‹ Le monde, ou, On pataugeChapitre 18 sur 35 · PREMIER TABLEAU · texte numérisé non relu

PREMIER TABLEAU

LE GÉNÉRAL FRICASSIER. — SON AIDE DE CAMP. Dans la chambre du Général. — (Le Général est à pied).

LE GÉNÉRAL FRICASSIER BON-BON DE LA BRETONNIERE (forte).

Eh bien! Qu’est-ce qu’il y a? Vous avez quelque chose à me demander, vous? Je vois ça à votre figure 1

l’aide de CAMP (piano).

Mon Général, en effet...

LE GÉNÉRAL (forte).

Là! Qu’est-ce que je vous disais! On ne me trompe

pas, moi î Je lis tout de suite sur un visage ! — Eh bien? Qu’est-ce que c’est?

l’aide de camp (piano).

Mon Général, c’est que nous avons un de nos camarades qui veut nous quitter...

LE GÉNÉRAL (fo7He).

Nous quitter ! — Qui ça, donc?

l’aide DE CAMP (piano).

Mon Général, c’est Lapommerays?

LE GÉNÉRAL (forte).

Lapommerays? — Qui ça, Lapommerays?

l’aide de camp (piano).

Mon Général, c’est le capitaine de la 6®.

LE général ifoj'ie).

Et pourquoi veut-il nous quitter?

l’aide de camp (piano).

Mon Général sait le terrible événement qui vient de frapper sa famille ?

le général (forte).

Quel événement?

l’aide de camp (piano).

Son frère, un médecin, vient d’être condamné à mort pour un empoisonnement dans des circonstances tellement...

LE GÉNÉRAL {forte).

Eh bien, il a raison^ cet homme-là î II ne peut pas rester avec nous !

l’aide DE CAMP (piano).

Mon Général, c’est bien ce qu'il pense aussi.

LE GÉNÉRAL (forte).

Eh bien, alors ?

l’aide de camp [piano).

C’est que, mon Général, nous le regrettons beaucoup. D’abord, Lapommerays est un excellent officier : les meilleures notes, un des plus anciens de la promotion ; et puis, c’est un si bon camarade !

LE GÉNÉRAL (foj'te).

Alors, vous voulez qu’il reste?

l’aide de camp (piano).

Oh ! oui, mon Général !...

LE GÉNÉRAL (forte).

Alors, pourquoi ne reste-t-il pas? Personne ne lui a dit de s’en aller.

l’aide de camp (piano).

Assurément, mon Général ! Seulement, mon Général comprend les scrupules qui l’empêchent...

LE GÉNÉRAL (forte).

Oui, oui!... les scrupules!... Je connais ça! —

Mais qu’est-ce que je puis faire à ça, moi? Ça ne me concerne pas!

l’aide de camp {piano).

Assurément, mon Général. Seulement, nous avons pensé, nous sommes bien sûrs que si mon Général, qui est si bon, voulait bien dire, lui, quelques mots à Lapommerays, il resterait...

LE GÉNÉRAL [forte).

Alors, vous voulez que je lui parle?

l’aide de camp {piano).

Oh ! oui, mon Général !

LE GÉNÉRAL [forté).

Eh bien, je lui parlerai. Vous me l’amènerez tantôt, à la manœuvre.

l’aide de camp {piano).

Oh ! merci, mon Général!

[La toile tombe.)

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