‹ Le monde, ou, On pataugeChapitre 20 sur 35 · LE GÉNÉRAL FRICASSIER. - SON AIDE DE CAMP, LE CAPITAINE LAPOMMERAYS · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL FRICASSIER. - SON AIDE DE CAMP, LE CAPITAINE LAPOMMERAYS

LE GÉNÉRAL FRICASSIER BON-BON DE LA BRETONNIÈRE rinforzando^ avec un éclat de tonnerre :

Eh bien!!!... C’est donc vous qui voulez nous quitter, DUMOLARD???...

Les bras de l’aide de camp et de Lapommerays tombent.

La toile aussi.

Les deux pièces qui terminent ce volume furent publiées en deux plaquettes tirées avec luxe à nombre limité et immédiatement épuisées.

Celui qu’elles visaient n’étant plus, devions-nous leur refuser place dans cet ensemble annuel? Autant alors supprimer le livre entier, cahiers écrits sous l’impression des faits successifs et dont la pensée est une, de la première page à la dernière. Mais ceci fait, eussions-nous du même coup anéanti tant d’autres polémiques, autrement excessives et âcres ?

Dans quel but d’ailleurs, et de quel droit ? Ce qui a été ne saurait ne pas être. Documents et dossiers, même les moindres, tout appartient à tous.

Mais dans notre trop généreux pays, toujours prêt àpardonner et oublier, dès qu’une tombe s’ouvre, une manière de clavelée bénévole nous fait courir tous au goupillon et à l’eau bénite. La mort est brevet d’absolution, le même pour tous.

La vieille Égypte, plus sage que nous, jugeait chacun de ses morts sur la place publique. Elle évoquait le défunt et les témoins de sa vie. Avait -il été juste ou inique, honnête ou déloyal, utile ou nuisible, bon ou mauvais? Justice était faite — et un enseignement en restait.

Aurait-elle donc ainsi vraiment mérité de notre République pure et simple quittance , la sonorité vaine — sunt verba... — • qui vient de s’éteindre, ne nous laissant derrière

elle, comme testament de Richelieu et pour tout potage d'héritiers, que le détestable exemple d'un double serment faussé et l'inepte conservation du fameux <( Grand Conseil des Communes », le Sénat, encombre de la République?

Mais encore, ces funérailles démesurées, la téméraire emphase d'un deuil qu'on voulut à nous-mêmes faire croire national, — car, en vérité, Antoine fit moins de tapage en étalant devant les Romains la robe ensanglantée de César, qui avait au moins vaincu les Gaules, — cette provocation publique n’est-elle pas un défi dernier à la Vérité? Ne témoigne-t-elle pas que notre éternel ennemi est toujours là, vivant et persistant : — race foisonnante des marchands de paroles, entrepreneurs de gouvernements, trompeurs de peuple, impudents et charlatans se grimpant sur le dos les uns aux autres pour nous crier: « Prenez mon ours \ n — et qui n’ont pas d'ours.

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