LA FLOTTE
La flotte japonaise, commandée en chef par le viceamiral Togo, était ainsi répartie :
ESCADRE PRINCIPALE lTe division : contre-amiral Dewa.
Croiseurs 2e classe
Croiseurs cuirassés
ic,
Ch itose . . ,
asaqi . .
Takasaqo Yoshino .
Kassuga Nishin .
Dates
Vitesse
du
en
lancement.
Tonnage.
nœuds.
2e division : contre-amiral Kamimura.
Croiseurs cuirassés
Asama
Tokiwa
hvate
ftfl
Adzunia
3e division : contre-amiral Hashibi
Cui
Hatsuse . . .
Mikasa
Asahi
Shikishima Yashima . .
Fuji-Yama .
•4e division : contre-amiral Uriyn
Croiseurs 2e classe
Tchiyoda .
Naniwa . .
Niitaka. . .
Akaski. . . .
Takachjo, Suma . . . .
Asama . . .
/ Uriyu.
Division du contre-amiral Yamamoto.
Gardes-côtes
Hashidate . .
Itsikishimà .
Matsushima Sai-Yen . . .
Aviso Myako ,
n ., ( Akaqi .
Canonnières •; .
( C no liai
du
en
lancement.
Tonnage.
nœuds
/ Kataok
Division du contre-amiral Togo II.
Aviso Kaimon » » »
Canonnière .... Maya 1887 614 11
Les torpilleurs et contre-torpilleurs étaient groupés en quatorze escadrilles numérotées (1).
Au total, le Japon possédait à l'ouverture des hostilités :
Nombre et types des navires.
6 cuirassés
9 croiseurs cuirassés
6 gardes-côtes
14 croiseurs
8 avisos et 11 canonnières
19 contre-torpilleurs
69 torpilleurs (2)
Tonneaux.
Hommes
On peut résumer ainsi les opinions qu'avaient, avant la guerre, les Européens d'Extrême-Orient sur la valeur respective des troupes russo-japonaises :
Personne ne mettait en doute la bravoure des Japonais.
(1) V. op. cit., t. Ier, p. 103 et suivantes. .
(2) V. op. cit., t. I", p. 102.
Ceux qui connaissaient bien le pays nippon savaient qu'ils avaient un mépris absolu de la mort, non pas, comme on l'a dit, parce qu'ils ne tenaient pas à la vie; rien n'est plus inexact, car le Japonais aime l'existence; il apprécie la nature et sait en jouir (ses manifestations artistiques le prouvent) ; mais parce que son amour du pays nippon est si vrai et si intense que, quand il en sent la nécessité, il a l'admirable faculté de se sacrifier instantanément et totalement à la gloire du pays du Soleil-Levant.
Le sentiment de la considération très grande que méritait l'armée du mikado fut cbez moi tout particulier, car j'ai été l'un des rares civils qui, dans les derniers mois avant la guerre, ont pu fréquenter les milieux militaires nippons. J'ai reçu à Tokyo, du ministre de la guerre, le général Teraoutsi, et dans plusieurs autres villes du Japon, de la part d'officiers très connus, notamment du général Yamagoutchi (1), à Hiroschima, l'accueil le plus charmant, je dois même dire le plus cordial, et j'en ai conservé un vif et sympathique souvenir.
Or, ce qu'on voyait de l'armée japonaise donnait l'impression qu'elle était en parfaite condition. Les soldats se montraient absolument entraînés et disciplinés.
Le seul point d'interrogation que j'aie vu fréquemment poser par des techniciens d'Occident qui connaissaient les chefs nippons était de savoir si, dans une guerre avec une grande puissance européenne, le haut commandement japonais, qui n'avait, en somme, qu'une formation théorique d'école (la guerre contre la Chine ne comptait pas comme vraie formation), aurait sur le terrain le jugement et la décision qui seuls décident de la victoire.
Quant à la marine japonaise, ceux qui la voyaient de près étaient d'avis qu'elle était la meilleure du monde. Tous ceux qui la connaissaient étaient d'accord pour l'estimer,
(1) V. la note p. 363.
comme nombre et comme qualité d'équipages, infiniment supérieure à la marine russe.
En ce qui concerne les troupes de terre du tsar, une erreur générale fut commise. D'une part, les mieux renseignés étaient persuadés que les Nippons ne pourraient pas envoyer sur le continent plus de trois cent mille hommes au grand maximum ; d'autre part, on croyait que les Russes avaient déjà un chiffre presque équivalent en Mandchourie et que le débit du Transsibérien permettrait rapidement d'élever ce chiffre dans des proportions colossales.
On riait encore de la cavalerie nipponne, et on pensait qu'elle serait rapidement détruite par les terribles et magnifiques cosaques de réputation séculaire. On ne réfléchissait pas que la plus grande partie des opérations se déroulerait dans une région montagneuse où le rendement de la cavalerie serait singulièrement entravé. On était convaincu que les officiers russes avaient relevé de bonnes cartes du terrain mandchou. On ne soupçonnait pas, pour tout dire, l'incurie qui, dans tant de cas, contribua principalement à la défaite russe.
Mais si, du côté du commandement, des déceptions devaient se produire, l'appréciation favorable qu'on avait jadis du soldat russe s'est trouvée pleinement justifiée.