‹ Le monde nouveauChapitre 42 sur 44 · O LE RÉVEIL · texte numérisé non relu

O LE RÉVEIL

divan, lisait un journal, et lady Sara, pâle, inquiète , interrogeait le docteur des yeux.

« — C'est une nouvelle crise , » dit celui-ci en soufflant.

« — Eh ! non, » dit le Pococurante, « c'est » la fin du rêve.

» — Où suis-je? » s'écria Brémond.

« — Où vous étiez hier, » répondit le Pococurante.

« — Mais cette chambre...

» — Vous voyez bien, » reprit le docteur , « que la raison n'est pas encore complètement » revenue.

» — Et les ii\... ma république... la doctrine?...

» — Cette doctrine m'a envoyé bien des ma- » lades cette année , » dit le docteur , « sans » compter les doctrinaires.

» — Et vous faites fort bien de ne les pas » compter, docteur, » dit le Pococurante : « la médecine n'a que faire des incurables.

LE REVEIl

» — Mais enfin, » reprit Brémond , « ce «monde que j'ai fondé, ces sanglantes révo- » Iutions...

» — Encore une potion , » dit le docteur en prenant la plume.

« — Qu'est-ce donc ? » demanda Brémond.

« — Ce n'est rien , mon ami , » répondit le Pococurante; « c'est une léthargie , un sommeil

• de quelques jours.

» — Se pourrait-il? Mais non , non : vous «voulez me tromper, vous voulez calmer ma

• douleur en me faisant croire que je suis dupe «d'une illusion. Sara, chère Sara, venez à «mon aide; dites-moi ce qui se passe. Nos «enfans...

» — Peste î • dit le Pococurante, « dans vos » rêves vous faisiez des enfans à madame ! «Que Dieu m'envoie des rêves aussi doux! »

Milady rougit et baissa les yeux. Quiconque a vu rougir une Anglaise , et n'a pas adoré l'ange, est indigne d'avoir un cœur d'homme.

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