‹ Le monde où nous sommesChapitre 9 sur 18 · SUZANNE DE SEPTEMES A GERMAINE · texte numérisé non relu

SUZANNE DE SEPTEMES A GERMAINE

DE BOISNEMETZ

Paris, 20 mai, 9 heures du matin.

Les deux lignes promises, ma chérie! Tu vois, je ne t'oublie pas!... Et pourtant autour de moi, quel tohu-bohu! Les dames de chez Félix apprêtent ma robe sur une chaise... elle est ravissante... Ira-t-elle? Le coiffeur attend dans l'antichambre pour me mettre mon voile.

Oui, beaucoup de fleurs.,. Mais les tiennes étaient les plus belles et les plus fêlées.

J'ai pris tes vingt-cinq baisers et te les rends.

Je vais mettre une de tes roses sur mon corsage, tout près de mon cœur.

J'ai très bien dit a oui » à la mairie; bien plus fort que mon mari, paraît-il. Mon oncle Alfred, le célibataire qui ne s'est pas marié, prétend que c'est bon signe, que c'est moi qui porterai les... pantalons. J'y compte bien ! . . .

Il pleut à verse. C'est bien ennuyeux ! Je commence à avoir une peur bleue. Je vais prendre un. petit verre de rhum pour me donner du cœur !

Je t'embrasse, ma chérie, fort, fort, fort.

Tu SUZETTE.

P.-S. Je viens d'essayer ma robe... Elle va très bien.

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