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L’IMMENSITÉ DE LA VIE, ETC

ment tranchées. La phosphorescence s’observe le plus fréquemment dans l’océan Indien, dans le golfe de Suez et dans les parages intertropicaux; dans tous les voyages oii l’on passe * la Ligne, on est sûr de jouir de ce splendide

Fig. 1!>. — Animalcules produisant le phénomène de In phosphorescence (mer de la Manche). - 1. Médusa pcllucens. 2. Cancer fulgens. 3. Médusa scintillons. 4. Heroî* fuirions. T». Médusa Itemisphtrra. 0. Lînus noctilvs.

phénomène. On l’observe aussi sur nos côtes, dans les estuaires, dans les flaques d’eau saumâtre, pendant les nuits chaudes d’été.

Nous extrayons divers passages des rapports de navigateurs qui ont observé la phosphorescence dans des conditions différentes.

86 LA VIE ANIMALE DANS L’EAU

Le capitaine Ferrandy, commandant l’ Augustin, s’exprime ainsi : «Le 1er janvier 1865 la mer était d’un bleu vif très-prononcé; à chaque coup de tangage du navire, la clarté projetée sur l’avant était aussi vive que celle de la lumière électrique, et d’autre part l’horizon était aussi noir que dans l’approche d’un ouragan. Dans la journée, l’eau était verdâtre et le sillage ne laissait pas de trace, et cependant la brise produisait des sillons semblables à ceux que laissent les corps gras. L’odeur de l’eau était aussi forte que celle qui s’exhale d’une poissonnerie. En puisant de cetle eau à différentes reprises, on remarquait, en faisant attention , un grand nombre de petits vers blancs de h à 5 millimètres de long qui, après quelques heures de séjour dans le verre, prenaient une forme ovoïde, au milieu de laquelle se produisait un anneau; peu à peu tous ces divers fragments se soudaient l’un à l’autre par groupes, et ils se métamorphosaient en une espèce de ver qui était d’un gris brillant. Après quelques heures de soudure, il se

l’immensité de la vie, etc. 87 i 'formait à l’anneau un petit point jaune ou irouge orangé vif. Dans les parages de Sainte- IHélène , on le regarde comme du frai de I poisson. »

M. de Tessan raconte ainsi l’observation (ide ce phénomène observé à Simon’s ïown (Cap de Bonne-Espérance) : «Le 10 avril, (dans la soirée, la mer a présenté une phosphorescence extraordinaire. Dans les points « où elle était plus grande, l’eau à la surface «était fortement colorée en rouge de sang, et elle contenait une si grande quantité de petits globules qu’elle était devenue comme sirupeuse; un seau d’eau puisée en un de ces points, ayant été filtrée à travers un linge, a l aissé un volume de ces globules plus grand ique la moitié du volume total. Ces globules présentaient à la loupe l’aspect de petites vessies gonflées, transparentes, ayant à la surface mn point noir entouré de stries rayonnantes légalement noires. Ils avaient une odeur de imarée très-prononcée; c’était probablement

du frai de poisson. Ces globules ainsi isolés de l’eau étaient éminemment phosphorescents; la moindre agitation, le moindre contact leur faisait jeter une lumière verçlâtre, tandis que l’eau filtrée avait complètement perdu la propriété de devenir phosphorescente par l’agitation. Pressée sous la main, cette masse de globules faisait entendre un léger craquement, comme la neige que l’on comprime entre les doigts. Après un séjour de douze heures dans un verre, cette masse répandit une odeur épouvantable de poisson pourri, et n’était plus phosphorescente, contrairement à ce qui arrive généralement aux matières organiques, qui ne deviennent guère phosphorescentes qu’au moment de leur putréfaction. »

M. le capitaine de frégate Trébuchet, commandant la corvette la Capricieuse , écrivait de la rade d’Amboine, à la date du 29 août 1860: «Dans la nuit, louvoyant pour aller gagner Amboine, nous avons eu, depuis 7 heures du soir jusqu’au jour suivant, le magni-

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