‹ Le monde microscopique des eauxChapitre 22 sur 36 · LE F ONIJ UE LA AI EU · texte numérisé non relu

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face d étendue considérable, oii la profondeur était de 914 mètres et au-dessus; quoique la température de la surface s’éloignât peu de 11° C., et que dans celte région et dans les espaces environnants à la même profondeur la température minimum ne fût que de quelques degrés au-dessous de celle de la surface. La théorie des courants relativement aux températures des mers profondes peut être considérée comme étant celle qu’a exposée sir J. Herschel ( Physical Geography, 1861, p. 45) en ces termes : « Dans les eaux très-profondes on trouve sur tout le globe une température uniforme de 4° C., et au-dessus du niveau où l’on rencontre d’abord cette température, l’Océan peut être considéré comme étant partagé en trois grandes régions ou zones, une équatoriale et deux polaires. Dans la première, l’eau est plus chaude à la surface, et dans les deux autres, elle est plus froide. »

« IX. Une comparaison générale de faunes des différentes localités que nous avons eu 1 occasion d’examiner semble appuyer la con-

' LA MICROGÉOLOGIE.

clusion que la distribution de la vie animale dans les mers en dehors de la zone littorale a une relation plus intime avec la température de 1 eau qu’avec sa profondeur.. .

« X. Les résultats de nos sondages confirment pleinement les indications données par les échantillons que des sondages antérieurs déjà signalés avaient retirés du fond de la mer, indications qui prouvent l’existence, sur une grande étendue du fond de l’Atlantique du nord, d’une couche de vase calcaire, composée premièrement de Glolngérines vivantes, secondement des matériaux désagrégés des coquilles de générations antérieures, troisièmement des coccolühcs du professeur Huxley cl des cocvosp hères du docteur Wallich, avec un mélange plus ou moins grand d’autres matières... Parmi les animaux (pie l’on retire de grandes profondeurs, il s’en trouve qui ont des couleurs brillantes. C’est ce que le docteur Wallich a observé dans les Ophiocomœ retirés d’une profondeur de 2303 mètres. Non-seulement les Astrospecten, que noire drague a

LE FOND DE LA MER

amenés d’une profondeur de 91/i mètres, ont [tout d’abord attiré notre attention par leur inuance brillante d’un rouge orangé, mais de [ petits Annélides, qui habitaient l’Eponge siliiceuse retirée de la profondeur de 1189 mètres, >se distinguaient par la vivacité de leur colorattion rouge ou verte.

«XI. Nos recherches ont fait ressortir avec urne force remarquable la ressemblance entre le dépôt calcaire et la grande formation de la t craie, ressemblance indiquée antérieurement [par M. le professeur Bailey, le professeur Huxley et M. le docteur Wallich, mais plus particulièrement par M. Sorby, qui a établi l’idenitité des Coccolithes du professeur Huxley et des (Çoccosphères du docteur Wallich, avec les corps observés dans la craie...

«XII. Nos recherches ont encore prouvé que l’aire sur laquelle se forme le dépôt, est [peuplée par une variété de types plus élevés d’animaux marins, dont plusieurs nous reporitent de la manière la plus remarquable à la I période crétacée...

LA MICUOGÉOLOGIE.

«XIII. On peut regarder comme une chose démontrée que, de l’absence ou de la rareté de restes organiques dans une roche sédimentaire non métamorphique, on ne peut pas tirer de conséquence solide sur la profondeur à laquelle cette roche a été déposée... »

(Exlr. du rapport de l’expédition.)

Ces déductions motivées des résultats de la campagne du «Lightning» ont été l’objet de plusieurs controverses. Voici l’opinion de M. O. Terquem, qui a fait de très-consciencieuses études sur les Foraminifères:

«S’il est démontré que les profondeurs des mers recèlent des types qu’on croyait perdus (l’amiral Cécile, parcourant les mers de la Chine, a ramené avec la sonde un Pleurotomaire vivant, genre qu’on avait jusqu’alors considéré comme exclusivement fossile), on ne saurait cependant admettre les conclusions de M. Carpcntcr, sur l’assimilation du dépôt qui se forme dans les mers de l’Europe avec le terrain crétacé. A l’appui de son dire, M. Car-

LE FOND DF LA MED

penter mentionne la présence d’un Foramini- 1ère, les Globigérines et la similitude pétrogéi nique, le fond de la mer présentant des Coccolillies et ces Goccosphères que M. Sorby a as- «similés aux corps observés dans la craie. Mais les Globigérines ne sont pas exclusifs pour la tcraie, ils n’en sont pas les coquilles caractérisi tiques; et, d’une part, on trouve les Globigérrines vivants sous toutes les latitudes quand Je fond de la mer a la température convenable, (depuis la baie de Badin jusqu’aux Antilles; cet, d’autre part, on les trouve fossiles dans «tous les terrains tertiaires et dans la craie bblanche, et, probablement, on constaterait l eur présence dans d'autres, terrains sous-jai cents, puisqu’on les a reconnus dans l’oolithe inférieure. Quant au dépôt calcareux formé de petites sphères, il s’effectue de la même manière que tous les dépôts qui, même à la surface de la terre, sont formés par une substance tenue en suspension dans l’eau. On oeut donc dire que le dépôt des mers est anaogue a delà craie blanche; mais on ne peut

LA MICRO GÉOLOGIE

pas dire, avec Carpenler : « Celle substance n'est 1 « pas seulement un dépôt crétacé , mais bien /« « continuation du dépôt crétacé; de sorte qu on « pourrait dire que nous sommes encore dans la « période crétacée. » Assertion fondée sur la présence d’une coquille unique, un Foraininifère ! »

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