LA SAL.\DA
Tu supposes que cette femme doit être belle. Et tu crois que moi, qui lo suppose aussi, je te laisserai
aller ? Ah ! tu oublies que je t'aime et tu songes à chercher le bonheur loin de moi, dans les bras d'une autre ? Tu veux laisser là, tu veux abandonner dans ton mépris la fille du voleur pour la fière comtesse qui se pavane dans son carrosse? C'est du délire. Oui, tu t'es dit : c'est une femme perdue; puisqu'elle est née dans la fange, qu'elle y reste pour y pleurer !
Tu as oublié mon amour, mes caresses, mon délire
{avec tendresse et les larmes aux yeux.) Ingrat, sans toi^ sans ton amour^ la vie m'est à charge, je n'ai que toi; je n'aime que toi. Oh! je t'en prie à genoux, mon Adam, ne va pas , ta pauvre Salada t'en supplie, ne va pas!... Par pitié, mon Adam, mon âme, ne va pas! Mon cœur me dit qu'il nous arrivera quelque malheur... ne va pas ! Ne feras-tu pas ce que jeté demande?
ADAM
No pas aller? Salada, ne pas aller quand la fortune me convie et qu'elle me promet de réaliser mes rêves, de faire des vérités des délires de mon imagination? Ne pas aller, ne pas aller, moi? Tu déraisonnes.
LE PREMIER
Mais dis donc, veux-tu faire une poule mouillée de ton amoureux ?