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LA PREMIÈRE ATTAQUE DE PORT-ARTHUR

(8-9 février 1904) (2)

Revenue sous Port-Arthur après une sortie d'essais et devant repartir le 9, l'escadre n'était pas rentrée dans le port intérieur, sauf toutefois les torpilleurs, qui pouvaient passer en tout temps.

Le 8 février, la flotte russe était donc mouillée sur trois lignes dans la rade extérieure, avec un seul éclaireur, Y Angara, transport armé; les navires étaient sous petite pression, en vue du départ du lendemain; pour le même motif, la majeure partie des équipages était à bord, sauf les officiers, a-t-on prétendu.

« Et cependant, ce jour-là même, le consul japonais à Tchéfou était venu chercher ses nationaux pour les rapatrier, ce qui signifiait bien quelque chose. Loin de le surveiller, les hauts fonctionnaires russes l'invitèrent à dîner et burent avec lui au maintien de la paix : il emmenait, sous le costume de domestique, un officier de marine japonaise qui put, en traversant au départ toute l'escadre russe, noter la position de ses navires.

« Pour la nuit, comme la lune brillait, on se contenta d'allumer un seul projecteur, celui de V Angara.

(1) Pour tout ce qui concerne les faits de la guerre, consulter la carte insérée p. 568.

(2) Voir Thiriaux, La Guerre russo-japonaise, t. Ier, passim, 26, 27, 28. Wesmaël-Charlier, Nainur, 1904.

« La lune fut-elle voilée de nuages ou bien les Japonais usèrent-ils réellement, comme on Ta prétendu, des signaux russes pour s'approcher impunément?... Toujours est-il qu'à onze heures et demie, trois explosions successives éclataient au beau milieu de l'escadre russe; les équipages, aussitôt sur pied, apercevaient quatre torpilleurs japonais achevant de décrire à toute vitesse une courbe à travers les lignes des vaisseaux. Les projecteurs s'allumèrent, toute l'artillerie légère fut mise en action, mais les torpilleurs disparurent dans la nuit, enfuis ou coulés?

«Toute cette action n'avait duré qu'une demi-heure, mais jusqu'à trois heures du matin l'on continua, croyant voir des torpilleurs partout, à tirer par intermittences.

« Dans cette brève surprise, la Russie perdait ses deux meilleures unités et un bon croiseur. Le Cesarevitch, torpillé à l'arrière, près du gouvernail, avait une cuirasse intérieure qui protégea ses cloisons étanches contre l'explosion. Il lui suffit de laisser remplir quelques-uns de ses compartiments avant pour empêcher son arrière de piquer, et, dès trois heures, il rentrait au port, gouvernant par ses machines. Le Retvisan, frappé à l'avant, portait une déchirure de trente pieds de long; l'eau pénétrait à flots. Heureusement, à marée basse, il toucha sur un bas-fond au pied du Golden Hill, près de l'entrée du goulet. Dans cette position, il ne donnait presque pas de bande et conservait assez de stabilité pour tirer. Mais on ne réussit à le sortir de cette position fâcheuse que le 7 mars; on aveugla la voie d'eau provisoirement et on le souleva entre deux navires marchands coulés à ses côtés, puis renfloués au moyen de leurs pompes. Le Pallada, bien qu'au fond le plus maltraité (il avait été frappé en plein centre d'une torpille qui détermina l'explosion d'une chaudière), fut assez facilement rentré, grâce à son faible tonnage.

« En hommes, les Russes ne perdaient que sept tués et huit blessés presque tous du Pallada; les Japonais

avouaient quatre tués et trente-quatre blessés, aucune perte de navires. »

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