‹ Le monde des prisonsChapitre 159 sur 171 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

nard, on entend fréquemment les hommes dire : « Nos terres... nos vignes... nos vaches. »

Ayant eu à recommander un de mes clients au directeur, l'abbé Villion* il me fît répondre :

« Monsieur l'aumônier,

« Gomme nous n'avons pas fait imprimer de compte-rendu pour Tannée 1882, et que celui de 1883 n'est pas encore fait, je vous envoie trois exemplaires de 1881, afin que vous puissiez en remettre, si vous le jugez à propos, à des personnes de votre connaissance pouvant s'intéresser à l'œuvre de Saint- Léonard. Je joins un rapport sur l'œuvre présentée en 1878, à Paris, au moment de l'Exposition universelle, rapport qui a mérité à l'œuvre une mention honorable.

« M. l'abbé Villion, directeur de l'œuvre et fondateur, à qui j'ai fait part de votre lettre, me charge de vous dire qu'à l'heure actuelle, l'industrie de la cordonnerie clouée ayant repris tout à coup, vous pourrez nous envoyer toutes les demandes qui vous seront faites pour une admission à Saint-Léonard, parce qu'il nous sera possible, pendant quelque temps, d'admettre ceux qui rempliront toutes les conditions. A ces demandes, nous répondrons par une lettre définitive d'admission, si le sujet recommandé à été reconnu par vous apte à se faire au règlement et au travail de la maison. Nous les acceptons encore plus volontiers, s'ils sont cordonniers de profession. — Ils le savent si bien, qu'ils s'intitulent en

grande partie cordonniers, quoique n'ayant jamais fait ce métier.

« Je crois vous avoir transmis nos conditions d'admission, mais les plus importantes, au point de vue matériel, sont de ne pas être âgé de moins de vingtcinq ans, ni de plus de quarante-cinq ans, avoir une bonne santé qui permette de faire douze heures de travail par jour, ne pas être gaucher et avoir bonne vue. Aussi ne pourrions-nous accepter le nommé A... que vous nous proposez, si la faiblesse de sa vue l'empêchait de se livrer à un travail aussi minutieux que celui de la cordonnerie clouée.

« A part l'asile du Sauget (Isère), fondé par l'œuvre de Saint-Léonard, il n'y a pas d'autre maison de ce genre en France. Il y a bien à Bordeaux une espèce de refuge, mais pour les non-surveillét, tandis que les deux nôtres sont spécialement pour les surveillés. Notre œuvre a donc besoin de s'étendre, et il faudrait au moins une dizaine de refuges semblables dans notre pauvre France. Que de récidives on empêcherait ! Que de dégradations morales on arrêterait !

« Nous vous remercions de tout l'intérêt que vous portez à l'œuvre; vous ne faites que suivre en cela les traditions de votre vénérable prédécesseur et l'exemple de MM. les aumôniers des autres prisons de Paris.

« Un dernier mot sur A..., monsieur l'aumônier: qu'il ne prenne pas la direction de Gouzon, si sa vue est défectueuse. Dans le cas contraire, veuillez nous annoncer son arrivée et lui remettre une lettre à son départ, lettre qu'il nous remettra en arrivant et qui remplacera celle que nous envoyons en dernier lieu,

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