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TROISIÈME PARTIE

interdit aux mêmes individus de venir faire plusieurs stages renouvelés de quinze jours.

Ce refuge rendrait plus de services si les ressources étaient moins modiques et si les libérés ne le prenaient pas comme une annexe de la prison.

Celui que la Société a établi 49, rue de Lourmel, pour les femmes, est mieux compris, plus fréquenté et donne des résultats consolants.

La société protestante a fondé un refuge pour ses coreligionnaires, 26, rue Glavel.

La société israélite, un autre, 14, rue des Rosiers.

L'asile pour les jeunes détenus est rue Mézières.

Il existe actuellement en France soixante sociétés de patronage, tant pour les détenus adultes que pour les jeunes détenus et les jeunes libérés ; onze sont en voie de formation.

Le promoteur et le soutien le plus ferme de cette œuvre est M. le sénateur Bérenger (de la Drôme), dont le zèle pour l'amélioration des détenus et des libérés est aussi infatigable qu'intelligent. C'est d'ailleurs un vieux patrimoine de famille qu'a . recueilli M. Bérenger. En donnant à ces déshérités de la société, son temps, sa fortune, son talent, M. Bérenger ne fait que suivre les traces de son père, ancien président à la cour de cassation sous le règne de Louis- Philippe.

M. Bérenger est secondé dans ses efforts par M. Rewel-Lafontaine, un fonctionnaire du ministère de l'intérieur, dont tous les libérés connaissent le nom et que ne rebutent ni les mécomptes, ni les insuccès, ni l'ingratitude de certains clients qui, après avoir usé le seuil de sa porte, s'empressent de l'oublier.

Un autre asile, celai de Saint-Léonard, a été fondé en 4865, à Couzon, près de Lyon.

Dès l'origine, il fut ouvert aux libérés adultes soumis à la surveillance, ceux qui se voient le plus impitoyablement repoussés des ateliers.

Ce fut une société laïque, dite des Hospitaliers de la ville de Lyon qui l'ouvrit sous la présidence deM. Blanc- Saint-Hilaire.

Cette société des Hospitaliers s'occupait déjà au siècle dernier du sort des prisonniers en les visitant pendant leur détention. La fondation fut mise sous le vocable de saint Léonard, parce que ce personnage, officier de la cour de Glovis, s'était particulièrement occupé des prisonniers durant le vi e siècle, au pays de Limoges, où, après s'être retiré, il les employait à défricher les bois.

La fondation de Saint-Léonard fut primitivement établie dans un local très restreint, mais pittoresque, acheté 7,500 fr. à la compagnie P.-L.-M. On y réunit quelques libérés des prisons du Rhône. La fondation s'annexa quelques hectares de terrain dus à la bienfaisance de plusieurs particuliers; diverses industries, le jardinage, la culture de la vigne, vinrent à son aide; et, comme rien ne plaide en faveur d'une innovation comme le succès, l'effroi qu'elle avait causé dans le pays se dissipa bientôt ; les réfugiés furent même employés aux travaux du village. Le conseil général vota à l'œuvre une subvention de 500 fr., qui lui a été retirée en 1874; l'État lui donna une existence légale en la reconnaissant d'utilité publique par un décret du 16 mai 1868 et lui accorda quelques secours.

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