‹ Le monde des prisonsChapitre 155 sur 171 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

camarades n'avaient rien dans le ventre, qu'à eux la soupe était déjà dans les talons. »

On sert la nourriture dans des gamelles pareilles à celles en usage dans les prisons.

L'expérience a amené des réformes nécessaires. En visitant l'atelier, nous avions remarqué dans une rentrée de mur, comme la trace d'un autel et une fenêtre décorée de vitraux. Autrefois, un prêtre venait célébrer la messe dans l'asile même. On ne fut pas longtemps à en reconnaître les inconvénients. Un libéré, pour se faire bien voir des administrateurs et récolter quelques gratifications, avait demandé à faire sa première communion le jour de Pâques ; ce fut un événement qui se changea en fête ; les réjouissances terminées, le catéchumène avoua que c'était la neuvième fois quïl faisait sa première communion.

Où se placent les libérés de la rue de la Cavalerie?

Deux compagnies surtout les recueillent : celle des omnibus, pour faire les relais, conduire les chevaux de flèche qui attendent les voitures aux coins des rues montantes, et celle du nettoyage des devantures. Ces loqueteux, qu'on rencontre, porteurs d'une échelle et d'un seau et qui lavent les carreaux des boutiques, sont, pour la plupart, d'anciens pensionnaires du père Vincent ; ils sortent de l'asile avec des vêtements, du linge, que le vestiaire, approvisionné par la charité publique, leur donne, et des lettres de recommandation.

L'existence de la Société est portée à la connaissance des condamnés par des imprimés, affichés dans les prisons et par des cartes d'un format commode

qu'il est loisible au directeur, à l'aumônier, aux gardiens de leur distribuer :

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