LÉGER
nature, » comme il l'appelait dans son langage tudesque.
En 1823, le célèbre professeur donnait des leçons chez lui à quelques auditeiu»s affidés. Ces auditeurs, pour la plupart, étaient des élèves en médecine, admis comme internes dans les hôpitaux et qui, comme tels, se trouvaient à même d'augmenter sa précieuse collection.
Malgré sa défense, lorsqu'un sujet, digne de remarque à leurs yeux, mourait dans leur service, ils en dérobaient la tète, au profit de la science, et la déposaient sur son bureau.
Plus d'une fois, Clamart leur fournit les cadeaux qu'ils lui faisaient.
Cette année-là, fut exécuté à Versailles un criminel ^out le forfait est presque sans exemple dans les ïastes des Coiu-s d'assises. Quelques étudiants résolurent de se prociu-er sa tète. Ils y parvinrent;... et, k soir même, la tète coupée figiu-ait sur la table du DWdtre.
'tt Oh I la laide tête I » s'exclama Gall, à sa première ^e. Puis, l'ayant prise dans les deux mains, l'ayant P^pée avec soin, et examinée en tous sens avec at- *6Qtion : et Cette tète, dit le professeur, est celle d'un ^Pplicié qui a dû être conduit au ciime par l'impé- 'eux entraînement des sens. Les voluptés physiques, ^ désir brutal de les satisfaire, ont dominé certainent toutes les facultés de ce malheureux. Il deavoir, d'ailleurs, mie intelligence des plus bor- , un caractère sombre, et porté à la destruction, ésirs exaltés, pervertis par la sohtude et la prii, auront été poussés à un tel point d'exaltation
20G QUELQrES EXEMPLES DE COQUINS, ETC.
frénétiqiie, que tous les moyens, surtout celui du meurtre, auront été suggérés à sa nature animale, pour les satisfaire, a
En disant cela, Gall signalait le frpnt étroit, la dépression totale de la partie supéro-antérieure de la tète, le développement des lobes moyens, des parties latérales, siège de la ruse et du penchant à détruire.
Il faisait surtout remarquer ce cou, large à la base du crâne, où s'agitait et devait bouillonner, pendant sa vie, un volumineux cervelet, comprimant de son poids tout le reste de la masse cérébrale.
11 ajouta, en montrant quelques exostoses ou os pointus qui s'avançaient dans la substance intérieure du cerveau, que cette disposition maladive avait pu donner aux actes de férocité du criminel un caractère d'animalité et de dévergondage inexplicable au- ^ trement.
Chacun écoutait en silence et recueillait avec adnu- j ration les paroles divinatoires du maître : car, sans le savoir, le maître racontait l'histoire et expUqiiait le forfait du nommé Léger ^ dont la tète était tombée, f le matin, sous le couteau de la guUlotine.
Voici ce qu'était, et ce qu'avait fait Léger.
Poussé, à 28 ans, par la mélancohe sauvage dç s nature, cet homme s'était reth^é, sous un rocher, i miheu d'un bois fourré du département de Seine-( Oise, vivant du gibier dont il s'emparait à la cou et qu'il dévorait tout saignant.
Un joiu*, une jeune fille, de 15 ans à peine, étJ venue à passer près de sou antre. Léger en soïl comme un loup affamé de sa tanière, s'élança siu