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pathogènes, dont rien n'entrave plus le pullulement. La santé est l'état de vigilance étendu au plus grand nombre d'organes possible. Elle est donc héréditaire, comme la plupart des diathèses, et dépend d'un état d'équilibre dans le domaine des personimages et de leurs prolongements.
Il n'est pour ainsi dire aucune maladie, si redoutable soit elle, qui n'offre des exemples d'arrêt, de régression, de guérison spontanée. La médecine officielle explique ces cas, en les qualifiant de bénins, ce qui est répondre à la question par la question. On connaît des tabès bénins, des sarcomes bénins, des tuberculoses et des syphilis bénignes, des diabètes bénins, etc.. Je crois plutôt qu'il s'agit là de véritables réveils organiques et fonctionnels, dépendant eux-mêmes de réveils mentaux, dans le domaine des personimages. On sait déjà que la volonté de guérir est pour beaucoup dans ces guérisons, cette volonté qui décroît en général à mesure qu'avance la maladie chronique, de telle façon que la mort coïncide avec un abandon total de l'être par le soi.
Malheureusement ces états de volonté de guérir, aboutissant à la guérison, n'ont pas été méthodiquement observés par leurs bénéficiaires, tout occupés qu'ils étaient à leur lutte intérieure. Ils ont réagi empiriquement, non méthodiquement; et aucun d'eux, à ma connaissance, n'a laissé un résumé psychologique de ses efforts mentaux ou moraux et de leur technique. Ajoutez à cela cette pudeur spéciale, professionnelle, qui fait que les médecins
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répugnent à épiloguer sur leurs propres maux. Or, pour que Tauto-observation de guérison eût quelque valeur, il faudrait qu'elle fût Tœuvre, soit d'un grand psychologue, soit d'un savant médecin.
De même qu'il y a un rythme de la mémoire héréditaire et de la mémoire personnelle, il y a un rythme de l'omission, un rythme de l'oubli et de l'amnésie, et un rythme des réveils ou reviviscences. Ce rythme héréditaire est dans l'homme comme une inclusion transformée du rythme universel. Partagé en une infinité de courants qui n'ont pas la même longueur d'onde, il n'est pas toujours immédiatement s^isissable. La nuit de certaines parties de l'esprit ou du corps humain ne succède pas à leur jour avec la régularité de la vie astrale. On peut cependant les comparer.
C'est ainsi que plus une science avance, plus ses sommets deviennent difficilement accessibles, même à une élite, plus elle est par conséquent fragile et sujette à Toubli. Les hautes mathématiques en sont un exemple, ainsi que les conceptions les plus élevées de la chimie moderne. Alors que la physiologie et la bactériologie ont fait des pas de géant avec Claude Bernard et Pasteur, pendant la seconde moitié du xix* siècle, la psychologie est demeurée rudimentaire, entre un idéologisme enfantin et un matérialisme absurde. L'examen macroscopique des organes par l'autopsie (partie si importante de la science médicale et qui a mené Bichat sur le plus haut promontoire) a cédé à l'examen microscopique
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liers, sans intervention, au moins sensible, de notre volonté personnelle. La lumière du soi n'agit plus que très faiblement sur ces prolongements organiques, somatiques, fonctionnels des hérédosphères. Tout le problème de la guérison, en cas d'altération de ces organes, consiste à renforcer cette faible lumière. Le passage de l'état d'oubli à l'état de mémoire exige déjà un effort, une contention, qui peuvent atteindre à l'angoisse et au vertige. Il en est ainsi, par exemple, dans un examen, quand une question précise, posée au candidat, sollicite une réponse immédiate, et quand le candidat u cherche dans sa tête », avec la peur d'un zéro pointé. Tout le monde connaît les idées folles, débris d'images et approximations, ou au contraire figures aberrantes, qui vous passent alors par l'esprit, cependant que quelque chose en nous (qui est le soi) poursuit fiévreusement son enquête. Ce malaise spécial, accompagné de satisfaction, quand l'oubli cesse, quand le terme cherché, ou la date,' ou la formule, ou le fait sortent de l'ombre et émergent en pleine lumière, ce malaise est profond et ressenti par tout l'organisme. Il va jusqu'à activer les sécrétions.
Le procédé de l'esprit (région du soi) pour sortir de l'oubli, consiste à mettre en mouvement et en lumière toute une hérédofigure, ou tout un ensemble d'hérédofigures (dans le cas de recherche d'une abstraction). Cela jusqu'au moment où le pinceau lumineux frappera l'objet de mémoire recherché. La giration est ici très sensible, comparable à celle d'une
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mappemonde devant un observateur qui, pour retrouver l'Amérique, passerait, en la taisant tourner, par l'Afrique, par l'Europe, par l'Asie. C'est ainsi que le détour d'un détail insignifiant nous amëno parfois à Fessentiel, qui nous échappait depuis longtemps. La recherche d'un mot déterminé se poursuit à travers ses synonymes, celle d'un nom à travers d'autres noms ou à travers des circonstances auxquelles ce nom fut mêlé, etc..
Or, la découverte scientifique succède à la recherche d'une loi, laquelle préexistait dans la nature, et par conséquent aussi dans Tesprit (mémoire héréditaire). Elle est donc un phénomène de cessation de cet oubli, qui n'est lui-même qu'un chapitre individuel de l'ignorance ; et souvent un petit fait, insignifiant en apparence, met le savant sur la voie de la découverte, par le même procédé giratoire que celui de la mnémotechnie. Le savant retrouve une loi de la nature, à peu près comme le jeune enfant retrouve la marche, ou le langage, en stimulant la mémoire héréditaire à l'aide de la mémoire personnelle. Mais, après une période d'excitation, d'admiration, de contestations, d'émulation, d'applications diverses, cette loi retombe à son tour dans l'oubli et dans la gravitation ténébreuse, jusqu'au moment où elle reparaîtra, grâce à un soi puissamment projecteur et actif, sous une forme quelquefois nouvelle.
Nihil innovatur, nisi quod traditum est,
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Irûduction litte^ralo : toute découverte préexistait dans la mémoire héréditaire transmise (traditum).
Scientifique ou poétique, il y a une transe dans la découverte, transe qui tient à l'ébranlement des prolongements organiques des hérédofigures. Cette transe n'est pas sans analogie avec l'euphorie de la copulation d'une part, de l'autre avec cette ultime satisfaction, éprouvée par certains moribonds, et que l'on appelle populairement u le mieux de la mort ».
Le passage de l'état d'amnésie partielle à l'état de mémoire est comparable au réveil du sommeil sans rêves, à la guérison de la paralysie et de l'aphasie. L'intervention de la volonté semble y être pour peu de chose, en raison même de l'en ténèbrement général de l'esprit. Cependant cette volonté, jamais éteinte, continue à veiller dans ses limbes, et c'est un de ses pinceaux lumineux, promené par le rythme intérieur du soi, qui vient tout à coup chasser les ombres et éclairer Thérédofigure qu'on pouvait croire à. jamais disparue.