‹ Le monde physique (volume 2)Chapitre 150 sur 173 · PHOTOGRAPHIE SUR VERRE ALBUMINÉ · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE SUR VERRE ALBUMINÉ

g 2. PHOTOGRAPHIE SUR VERRE ALBUBfLNÉ.

La photographie sur papier devint rapidement populaire, et si ses épreuves étaient à l'origine d'une finesse beaucoup moindre que les plaques daguerriennes, si les détails minutieux des épreuves sur métal disparaissaient à cause du grain et de la texture fibreuse du papier, en revanche les nouvelles images étaient plus appréciées des artistes. Du reste, dans cetle seconde phase de l'art photographique, les progrès se multiplièrent avec une étonnante rapidité.

On fit d'abord des épreuves sur papier ciré, gélatine, dont la surface très polie permettait la reproduction des détails les plus fins. Mais bientôt une découverte, due à un neveu de Niepce, à M. Niepce de Saint-Victor, mit la photographie dans une voie nouvelle, qui est encore la plus généralement suivie. Au lieu de prendre, comme Daguerrc, une plaque métallique, ou, comme Talbot et Blanquard-Evrard, une feuille de papier pour y faire le dépôt de la couche sensible, c'est sur une plaque de verre, sur une feuille de glace bien polie que M. Niepce de Saint-Victor réussit à déposer la substance impressionnable et à produire une épreuve négative. La transparence du verre, son inaltérabilité, le poli de sa surface, son bon marché, tous ces motifs ont peu à peu conduit les photographes à le substituer et aux plaques métalliques de Daguerre et au papier sensibilisé. Avant d'arriver au procédé le plus généralement suivi aujourd'hui, qui est la photographie sur collodion, décrivons donc encore très rapidement le procédé de M. Niepce de Saint-Victor.

La couche sensible dont il recouvrait la plaque de verre était formée d'un liquide comj)Osé lui-même de la façon suivante : albumine obtenue en battant des blancs d'œufs jusqu'à la réduction en neige ; iodure de potassium 1 pour 100, eau 25 pour 100. I^ glace, recouverte d'une couche bien régulière, est mise à sécher dans l'obscurité, ce qui demande à peu près un jour.

On l'immerge alors dans une solution d'acélouilralc d'ai^ent. ft l'on a une plaque inête à recevoir l'action de la lumière. Une exiiosiliou de quinze à trente secondes au foyer de la chambre noire suffit.

L'éjtreuve négative obtenue, on tire des épreuves positives comme nous l'avons dit plus haut. Ces épreuves éUnl lir^ sur papier, l'inconvénient du grain s'y retrouve, mais avec ceUt

fig. 33(«. — iié\dopm.'i

diiTérence considérable que, l'épi'euve primitive y élaut ellemême soustraite, la finesse des contours, des traits, des nuance» y est parfaite, cl que cette finesse n'est altérée qu'une fois an lieu de deux.

Du reste, rien n'empèchc d'éviter même cet inconvénient en tirant des épreuves positives sur verre albuminé. C'est ce qu'on fait surtout pour celles qui sont destinées au slér<Sosco|>c, h transparence étant une condition ]iour l'examen sléréoscopifjiH par la lumière transmise.

. rnoTOCiiArmE sun

Schœnbein découvrit, en 1846, un produit qui aUin grandement l'attention des savants et du |iublic. On crut © instant, en effet, que celte substance, connue sous les no»

PHOTOGRAPHIE SUR GOLLODION. 597

de fulmicoton, coUm-poudre ou pyf*oxyline, détrôiierail la poudre ordinaire. La pyroxyline se prépare d'une façon très simple en trempant, pendant une demi-minute, du coton cardé dans l'acide azotique monohydraté, en lavant à grande eau et en séchant à l'air. Elle se dissout dans un mélange d'alcool et d'éther.

C'est à cette dissolution, qui est employée en chirurgie et eu médecine, qu'on donne le nom de collodion. En 1851, un photographe anglais, M. Archer, réussit à substituer le collodion à l'albumine dans la préparation des plaques de verre qui servent à obtenir les épreuves négatives ^ Le rôle que jouent Falbumine et le collodion est le même, mais les épreuves faites par le dernier procédé exigent un temps de pose encore moins long, et l'on obtient des effets pour ainsi dire instantanés. De là la possibilité de reproduire des vues qui renferment des êtres animés, des personnages, de saisir l'expression rapide de la physionomie dans les portraits, de représenter des corps en mouvement : les nuages entraînés par le vent, les vagues d'une mer agitée, les animaux, etc., etc.

Les procédés de photographie au collodion ont été variés de cent manières ; en indiquant ce qu'il y a d'essentiel dans l'un d'eux, nous ferons comprendre tous les autres. Mais il faut dire qu'ici, comme dans le daguerréotype, comme dans la photographie sur papier, sur verre albuminé, nous laissons de côté le détail des manipulations, détail qui a son importance, car il est le plus souvent une condition indispensable de la réussite. Comme notre intention n'est pas d'écrire ici un manuel, même abrégé, de photographie, mais de faire comprendre les principes physiques de cet art aujourd'hui si répandu, le lecteur appréciera les motifs de notre réserve.

Voici une formule de collodion normal, c'est-à-dire tel qu'on

1. Un photographe français, M. Lcgray, avait eu dès 1850 Fidcc de se servir du collodion à la place de ralbumine ; mais il ne réussit point dans ses essais, qui sont mentionnes C dans son Traité pratiqw de photographie^ publié en juin 1850 à Paris, et un mois après ^ ., Londres.

us LE MONDE PHYSIQUE.

le pri'pare avaril le mélange des subslaiices qui doivenl contnbuor à In [irodiiction de la couche sensible :

ÊHiiT iuiruriqiic roctifiiî 600

PyroivlB )3

Alcooi H 40 Ji-jjr.!» 300

La li((ueur iodurée est une .solution alooolii^uc d'iodures de potassium . de cadmium , d'ammnnium et de bromures des ni<>mes uit'laux. On y ajoute un Ira^ineiil, une paillette d'iode. Le liquide foniié du mélange de ces dons solutions s'élcinl, comme un fait [lour l'albumine, sur la glace bien nettoyée. Pn peu avant (|ue la couche ne soit sèche, on [donge la ^lat* 1res rapidement dans un bain de nitrate d'argent. La funnalîoa d'ioduiv. de bi-omiire d'argent qui en résulte produit une concht d'apparence hiaiicliâtre et opaque : c'est la conehc phot«fRntqtic. Celle opération sciait toujours dans l'obscurité^.

[^ glace est alors placée dans le cbâssis de la chambre nnire. et l'on |>eutopéivr, e'esl-à-ilire es|M)ser à l'action de la lumîèn. En quelques secondes' rinipression est produite, el il n'y a piaf qu'à souuieltre l'cpreuvr anx n|iéralions du développement «"l de la lixatioii de l'inta^'e. ce qui se fait au moyen (l'une (ii>solution aqueuse de siillale de fer additionnée de queiqws gouttes d'aeide pvrogallique. puis du lavage à l'Iiyposulliletlr soude : cette dernière opération débarrasse le négatif de l'eu» d'iiHluiv «l'argent qui, sans cela, uoiiTirait à la lumière et allr^ remit l'image.

En albumiuanl préalablement la plaque, avant de la rccomiv de la couche au collodion, on peut u|»érer plusieurs jours aprâ la prè[>ai-atiou. C'est le procédé Tau{ienol au collodiun ser,

L'épiviive négative obtenue, ou procède comme nous Taiot dit pour la production d'épreuves positives.

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