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LE PASSAGE DU YALOU

Kialientze sont occupés. Le 28 est consacré à un long duel

(1) D'après le croquis de L. Tuiriaux, La Guerre russo-japonaise. — Wesmael-Gharlier, Namur, 1904.

d'artillerie. Le 29, à la pointe du jour, le passage de toute l'armée est entrepris. Le mouvement réussit grâce au feu puissant dune batterie de douze centimètres installée au sud de Wijou. Les ponts japonais sont bien plusieurs fois fort endommagés par les obus russes, mais les Nippons arrivent cependant à progresser. Le soir du 30 toute la Ire armée n'est plus séparée des positions russes que par des eaux guéables.

Le 1er mai, à cinq heures du matin, vingt-trois batteries japonaises bombardent violemment le centre russe. Le feu russe s'éteint à sept heures. Kuroki ordonne sans tarder le passage en masse. A huit heures un quart, une brigade de la garde réussit à s'installer sur le plateau de Makao. Vers midi, les Nippons tournent la gauche des Russes. Pour ces derniers, la retraite devient urgente. Pendant deux heures, trois bataillons et trois batteries russes tiennent tête à trois divisions japonaises, mais, à quatre heures, il apparaît nettement que la retraite va être coupée. Les Russes se forment en colonne, le pope Sherbatovsky en tête portant la croix. Tous se ruent à la baïonnette et ne parviennent à passer qu'au prix de pertes énormes. La retraite russe sur Feng- Hoang-Tcheng est des plus pénibles.

L'effet moral de la bataille de Kialientze fut désastreux pour les Russes et excellent pour les Japonais. Il n'empêche que huit mille neuf cents Russes avaient lutté contre quarante-cinq mille Nippons. Les soldats du tsar firent preuve d'une bravoure admirable. La responsabilité de leur défaite incombe entièrement au commandant, qui s'entêta à défendre une position qui, avec les moyens à sa disposition, n'était pas raisonnablement défendable.

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