‹ Le monde nouveauChapitre 43 sur 44 · LE REVEIL · texte numérisé non relu

LE REVEIL

« Mais enfin , le déluge, la comète?

» — Ah! la comète!... Vous avez rêvé de la » comète ! Vous êtes un heureux mortel. Que »se passera-t-il dans ce moment suprême? » Serons-nous brûlés ou noyés? Qui échappera »à la catastrophe, vous ou moi? Aurons-nous «des femmes? La viesera-t-elle passable dans »le monde nouveau?

» — Je ne sais si je veille; je n'ose pas m'en » rapporter au témoignage de mes sens , » dit Brémond en quittant brusquement son lit. » Oui, » dit-il en ouvrant la croisée , « oui , » voilà la place Vendôme, le ministère de la «justice...

» — Et les magots du marchand de thé.

» — C'est bien Paris.

» — Vous avez, du bonheur si vous le pou- «vez reconnaître, » reprit le docteur; « voilà » six mois que je le cherche.

» — Ah! j'aime encore mieux que ce soit » un rêve , * dit Brémond ; « mes plus chères «illusions me resteront.

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» — Tout allait donc aussi mal dans L'autre ■ monde que dans celui-ci ? » demanda le docteur;* contez-nous cela.

» — Pis, docteur, mille fois pis.

» — J'ai l'habitude de ne jamais contredire »mes malades, » dit le docteur en secouant la tète d'un air d'incrédulité.

« — Que se passe-t-il donc ici, bon Dieu?

* — Presque rien , mon aini, » dit le Pococurante; « ce qu'un homme de sens aurait dû » prévoir depuis six mois.

» — Ou en est la dévolution '•}

» — Ne parlez pas de morts devant le doc- » leur.

» — Quoi! le programme de l'Hôtel-de- Ville!...

» — On voit bien que vous revenez de » l'autre monde. Il n'y a jamais eu de programme. Trente-deux millions de fous se » sont imaginé qu'il y avait eu une révolution

• aux environs du 29 juillet; on les .1 mis au

• régime; des deux Chambres.

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» — En vérité, dussé-je faire comme l'oncle • du Légataire, je commence à croire que » c'est une léthargie. »

Alors le docteur se mit complaisamment à raconter à son malade tout ce que vous savez. Il lui fit un tableau succinct des sottises doctrinaires que la France subit depuis tantôt neuf mois; il lui dit comment les rêves de liberté s'étaient évanouis en fumée , comment on avait menti aux promesses les plus solennelles; il lui représenta le peuple expirant de misère, les esprits les plus généreux se séparant du pouvoir, la France de juillet traînée en complice aux pieds de la Sain te- Alliance, l'Italie inondée de sang, la Pologne ayant jeté son fourreau, et triomphant avec sa bonne épée, parce qu'elle avait jeté ià les hommes du moyen terme. Il lui dit encore que c'était à la cour d'assises qu'on distribuait les récompenses nationales ; que la restauration nous avait donné un peu de liberté pour notre argent, mais que M. Périer avait trouvé le moyen de nous soutirer jusqu'à notre dernier écu ,

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-.ans ([[iv. le dernier écu figurât sur les listes électorales. Si vous, témoins journaliers de ces faits, qui les avez vus venir un a un, vous, citoyens à mémoire courte , vous vous surprenez à les mettre en doute , jugez quel effet ils devaient produire sur un homme arrivé de iautremende!... C'était vraiment ày retourner.

« — Des chevaux! des chevaux! » s'écria Brémood.

« — Où donc allez-vous? » demanda Sara.

« — Au Havre , ensuite par delà les mers , • dans un pays où l'on ne se joue pas impure nément du peuple , où l'on n'oserait pas » s'en jouer. »

Il partit, il mit l'immensité de l'Océan entre les 221 et lui. Sara le suivit, la douce Sara. Ceux qui lisent assidûment les feuilles anglaises, ont dû voir, à l'endroit des criminal conversation, le divorce de lord et lady T

c'était elle.

Si jamais l'envie vous prend d'aller aux Etats-Unisd'Amérique, vous y trouverez Bré-

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