CHAPITRE III
g I. LA LOUPE.
Un objet excessivement petit, même quand il est fortement éclairé, envoie dans l'œil, à la distance de la vision nette, un faisceau de lumière trop peu intense pour que l'impression sur la rétine produise une image distincte. Il faudrait le rapprocher de l'œil, augmenter ainsi son diamètre apparent; mais alors la réunion des rayons émanés de ses divers points ne se ferait pas sur la rétine et l'image serait confuse.
Le microscope est un instrument destiné à venir en aide à la vue en produisant des images plus ou moins amplifiées des petits objets, que notre œil peut voir alors nettement comme à la distance de la vision distincte.
Il y a deux sortes de microscopes : la loupe, ou le microscope simple, et le microscope composé.
Il est bien probable, si cela n'est pas absolument prouvé, que les anciens n'ignoraient pas le pouvoir grossissant des masses de verre de forme sphérique. Un passage d'une comédie d'Aristophane montre que les Athéniens connaissaient le moyen d'allumer du feu à l'aide d'un morceau de verre qui concentrait à son foyer les rayons du Soleil. Les pierres fines gravées qui nous restent des Romains n'ont pu être travaillées sans le secours d'instruments grossissants. Ces instruments consistaient-ils en morceaux de verre taillés ou coulés en forme de
lenlillps. ou nV'[;iicnl-ce que des boules creusos de verre l'emplie d'eau? Tout au moins cette dernière supposition esl-elle rendui probable par le passage souvent cité des Questions tmturelh de Sénèque : «Tous les objetsvusàlravers l'eau, dît-il, semblen plus considérables. D(?s caractères menus et peu dislincts, lu! au travers d'un globe de verre plein d'eau, sont plus gros i l'œil et plus nets. » Mais si les anciens ont connu le pouvoii optique des sphères d'eau ou de verre, ou même des Icnlille! de verre, il ne parait pas qu'ils aient su en tirer parti ni lei construire d'une ra(,'on précise. Aucune observation d'histoirt naturelle ne nous a été laissée par eux qui témoigne d'un usag« scientilique de la loupe dans l'antiquité.
Une simple lentille convergente, plan-convexe ou biconvexe, enchâssée dans une moulure dont la forme varie avec la doslînation, tel est le microscope réduit à sa plus grande simplicité. C'est ce qu'on nom me ordinairement une loupe.
La figure 275 représente la marche des rayons lumineux dans une loupe; l'objet AB est placé à une dislance de la lentilK' l)lus petite que la dislance focale principale. L'œil Of, placé au point F de convergence, reçoit ces rayons comme s'ils émanaient des points A'B', c'est-à-dire d'une image virtuelle droite et agrandie de l'objet.
Pour que celle image soit bien nellc, il faut que la distance A'F soit égale à celle de la vision distincle pour l'obser^^ateur. d'oiî résulte, pour la position de l'objet, un point déterminé qu'on peut, soit calculer, soit trouver aisément par tâtonnement ou par expérience. Celte "position diffère très peu de celle du foyer principal f; elle en diiîère d'autant moins que la courbure