‹ Le monde-diable. Traduit de l'espagnolChapitre 18 sur 29 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

LES MÊMES ET LE CURÉ. Peu après six hommes de

MAUVAISE MINE ET DE MANIÈRES GROSSIÈRES. LE CURÉ, se frottant les mains.

Bonne nouvelle! nous voilà sortis d'un mauvais pas ! La lame lui est entrée dans le sein gauche, une ligne de plus et requiescat in pace.

ADAM, à part à la Salada

Je ne sais pourquoi la vue seule de ce crapaud m'irrite.

LA SALADA.

Fuyons Adam ! (à part) Et moi qui vivais tranquille!

LE CURÉ, d'un ton badin.

Vive Dieu, monsieur Adam, vous avez là une fille qui sait selon l'occasion donner la vie ou la mort à un chrolion, on peut dire à la lettre qu'elle est bonne à tout faire. Vivent tes yeux, princesse, ils tuent aussi bien que tes mains!

ADAM, avec i»ipatlence.

Allons en voilà assez! que nous voulez- vouf?

LE CURÉ

Si ma visite vous dérange, je m'en irai : je comprends qu'on s'amuse en têtc-à-tùte, en tout bien, tout honneur : le diable m'emporte de vous avoir interrompus Allons je supposais qu'il y avait du

temps pour tout... d'ailleurs notre affaire est pressée

et les autres vont arriver au rendez-vous On m'a

dit que vous êtes aussi de la partie.... Et voilà.... Mademoiselle, qui me connaît depuis longtemps, sait que je ne suis pas un trouble-fète : j \mais je n'ai mis

de bâtons dans ses roues que chacun s'arrange et

vive à sa moJe c'est ma devise. N'cst-il pas vrai, Mademoiselle Salada ?

LA SALADA, à part.

J'enrage de l'écouter.

LE CURÉ

L'autre histoire ne doit pas vous donner d'inquiétude : notre homme sera mort à l'heure qu'il est , et comme dame Justice ignore qui l'a envoyé ad patres, et l'ignorera toujours, l'affaire on restera là. Il faudra se tenir coi pendant quelques jours, etattendreqiie Dieu nous envoie des temps meilleurs. Voilà tout! Vive la joie et le pain à deux sous, ma charmante ! (à VoreiUc de la Salada avec une intention malicieuse.) Une question : qu'avez-vous fait prendre à ce garçon, qu'il me parait tout chose?

LA SALADA , avec humeur.

Ecoutez, monsieur le curé, gagnez le large, car vous m'ennuyez.

Entrent les six individus dont il a été question.

LE PREMIER

La paix soit avec vous, messieurs.

Les uns s'asseyent, les autres restent debout, plusieurs {ont des cigarettes.

LE CURÉ

Voilà nos hommes réunis.

Il donne un coup de sifflet et met la tète à ta fenêtre, un

jeune garçon s'approche. Pupas, tu connais le mot d'ordre, court à ton poste et l'œil au guet.

Page 1