ÉPREUVES AMPLIFIÉES. — PHOTOGRAPHIE MICROSCOPIQUE
On comprend qu'en projetant à l'aide d'un microscope solaire l'image d'une épreuve photographique sur un écran sensibilisé, l'image agrandie de tous les détails de l'épreuve primitive viendra se former sur l'écran. Si l'on a opéré à l'aide d'un négatif, on obtiendra une épreuve positive ; mais on peut aussi obtenir un cliché négatif amplifié lui-même, et de là tirer autant d'épreuves positives qu'on voudra par la méthode ordi-
naire. Ce dernier procédé est beaucoup plus expéditif. Voici en quoi il consiste.
On tire d'jibord, avec le cliché négatif oblenu à la chambre noire, un cliché positif de mêmes dimensions. C'est ce tlcniier qu'on soumet à l'amplificalion du microscope solaire, do sorte que l'épreuve am|)lifiée se trouve ôlre elle-même une épreuve négative. Il esl bien clair que cette épreuve est reçue sur une glace coilodionnéo qu'on a rendue sensible par les procédés wuiniis. Tue fois révélée et fixée, l'épreuve négative agrandie aux dimensions voulues sert au tirage des épreuves positives. De cpllr façon l'appaicil optique d'agrandissement n'est em]doyé qu'une fois, ce qui explique la plus grande rapidité de c-elle inélhotie.
Ij difliculté, dans l'agrandissement des épreuves phuli^T»* pliii)ucs, consiste à obtenir rapidement des épreuves Iri^î' nettes, non déformées et conservant ta vigueur de tons Aei épreuves oblenues à la chambre noire. A l'origine, les photographies amplifiées laissaient beaucoup à désirer sous tous cf* rapports ; mais, à force de recherches, on est arrivé à une perfection remarquable. A l'Exposition universelle de 1867, on a pu iuhuirei' un n]agnilîi|ue jmi-h-ail on pk-i] dr .M. lucres, il une vue agrandie de la cathédrale d'Amiens, qui, composée seulement de quatre morceaux, ne mesurait pas moins de 2 mètres de largeur sur 2"", HO de hauteur. Appliquée à rastronomie. nous veiTons que cette méthode d'agrandissement a donné, entre les mains d'opérateurs savants et habiles, des résultats déjà remarquables.
On comprend Timporlance de ce procédé, non pas tant pour les vues ordinaires, pour les portraits, mais pour la reproduction des objets dont les détails multipliés échappent au crayon du dessinateur le plus habile et le plus patient. Le vœu qu'Arago formait dans son rapport sur l'invention de Daguerre, de voir obtenir les images fidèles des milliers d'hiéroglyphes dont sont recouverts les monuments de l'antique Egypte, ce vœu est réalisé aujourd'hui, grâce au procédé d'agrandissement des épreuves photographiques.