II
Kew ïivait oxjxwt' ih-s diagiaiiinu's mtHôoroIngiqucs indiininiil les oscillations du i)jiroDi<'tiT à mercure, les varialions thillieritioiiièti'o A houle sèche el à houle luonillée el enfin celles des iiislruinenls iuag[i(!'tîque$, iloniiaiit jour |i;ir jniir le.s coiupiisunles hoiizoïiUiIc el vorlicjile du niagnélisnic lerreslre. Tous ces tracés ont été ohleims par In photographie, de sorte (jiic les documents si précieux de l:i science météorologique peuTenl être ainsi enregistrés autonialifpu'nient el d'une manière eunlinne.
Parmi les épieuves |iholomierographi(|ues d'histoire naturelle, de hiologic, de hotiiniquc, d'entomologie, on renianpiail celles (|ui avaient ponrohjet l'étude du |diyHn\éra à ses diverses phases île développement. Mais nous devons inctitioniiercoiniii'' particulièrement lemarijuahle une séi-ie d'épreuves repi-ésenlant des conjies ilu cervian Iniinain et de la moolle épinièiv à l'état normal et à l'étal patlmlogique. Os épreuves, dues ;tii docteur Lnys, permettaient de eoni|iarer itnméiliaicment le> . i-égions saines el les légions similaires du système neneui f'frappécs par la maladie, et par suite de se faire il'un eouj» d'n'il une idée ju'écise du de^ré d'intensité et de l'étendue de l:i dégénérescence inoihidc. Considérée surtout au j)oiiil de vue de la dilinsion de l'enseignement, celte représentation lidèle. presque impossïhle sans la photographie, des délicates observations de la haute science, a une portée que le lecteur comprendra sans peine. L'une de ces épreuves donnait la représentation du cerveau d'un ampute qui avait suhi la désarticulation de ré]iaule. « Pendant tout ie temj)s que le malade a vécu (vingl ans), les régions du cerveau qui recevaient les impressions seiisitives de son hras réséqué, celles que lui communiquait le mouvement vidontaire étant demeurées silencieuses, il en est résulté une atrophie localisée dans certains points de la substance cérébrale, el en comparant cette épreuve avec la voisine qui représente l'étal noi'mal des mômes régions, on est frappé de la démonstration qui résulte de cet examen. » Dans d'autres épreuves, on pouvait suivre de l'œil le progrès de la désorga-
iiisalioii de la substance nerveuse, au fur et à mesure de l'envahissement de l'organisme par la maladie, dans un cas de folie (paralysie générale).
Ainsi, la médecine, la chirurgie, la physiologie, vont trouver i\ans la micrographie photographique un nouvel et puissant moyen d'investigation.
L'héliogravure, nous l'avons dit, est surtout apte à la repro- <luction des dessins constitués par des points, des traits, des hachures qui se retrouvent reproduits avec une fidélité absolue, réduits ou agrandis à volonté. On comprend quel parti la cartographie devait tirer de ces propriétés précieuses. Aussi voyait-on à rexj)osition de photographie de nombreux spécimens de cartes obtenues de cette façon. L'Atlas des ports de France, exposé ])ar l'Ecole des ponts et chaussées, est formé de cartes composées par la réunion des cartes de l'état-major pour le terrain, des cartes de la marine pour les eaux et de divers plans à grande échelle pour les villes, porls, etc. Ces cartes, originairement gravées à des échelles différentes, sont d'abord ramenées à une échelle unique par la photographie, puis raccordées par un découpage habile : l'ensemble constitue la minute livrée au graveur. Dans ce cas, la photographie remplace le travail minutieux, compliqué, difficile des dessinateurs qui auraient eu à faire ces réductions diverses : de plus, les erreurs, les lacunes deviennent de la sorte impossibles et évitent un contrôle toujours laborieux ^
1. En i870, les Allemands n'ont pas manqué d'utiliser ce procédé si nipido de repmduclion. Voici ce que dit à ce sujet H. Vogel dans son ouvrage Photographie et chimie de la lumière : « Pendant la guerre de France, les troujKîs envaliissantes avaient surtout besoin de cartes des teiritoires h occuper. On était loin de posséder un assez grand nombre de cartes de France pour pouvoir en approvisionner des corps d'armée entiei's. Il n'est pas )M)ssible de préparer des cartes avant une guerre, car on ne sait pas d'avance quelle direction suivront les années. C'est alors que la photolithographie, avec une activité inouïe, exécuta des millier.s de cartes, d*après un seul exemplaire. Elle a ainsi puissamment contribué aux succès de rarméc d'invasion, dont les soldats, la carte k la main, connaissaient mieux les localités que les troupes françaises elles-mêmes. Les frères Burchardt de Berlin se sont particulièrement ilistingucs dans l'exécution rapide de ce travail. Ils ont livré 500 000 cartes pendant cette jiënode de 1870-1871. » C'est un exemple bon à méditer et à imiter au besoin.
eas LE MONDE PHYSIQUE. ^H^^H
D'autres lois, c'est le ilessiil et la gravure «iiiî soul » la (uïs contiens à la |>huto^ra|)liie.
Celle lidélitt- des lepnidiictioiis |i!iotn^fia|iIiii|iie.s est t^iiiineiniiii'tit utile h certains travaux, par exemple aux études arcliéuli»gK|ues et paléograpliiques. Les voyageurs eliaryés de missions scieuliiiques peuvent ainsi obtenir rapidement des vues dt niuruimcnts, reproduire avec leurs détails les (dus iniuutienx les iuscriptioas anciennes que les savants des Académies pourront ensuite discuter à loisir, l'épreuve en main, sans craindre les erreurs d'un copiste. Même avantage, même utilité pour les éludes des textes les plus rares. Écoutons ce que dit sur ce point le savant dii'ecleur de la Bihiiottièquc nationale, M. Léopoid Dclisic : « La photographie, dit-il, devait amener une révolution dans les études patéographiques. Désormais les manuscrits les plus importants pourront t>lre reproduits avec une rigourause exactitude, dej)uis la première jusqu'à la dernière page, et un jour viendra où toutes les grandes biblio- thèques auront les équivalents de quelques-uns de ces livres ^ anliqucs qui font la gloire des bibliothèques de Home, de Vh*rcuce, de Milan, de Vienne, de l'aris et de Londres. Le Psautiii de J'ujjjveijsilé d'Lti'cehl \ient d'être, uu .Mu:>ée Itritanniiiuf. l'objet d'une publication peu coûteuse, dans laquelle on peut étudier avec conliance les plus curieux monuments de la calligraphie et du dessin au huitième et au neuvième siècle. »
Les diverses administrations publiques commencent à utiliser les ressources de la photographie. Depuis qucl([ues années déjà, la j)olice emploie ce moyen ptmr constater l'identité des individus soumis par la loi à sa surveillance ou des crimineL^ soupçonnés de récidive. La justice civile emploie la 2)hotographie dans des cas sj)éciaux oii il s'agît de produire des pièce.dcvant servir de témoignages dans les procès : telles sont les copies photographiques de testaments. Dans les jirocès criminels, on peut fournil" des documents d'une hante imporlancr pour éclairer la conscience des jurés et des juges, constatation des lieux, portraits et situation des victimes, des criminels.
constatation des faux par les agrandissements de pièces et ta reproduction des écritures effacées.
Par ces exemples, que nous pourrions aisément multiplier, on voit que la photographie ne rend pas seulement des services aux arts et aux sciences, mais qu'elle devient de plus en plus un élément d'informations indispensable aux diverses administrations publiques ; à ce point de vue, elle tend à prendre une véritable importance sociale.
V\y Dl DEUXIEME VOLUME.
TABLE DES FIGURES