‹ Le monde des coquinsChapitre 39 sur 61 · LA BRINVILLIERS ET LA DAME TIQCET · texte numérisé non relu

LA BRINVILLIERS ET LA DAME TIQCET

^^ 47 juillet 1676, mourut sur l'échafaud une em- Poisoun^use célèbre, Marie d'Aubray, femme du

marquis de BrmviUers, mestre de camp des années du roi, coudamnée au dernier supplice pour avoir empoisoimé successivement son père, ses deux frères, son enfant, son mari, etc., aidée dans cette série de forfaits par le complice de ses dérèglements, rinfàme Sainte-Croix.

Voilà ce que tout le monde sait.

Mais, ce que tout le monde ne sait pas, c'est que le crâne de ce monstre femelle a longtemps été co»sené au muséum de Versailles, et exhibé, comme pièce authentique, à tous les curieux.

Ce que tout le nionde sait encore moins, c'est que cette authenticité a été phrénologiquement démontrée apocryphe par le docteur Leroy, il y a peu d'années.

Après avoir examiné ce crâne : — a Ce jie peut être celva de la Brinvilhers, dit le savfint docteur; car, encore bien qu'il accuse, cht)z le siget, la fe^ meté et la destructivité, jointes à la circonspecto ^' à la ruse, il présente, entre autres organes incompatibles avec le caractère connu de Vempoisonneuse, celui de la philogéniture et celui de la vénération^ joints à ceux de Tamour de Tapprobation et de la vanité, poussés à un degré de développement remarquable. Et puis, Tétat des os annonce ime personne plus jeiuie que la BrinviUiers qui ne fut exécutée qu'à rage de plus de cinquante ans. D'ailleurs, le crâne n'est pas eu rapport avec la taille de la marquise dont les chroniques du temps nous ont sciii' puleusement conservé la mesure... »

Si cette tète n'appartenait pas à la BrinviUiers, ^^ qui donc appartenait-elle?

Un numéro d'inventaire de la bibliothèque de Ver-

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sailleiii yint répondre, par hasard, s^ cette question, quelque temps après.

Ce numéro portait : tête de madame TiqueL Ce fut, pour le «onservateiu" une révélation^

Les causes célèbres consultées, on y lut ce qui suit : Restée orpheline de bonne heuye, grande et belle, Angélique Cordier choisit pour époux M. le conseiller Tiqmij celui de ses nombreux adorateurs qui, par son faste et ses largesses, savait su le mieux flatter sa vanité.

Après deux ans de mariage et de dépenses sans bornes, de fausses spéculations achevèrent d'engioulir la fortime de M. Tiquet.

Sa femïne, privée ahisi des moyens de satisfaire ses fantaisies, résolut de se débarrasser de lui, pour pouvoir en épouser vite une autre.

Le concierge de son hôtel, qu'elle parvint à suborner, tua rinfortuné mari, d'un coup de pistolet tiré à bout portant,

Rien ne révéla, dans l'attitude de la dame Tiquet, que ce crime fût son ouvrage, tant elle sut apporter d'adroite dissimulation dans les investigations qui suinrent.

Néanmoins, sur quelques indices accusateurs, on ^'ôrrèta.

Avant de se rendre en prison, elle voulut embras- ^^son petit enfant, qu'elle aimait passionnément, ^t qu'elle côuviit de baisers, en dévorant ses lai*mes.

Goudamnée, elle demanda à recevoir et reçut, ^ lUie façon édifiante, les consolations de la rehgion.

Le jour de l'exécution, elle fît preuve de la plus ^^^ique fermeté ; car, elle vit, sans faiblir, son oom-

plice monter sur récliafaud avant elle, c sourciller, elle avait elle-même aidé aux sa dernière toilette.

Ainsi se trouvaient confirmées par lei les appréciations crânioscopiques du do(

Ainsi la science phrénologique restitua table propriétaire, la dame Tiquet, le crân< rance crédule avait faussement attribué, , la marquise de Brinviliiers.

Comme toute science, la pbrénologie n que quand on lui demande plus ou autrei ne peut donner.

Dans le temps que je faisais mon drc j'eus plusieurs fois la bonne chance d*< docteur Gall causer crânioscopie, dans principalement à l'occasion de plusieurs diens et de Malais, que mon compatrii Hippolyte Diard, aujourd'hui président à la cour impériale de Riom, et l'un dei plus éminents de la magistrature françaii chargé de lui remettre de la part de Pierr frère, le médecin naturahste, qui les lui a^ de Chandemagor et de Batavia.

J'eus aussi la bonne fortune* de pouv< mainte fois, aux leçons de l'illustre anat( l'entendre développer son système c< le sy

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