BILLET
Le jour s*en va finir, et vous chassez encore ;
Revenez , aimable Finfin.
Vous êtes parti ce matin
Avant le lever de Taurore.
Quelle absence! bon Dieu! n*a-t-elle point de fin?
ce Voilà comme l'on faisait quand j*étais dans le monde , continua la bonne femme. Qui en a tant appris à Lirette dans ce désert? Comment ferai-je pour couper de bonne heure la racine d'un mal si pernicieux?
— Eh ! Madame, de quoi vous inquiétez-vous? lui dit alors la perdrix; laissez-les faire, ceux qui les conduisent en savent plus que vous. y>
La bonne femme demeura toute interdite ; elle comprit bien que la perdrix parlait par la force d'un art surnaturel. Les billets lui tombèrent des mains de frayeur ; le faon et la perdrix les ramassèrent, l'un courut et l'autre vola, et la perdrix lui chanta si souvent Tu-iUy qu'elle crut que cette puissante fée la faisait parler. Elle se remit un peu après cette réflexion; et n'ayant pas la force d'achever son petit voyage, elle reprit le chemin de la maison des roses.
Cependant Finfin et Mirtis avaient chassé tout le long du
jour, el, étant las, ils avaient posé leur gibier à terre et s'étaient couchés sous un arbre pour se reposer; ils s'endormirent.
Le fils du roi chassait aussi ce jour- là dans cette forêt; il s'écarta de ses gens, et vint dans Fendroit où se reposaient nos deux jeunes bergers : il les considéra qlielque temps avec admiration. Finfin avait la tête appuyée sur sa trousse et Mirtis avait la sienne sur Testomac de Finfin.
Le prince la trouva si belle , qu'il descendit précipitamment de cheval et la regardait avec une grande attention. Il jugea, à leurs panetières et à la simplicité de leurs habits, que ce n'étaient que des bergers : il en soupira de douleur, parce qu'il avait déjà soupiré d'amour : cet amour même fut suivi, dans un instant, de la jalousie. La manière dont ces jeunes gens étaient lui fit croire qu'une telle familiarité ne venait que de l'amour qui les unissait.
Dans cette pensée inquiète, ne pouvant souffrir un sommeil trop long, il toucha de son épieulebeau Finfin; Il se réveilla en sursaut, et, voyant un homme devant lui, il porta la main sur le visage de Mirtis et l'éveilla aussi, en l'appelant sa sœur ; parole qui rassura, dans le même moment, le jeune prince.
Mirtis se leva toute étonnée ; elle n'avait jamais vu que Finfin. Le jeune prince était du même âge qu'elle. Il était superbement vêtu, il avait un visage tout rempli d'agréments. 11 lui dit d'abord bien des douceurs; elle les entendit avec un plaisir qu'elle n'avait pas encore senti; et elle y répondit d'une manière naïve, pleine de grâce. Finfin voyait qu'il se faisait tard, et le faon était venu lui apporter son billet; il dit à. sa sœur qu'il fallait se retirer.
a Venez, mon frère, dit-elle au jeune prince, en lui
tendant la main» venez avec nous dans la maison des roses. »
Comme elle croyait Finfin son frère, elle pensait que tout ce qui était joli comme lui le devait être aussi.
Le jeune prince ne se fit pas prier pour la suivre. Fin6n chargea le dos de son faon de la chasse qu'il avait faite, et le beau prince porta l'arc et la trousse de Mirtis.
En cet état, ils arrivèrent à la maison des roses. Lirette fut au-devant d'eux; elle fit un accueil riant au prince, et se tournant vers Mirtis : a Je suis bien aise, lui dit-elle, que vous ayez fait une si belle chasse, d Ils furent tous ensemble trouver la bonne femme, à qui le prince fit savoir sa naissance. Elle eut grand soin d'un hôte si illustre, elle lui donna un beau logement.
Il demeura ainsi deux ou trois jours avec elle, et ce fut assez pour achever de s'enflammer pour Mirtis , selon que Finfln l'avait demandé à sa petite amande.
Cependant les gens du prince avaient été bien étonnés de ne le point voir. Ils avaient trouvé son cheval, et ils craignaient que quelque accident funeste ne lui fût amvé. On le cherchait partout, et le méchant roi qui était son père était dans une grande fureur de ce qu'on ne le trouvait point. La reine sa mère, qui étaU vertueuse, et sœur du roi qu'il avait fait cruellement mourir, était dans une douleur inconcevable de la perte de son fils.
Dans son extrême affliction y elle envoya chercher secrètement madame Tu-tu , qui était son ancienne amie , mais qu'il y avait longtemps qu'elle n'avait vue, parce que le roi la haïssait, et lui avait fait de sanglantes pièces en une personne aimée. Madame Tu-tu se rendit, sans qu'on l'aperçût.
dans le cabinet de la reine. Après qu'elles se forent bien em* brassées, car il n'y a pas une grande différence d'une fée a une reine, ayant presque le même pouvoir, la fée Tn-tu lui dit qu'elle verrait bientôt son fils , qu'elle la priait de ne point s'inquiéter et de ne prendre aucun chagrin de ce qu'elle verrait arriver; qu'elle serait bien trompée, ou qu'elle lui promettait une joie à laquelle elle ne s'attendait pas, et qu'elle serait un jour la plus heureuse de toutes les créatures/
Les gens du roi s'enqùirent tant du prince et le cherchèrent avec tant de soin, qu'étant arrivés à la maison des roses, ils le trouvèrent.
Us le ramenèrent au roi, qui le gronda brutalement, comme s'il n'eût pas été le plus joli garçon du monde. Il vivait triste auprès de son père, pensant à la belle Mirtis. Enfin son chagrin parut si fort sur son visage, qu'il fut obligé d'en faire confidence àja reine sa mère^ qui le consolait extrêmement. « Si vous vouliez monter sur votre belle haquenée, lui disait-il, et venir à la maison des roses, vous seriez charmée de ce que vous y verriez. » La reine y consentit volontiers; elle y mena son fils, qui fut ravi de revoir sa chère maîtresse.
La reine fut étonnée de sa grande beauté, de celle de Lirette et de Finfin. Elle les embrassa ayec autant de tendresse que s'ils eussent tous été ses enfants, et conçut dès ce moment même une grande amitié pour la bonne femme.
Elle admira la maison , le jardin , toutes les singularités qu'elle y vit. Quand elle fut retournée, le roi voulut qu'elle lui rendit compte de son voyage : elle le fit naturellement. Il lui prit une forte envie d'aller voir aussi tant de merveilles. Son fils lui demanda la permission de l'accompagner; il y consentit d'un air bourru, parce qu'il ne faisait jamais
rien de bonne grâce. D'abord qu'il vit la maison des roses, il la convoita; il ne prit pas seulement garde aux charmants habitants de ces beaux lieux ; et pour commencer à s'en emparer, il dit qu'il y voulait coucher ce soir-là.
La bonne femme fut très fâchée d'une telle résolution. Elle entendit un tintamarre , et vit un désordre chez elle qui l'effraya. « Qu'allez-vous devenir, s'écria-t-elle, heureuse tranquillité que je goûtais? Le moindre air de fortune renverse tout le calme de la vie. j>
Elle donna au roi un lit excellent et se retira en un coin du logis, avec sa petite famille. Quand le méchant roi fut couché, il lui fut impossible de dormir, et ouvrant les yeux, il vit au pied de son lit une petite vieille qui n'était pas plus haute que le coude et qui était aussi large; elle avait de grandes lunettes qui couvraient tout son visage, elle lui faisait des grimaces effroyables. Les lâches sont sujets à la peur; il en eut une épouvantable et il sentit en même temps mille pointes d'aiguilles qui le perçaient de toutes parts. Dans un si grand tourment de corps et d'esprit, il fut éveillé toute la nuit; et l'on fit un bruit étrange. Le roi tempêtait et disait des paroles qui n'étaient point du tout bienséantes à sa dignité, ce Dormez, dormez. Sire, lui dit la perdrix, ou laissez-nous dormir. Si l'état de la royauté est rempli de tant d'inquiétudes , j'aime encore mieux être perdrix que d'être rei. » Ce prince acheva de s'épouvanter à ces paroles ; il commanda qu'on prit la perdrix qui se reposait dans une jatte de porcelaine ; mais elle s'enfuit à cetordre et s'envola en lui battant des ailes sur le visage.
Il avait toujours la même vision , et il sentait les mêmes piqûres ; il était fort effrayé, sa colère en devint plus furieuse.
a Ah ! dit-il, c'est un charme de cette sorcière qu'on appelle la bonne femme ; il faut que je me délivre d^elle et de toute sa race, et que je la fasse mourir. >
Il se leva y ne pouvant demeurer dans son lit, et dès que le jour parut, il commanda à ses gendarmes de prendre toute rinnocente petite famille^ et de la conduire dans des cachots. Il se les fit amener devant lui^ pour être témoin de leur désespoir. Les charmants visages, qui étaient tout arrosés de pleurs, ne le touchaient point, au contraire, il en avait une maligne joie.
Son (Ils, dont le tendre cœur était déchiré par un spectacle si sensible, ne pouvait tourner les yeux sur Mirtis, sans ressentir une douleur à laquelle rien n'était comparable.
Un véritable amant, dans ces occasions, souffre encore plus que la personne aimée.
On prit ces pauvres innocents, et on les emmenait déjà, quand le jeune Finfin, qui n'avait point d'armes pour opposer à ces barbares, prit tout d'un coup le cordon de son col.
a Petite amande, s'écria-t-il, je voudrais que nous pussions être hors de la puissance du roi.
— Avec ses plus grands ennemis , ma chère cerise, continua Lirette.
— Et que nous emmenions le beau prince, mon azerole, » poursuivit Mirtis.
Ils avaient à peine proféré ces paroles, qu'ils se trouvèrent tous dans un char avec le prince, la perdrix et le faon, et, s'élevant en Pair, ils eurent bientôt perdu de vue le roi et la maison des roses. Dès que Mirtis eut fait son souhait, elle s'en repentit ; elle connut bien qu'elle s'était laissé inconsidérément emporter à un premier mouvement dont elle n'a-
A ait pas été la maîtresse ; aussi, pendant toute la route, elle tint les yeux baissés, et elle eut une grande honte. La bonne femme lui jeta un coup d*œil sévère.
« Ma fille, lui dit-elle, vous n'avez pas bien fait de séparer le prince de son père; quelque injuste quMl soit, il ne doit point le quitter.
— Ah ! Madame^ lui répondit le prince , ne trouvez pas mauvais que j*aie la douceur de vous suivre; je respecte le roi mon père : mais je m'en serais cent fois allé sans la vertu, la bonté et la tendresse de la reine ma mère, qui m'ont toujours retenu. »
En achevant ces paroles, ils se trouvèrent devant un beau palais, où étant descendus, madame Tu-tu vint au-devant . d'eux. C'était la plus jolie personne du monde, jeune, vive, gaie. Elle leur fit cent honnêtetés et leur avoua que c'était elle qui leur avait fait tous les plaisirs qu'ils avaient eus dans leur vie , et qui leur avait donné de même la cerisey Vazerole et Vamandey dont la vertu était finie, puisqu'elle les avait auprès d'elle.
S*adressan( particulièrement au prince, elle lui dit qu'elle avait entendu parler mille fois des déplaisirs que son père lui avait faits, qu'elle l'avertissait d'avance qu'il ne l'accqsât pas du mal qui lui pourrait arriver; qu'à la vérité elle lui faisait bien quelques malices , mais que c'était là tout au plus où pouvait aller sa vengeance.
Après cela, elle les assura qu'ils seraient tous très heureux chez elle; qu'ils auraient des troupeaux à garder, des houlettes, des arcs, des flèches et des lignes; qu'ils se divertiraient à cent plaisirs différents. Elle leur donna des habits de bergers d'une gentillesse infinie, et au prince comme aux
autres : leurs noms et leurs devises étaient sur leurs houlettes. Dès le soir même, le jeune prinoe changea la sienne avec celle de Taimable Mirtis.
Le lendemain , madame Tu-tu les mena dans les plus charmantes promenades du monde, et leur montra de bons pâturages pour leurs moutons et un beau pays pour la chasse.
a Vous pouvez, leur dit-elle, aller de ce côté jusqu'à cette belle rivière ; n'allez jamais jusqu'à l'autre bord et de ce côtélà; chassez dans les bois : mais prenez garde, continuat-elle, de passer un grand chêne qui est au milieu de la forêt; il est fort remarquable, parce qu'il a les racines et le tronc de fer. Si vous allez plus avant, il pourrait vous arriver des malheurs dont je ne saurais vous garantir; et après cela, je ne serais peut-être pasi en état de vous secourir promptement , car une fée a bien de l'occupation. »
Cesjeunes bergers l'assurèrent qu'ils feraient exactement ce qu'elle leur prescrivait; et se mettant à conduire leur troupeau tous quatre, madame Tu-tu demeura avec la bonne femme. Elle remarqua quelque inquiétude dans son air :
ce Qu'avez- vous, Madame?* lui dit-elle; quel nuage s'élève dans votre esprit?
— Je ne vous nierai point, reprit la bonne femme, que j'ai de la peine de les laisser ainsi tous ensemble. Il y a quelque temps que je vois avec chagrin que Finfin et Lirette s'aiment peut-être plus que de raison ; et voici , pour m'accabler, une autre amitié qui se forme : le prince et Mirtis ne se haïssent pas; je crains d'abandonner leur jeunesse à l'égarement de leur cœur.
— Vous avez si bien élevé ces deux jeunes filles, repli-
qua madame Tu-tu, que vous ne devez rien craindre; je réponds de leur sagesse : je vais vous éclaircir de leur destin. »
Elle lui apprit que Finfin était fils du méchant roi , et frère du prince ; que Mirtis et Lirette étaient sœurs et filles du défunt roi qu'il avait fait mourir, frère de la reine sa femme et que ce cruel roi avait épousée, qu^ainsi ils étaient fort proches parents; que ce méchant roi^ étant monté sur le trône, après avoir commis mille horreurs, les voulut combler en faisant mourir ces deux petites princesses ; que la veuve fit tout ce qu'elle put pour l'en empêcher, et que n'y pouvant réussir, elle l'avait appelée à son secours; qu'alors elle avait dit à la reine qu'elle les sauverait, mais qu'elle ne le pouvait faire à moins qu'elle ne prit aussi son fils aîné, qu'elle lui répondait qu'elle le reverrait un jour heureux ; qu'à ces conditions la reine avait consenti à une séparation qui lui paraissait d'abord dure ; qu'elle les avait tous trois enlevés et les avait voulu confier à ses soins comme à la personne la plus digne d'un tel emploi. Après cela , la fée la pria de se mettre en repos, l'assurant que l'union de ces jeunes princes rendrait la paix à tout le royaume , où Finfin régnerait avec Lisette.
La bonne femme écouta tout ce discours avec une grande admiration, mais ce ne fut pas sans laisser tomber quelques larmes. Madame Tu-tu en fut surprise, et en demanda le sujet.
« Hélas! dit-elle, je crois qu'ils vont perdre leur innocence par cette grandeur à laquelle ils vont être élevés, et qu'une fortune si éclatante va corrompre toute leur vertu.
— Non , reprit la fée, ne craignez point un si grand mal-
heur^ vous leur avez donné de trop bons principes ; on peut être roi et honnête homme. Vous savez qu'il en est un dans Tuniversy qui est le modèle des parfaits monarques; ainsi calmez votre esprit : je vais être avec vous autant qu'il me sera possible ; j'espère que vous serez sans ennuis. »
La bonne femme la crut, et au bout de quelque temps elle sentit une grande satisfaction. Les jeunes bergers se trouvaient aussi si contents, qu'ils ne désiraient que la continuation d'une fortune si agréable. Leurs plaisirs, quoique tranquilles, ne laissaient pas d'être vifs ; ils se voyaient tous les jours, et les jours leur semblaient encore trop courts.
Le mauvais roi apprit qu'ils étaient chez madame Tu-tu ; mais tout son pouvoir ne les en pouvait pas ôter. Il savait toutes les dispositions de ses charmes ; il vit bien qu'il ne les saurait avoir que par ruse; il n'avait pu habiter dans la maison des roses par les malices continuelles que madame Tu-tu lui faisait : il l'en haïssait plus, aussi bien que la bonne femme, et cette haine mêoie retombait jusque sur son fils.
Il employait toutes sortes de stratagèmes pour avoir en sa puissance quelqu'un de ces quatre jeunes bergers , mais son pouvoir et ses artifices ne s'étendaient pas sur les terres de madame Tu-tu.
Un jour malheureux (il en est de tels que Fon ne peut éviter), ces aimables bergers avaient porté leurs pas du côté du chêne fatal : la belle Lirette aperçut sur un arbre, à vingt pas de là, un oiseau d'un si rare plumage qu'elle eut tiré plus tôt sa flèche qu'elle n'y eut pensé, et, voyant l'oiseau mort, elle courut pour le prendre. Tout cela se fit promptement et sans réflexion, de sorte que la pauvre Lirette se livra à sa
perte et se trouva prise elle-même, car il lui fut impossible de s'en retourner; elle n'avait qu'une volonté impuissante. Elle reconnut sa faute, et tout ce qu'elle put faire fut de tendre les bras pitoyablement à ses frères et à sa sœur. Mirtis se mita pleurer, et Finfin, sans hésiter, courut à elle.
« Je veux me perdre avec vous, » s'écria-t-il ; et dans un moment il l'eut jointe.
Mirtis voulut les aller trouver, le beau prince' la retint :
« Allons avertir, madame Tu-tu, lui dit-il, c'est le plus grand secours que nous puissions leur donner. y>
En même temps, ils virent les gens du méchant roi qui les prirent : tout ce qu'ils purent faire, de part et d'autre, fut de se crier adieu.
Le roi avait fait mettre là ce bel oiseau par ses chasseurs pour servir de piège à ces bergers ; il s'était bien attendu à l'aventure qui arriva. On mena Lirette et Finfia devant ce cruel prince, il leur dit mille injures et les fit enfermer dans une obscure et forte prison : ce fut alors qu'ils regrettèrent bien que leur petite cerise et leur petite amande n'eussent plus de vertu. Le faon et la perdrix les furent trouver; mais le faon, ne pouvant les voir, jeta quelques larmes de douleur, et, voyant que le roi commandait qu'on le prît et qu'on l'écorchâttout vif, il se sauva à la course vers Mirtis : la perdrix fut plus heureuse ; elle les voyait tous les jours à travers la grille de leur prison ; par bonheur, le mauvais roi ne s'était pas avisé de les faire séparer. Quand on s'aime, c*est un plaisir de souffrir ensemble. La perdrix re volait tous les jours et allait dire de leurs nouvelles à madame Tu-tu, à la bonne femme et à Mirtis. Mirtis était très affligée et, sans le beau prince, elle aurait été inconsolable. Elle se résolut d'écrire
336 LE MONDE EKCHAKTE.
à ces pauvres captifs par la fidèle perdrix : elle lui pendit une petite bouteille d'encre au col avec du papier, et lui mit une plume au bec. La bonne perdrix, ainsi chargée, se rendit aux grilles de la prison : ce fut une grande joie à nos jeunes bergers de la revoir ; Finfin avança la main , et prit tout ce qu'elle avait, après quoi ils se mirent à lire :