CHAMBRE NOIRE
d'autres mettent une pile de glaces jouant le même rôle. Un autre prisme de Nicol, plus fort que le premier, se place audessus de l'oculaire ou au-dessous de la première lentille ; ce prisme sert d'analyseur. En le faisant tourner sur lui-même, on produit dans les objets examinés, cristaux à un ou deux axes, ou autres substances biréfringentes, des effets de coloration remarquables, qui permettent de distinguer très nettement tous les détails de ces substances, tandis qu'à la lumière réfléchie ordinaire, ces détails se distinguent difficilement.
g 6. CHAMBRE HOIRG. — HËGASCOPE. — LAHTERHE MAGIQUE.
Avant d'aborder la description du télescope, qui va faire l'objet du chapitre suivant, nous allons passer en revue quel-
ques appareils qui ont la plupart un intérêt de curiosité et qu'à ce titre on ne manque jamais de mentionner dans les ouvrages de physique amusante, mais qui rendent cependant parfois de
véritables services à la science ; ce sont notamment la chambre mire, la chambre chiire. le mégascope, la lanterne magique et le phantascope.
Nous avons déjà vu, en [lailant de la [iropagalion de la lumière en ligue droite, que si, dans le volet d'une chambre parfaitement close, on perce un petit trou, l'iiuage des objets extérieurs vient se former sur un ikran. Celte image renversée n'est bien nette que pour les objets éloignés.
Pour obvier à cet inconvénient el donner plus d'éclat aus images, un physicien du dix-septième siècle, Porta, eut l'idée de recevoir la lumière sur un miroir sphérique concave qui réfléchissait les rayons el l'image sur un écran. Mais il obtint des elfcls lieaucou)) plus remarquables en adaptant au trou du volet une lentille convergente. L'image des ubjels extérieurs vint se peindre alors avec netteté sur l'écrau. dont la distance à f'ouverlure du volet dépend de la distance des objets eux-mêmes. 11 est l'inile d'ailleurs de tiouver cette distance i^j' iùliMiiicnivuis. Les dt^^sijjalcuj* emploient la chambre noire ainsi perfectionnée pour tracer sur un papier les contours du paysage qu'ils veulent reproduire. On lui donne alors la forme qu'indique la hgure 295. Au lieu d'une lentille, un emploie un prisme (fig. 294} dont la face (ournée vers les objets est convexe et qui, par la réflexion totale sur sa face plane inclinée de 45 degrés, renvoie les faisceaux de lumière sur la table oià est placé le papier blanc. Là, l'image se forme avec toute sa netteté, et le dessinateur n'a plus qu'à en suivre an cfayon les contours. Cette modiltcation de la chambre noire est due à l'opticien C. Chevalier.
On a donné le nom de cliamb7'e claire à un instrument qui projette sur le papier oii l'on veut dessiner, l'image d'un objet, d'un i»aysage par exemple. Comme ou vient de le vuîr, la
Fig.294.— Leiilillc-pi Ij^ de la chambre
CHAMBRE KOiaE. »15
chambre claire a le même usage que la chambre noire, et c'est la seule raison de cette similitude de dénomination. En effet la chambre claire est formée simplement d'un prisme réfringent de forme quadrangulaire, dont le principe est celui de la réflexion totale des rayons lumineux à son intérieur.
Deux des faces, ab, bc, sont à angle droit; les deux autres sont inclinées de 155°, de sorte que les autres angles mesurent chacun 67*50'. Si donc un rayon lumineux m traverse la face verticale du prisme (fig. 295) et va frapper en r la face cd, son incidence avec la normale à celte dernière sera de 67' 1/2, c'est-à-dire de beaucoup supérieure à l'angle limite; le rayon se réfléchira donc totalement, tombera ensuite sur ad où il se
203. — Chambre claire; marclic n njon lumineut dans le |irismc.
- Cliambre claire monlée
réfléchira de la môme manière, et enfin sur la face supérieure horizontale qu'il traversera normalement.
L'œil de l'observateur situé en pp, à peu de distance de l'angle du prisme, recevra ainsi tous les faisceaux lumineux émanés des objets et en verra l'image projetée verticalement. En plaçant un papier au-dessous du prisme, il sera facile à l'observateur de voir à la fois sur le papier l'image virtuelle des objets extérieurs et la pointe de son crayon, à l'aide de laquelle il pourra suivre tous les contours de ceux-ci.
La figure 296 montre la chambre claire disposée sur un pied qui permet de la fixer au bord de la planchette que le dessinateur pose sur ses genoux ; on y voit taillée dans l'arête DD une échancrure qui permet d'appliquer l'œil sur l'arête même.
ftl6 LE MONDE PHYSIQUE.
Le mégnscope est une ciiambre noire imaginée pour permetlre la reproduction sur une échelle agrandie d'un objel •melconque, statuette, tableau, ele. La figure 297 dous dis-
Fjg. 297. — Mégascopc.
peusera d'une description détaillée ; nousdirons seulement que, l'éclat de l'image élanl afTaibli par la dispersion due à l'agrandissemenl, on se sert d'un miruir pour envoyer les rayons du
Soleil sur l'ohjet. el obtenir un éclairement surTisamment intense.
La lanterne magique est un mégascopc dans lequel les objets sontéclairés par la lumière d'une lampe à réflecteur. A l'aide de cet appareil, on projette sur un écran les images agrandies de dessins peints sm* verre avec des couleurs translucides. Le tube, en travers duquel on place ces dessins renversés, renferme un système de deux lentilles, l'une plan-convexe, l'autre biconvexe, qui donnent une image droite reçue sur un écran placé en avant de l'insti-ument.