‹ Le monde merveilleux des insectesChapitre 46 sur 50 · LA PROCESSION · texte numérisé non relu

LA PROCESSION

Les moutons du marchand Dindenaut suivaient celui que Panurge avait malicieusement jeté à la mer, et l'un après l'autre se précipitaient, car, dit Rabelais, « le naturel du mouton, le plus sot et inepte animal du monde, estre tousiours suyvre le premier, quelque part qu'il aille ». La Chenille du pin, non par ineptie, mais par nécessité, est plus moutonnière encore : où la première a passé, toutes les autres passent, en file régulière, sans intervalle vide.

Elles cheminent sur un seul rang, en cordon continu, chacune touchant de la tête l'arrière de la précédente. Les sinuosités complexes que décrit, en ses vagabonds caprices, la Chenille ouvrant la marche, toutes les autres scrupuleusement les décrivent. Jamais théoi'ie antique se rendant aux fêtes d'Eleusis

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