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DËGOMPOSITION DE LA LUMIÈRE SOLAIRE

quelques-uns de ses effets, quand Newton en a découvert la cause et formulé la loi.

Cette dispersion de la lumière blanche par réfraction se manifeste à nous tous les jours par nombre de phénomènes que les anciens connaissaient dès lors certainement comme nous S mais sans en avoir soupçonné la cause. Les pierres précieuses, les diamants, lancent des feux de diverses couleurs, et ce n'est pas une des moindres beautés de la précieuse substance de décomposer, à travers ses facettes, les rayons lumineux. L'arcen-ciel est un phénomène dû à la môme cause, comme nous le montrerons dans la description des météores. Il en est de même des couleurs variées dont se teignent les nuages et les couches atmosphériques, à l'instant où ont lieu les crépuscules et les aurores. Enfin, dans les vases en verre contenant des liquides transparents, dans les morceaux de verre taillé dont on orne les lustres, on aperçoit dans certaines directions des franges irisées offrant dans toute leur pureté les couleurs les plus vives.

Si, dans l'intérieur de la chambre obscure, on reçoit directement sur un écran de papier blanc la lumière solaire, après qu'elle a passé par un trou percé dans le volet, l'image du Soleil sur le papier sera, comme on le sait, une tache ronde et blanche. Mais cette lumière blanche n'est pas simple. C'est un composé d'une multitude de couleurs ou de nuances qui sont elles-mêmes autant de couleurs simples. Ce résultat a été mis hors de doute par une suite d'expériences qu'on a variées sous toutes les formes, mais dont la plupart sont dues à Newton. Indiquons les plus concluantes.

i. Sénèque, dans le premier livre de ses Questions naturelles f s'efforce de chercher une explication de l'arc^n-ciel et de ses couleurs. Au milieu d'une dissertation passablement longue et diffuse, on rencontre la mention de faits d'obsenration qui prouvent qu'à l'époque où écrivait le philosophe romain on connaissait plusieurs effets de la réflexion, de la réfraction et de la dispersion de la lumière, les miroirs concaves, les lentilles, etc. « L'eau qui jaillit d'un tuyau rompu, dit-il quelque part, ne présente-t-elle pas quelque chose de pareil aux coulenrs de Tarc^n-ciel î » Et plus loin : • On fabrique des baguettes de verre cannelées ou k plusieurs angles saillants, lesquelles, si elles reçoivent transversalement les rayons dn sdeil, présentent les teintes de l'iris. »

On place sur la route des rayons solaires, après leur passage par le trou rond du volet de la chambre obscure, un prisme triangulaire en ilint-glass, par exemple, de manière que ses arêtes soient placées horizontalement et que le faisceau lumineux pénètre obliquement par l'une des faces. Alors on a|>crçoit sur récran, au lieu de Timage ronde et blanche du Soleil, et à une certaine distance au-dessus du point où elle se formait avant Tinterposition du prisme, une bande allongée^ lumineuse, formée d'une suite de couleurs extrêmement vives : c'est cette bande qu'on nomme le spectre solaire.

Yoici dans quel ordre s'y succèdent les couleurs, quand k prisme a sa base tournée vers le haut ; l'ordre serait inverse si cette base était tournée vers le plancher de la chambre obscure :

A l'extrémité inférieure du spectre est un rouge briHaat, vif et plein, auquel succède une teinte orangée, et par fgtêàÊr tions insensibles un magnilique jaune-paille. Vient ensuite im vert d'une pureté et d'une intensité remarquables, puis une teinte bleu-verdàtre, et, après, une couleur bleue prononcée qui se fonce jusqu'à l'indigo. Après l'indigo vient le violet, dont la nuance livide termine le spectre. On peut voir dans les planches 11 et 111, figure 1, la suite des couleurs que présente le spectre après la décomposition par le prisme de la lumière blanche du Soleil.

Ainsi un rayon de lumière blanche est bien, comme nous l'avons annoncé, la réunion d'une série de rayons colorés dont nous venons seulement de nommer les principaux ; car la dégradation d'une couleur à la suivante se fait d'une manière

1. Il iinporle de remarquer que riiuage, primitivement ronde, du Soleil se trouve dilatée dans une direction perpendiculaire à laréle du prisme interposé. Latéralement , la bande a une largeur égale au diamètre do l'image ixinde. Si Ton fait varier Tinclinaison du prisme ou rincidence du faisceau , la bande lumineuse et colorée varie de longueur; mais il est une position, celle de la déviation minimum, \\o\xv laquelle la dilatation de Timage solaire devrait ^tre nulle, si les rayons qui composent le faisceau avaient tous la même réfrangibilité. Or Newton a fort bien remarqué que, pour cette position du prisme, rallongement de l'image persiste aussi bien que la coloration de ses diverses parties.

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