‹ Le monde des coquinsChapitre 43 sur 61 · LES CEREBELLEUX DU BAGNE DE TOULON · texte numérisé non relu

LES CEREBELLEUX DU BAGNE DE TOULON

Tous les phrénologues, et un grand nombre de savants physiologistes, sont d'accord pour attribuer aux lobes postérieurs de l'encéphale, c'est-à-dire au cervelet^ c'est-à-dire à la nuque^ une influence directe et prépondérante sur le penchant à l'amoiu* physique.

Cette fonction erotique d'où le cervelet la tient-il? La science n'a pu encore le dire. Mais ce que la science est impuissante à expUquer en théorie, l'expérience est habile à le démontrer en fait.

Or, ici, les faits parlent plus haut que les scienti- ,fiqucs raisonnements.

Aux nombreux exemples fournis par Gall et ses j disciples sur ce point, le docteur Voisin a ajouté une I expérience qui parait comporter un argument sans | réplique. Cette expérience la voici :

En 1838, le savant médecin en chef de l'hospice ( Bicètre, se trouvant à Toulon, eut l'idée de vérifier)

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point de la doctrine de Gall, relative au cervelet. L'occasion était favorable, beaucoup de forçats ayant dû être condamnés pour viol.

Donc, il se rend au bagne, où le directeur met à sa disposition une division entière de forçats. Cette division était composée de 376 condamnés. Le docteiu: Voisin les examine tour à tour, et, après les avoir palpés tous, il en sépare 22, nombre égal à celui des malheureux que la brutalité de leiu*s passions y avait conduits.

Or, sur ce nombre, 13 y subissaient effectivement leur peine pour viol, et les 9 autres étaient signalés comme dangereux pour les mœurs !

A lappui de ce résultat constaté, le docteur Lauvergne, médecin en chef du bagne de Toulon, cite les deux faits suivants, dans son livre des Forçats : « Un familier des lieux de prostitution, homme satyre s'il en fut jamais, adonné à toutes les aberrations de rimpudicité, reçoit, un jour, dans une rixe violente, un vigoiu*eux coup de bâton sur la nuque. Dès ce moment, ses vices de lubricité cessent sans retour.

» Une dame, très-portée aux plaisirs des sens, femme à nuque large et soumise à une fluxion cérébelleuse, fit une chute. La commotion violente qu'elle éprouva dans la région du cervelet, changea tout son être; eUe devint insensible comme im marbre, et f. conserva une répugnance prononcée pour des jouisances qu'elle recherchait auparavant avec passion. »

Dans la clinique chirurgicale des hôpitaux , les temples de ce genre ne sont pas rares. Interrogez

chirurgien d'un hôpital miUtaire, il vous montrera îs hommes jeunes, robustes, bien constitués n'ayant

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