques que leur action présente.

C'est ce que nous avons fait.

Arrivons maintenant à prouver que ces divers signes ne sont pas des chimères, et que plus d'mi exemple en confirme, chaque jour, la ponctuelle et réelle expression.

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