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DÉCOMPOSITION DE LA LUMIÈRE SOLAIHB

insensible, et il n'y a pas, de l'une à l'aulre, de cliaii^enienl brusque de nuance, ni de sulutioii de coiititiiiité'.

Une seconde expérience prouve à la fois qu'un rayon de cliacune des couleurs du spectre est simple, et (|ue son degré de réfrangibilité va en croissant du rouge au violet, dette expérience consiste à laisser passer par un petit trou pratiqué dans récran, à rendi'oît où se forme le louge par exemple, un étroit

Fig. 1U6.

pinceau de celte couleur. Reçu sur un second écran (fig. 10(i), ce pinceau forme une image rouge en un point qu'on noie avec soin. Si, au Heu de le recevoir directement sur cet écran, on interpose un second prisme, le pinceau lumineux reçoit une nouvelle déviation, et son image va se former en un point plus élevé que l'image directe. Mais la nouvelle image est rouge comme la première, et de même forme si le prisme est conve-

1. Sauf par do raies noires dès fines dont nous jiarlcrons plus loin.

nablement placé. La lumière rouge du spectre ne peut donc se décomposer.

Or la même expérience, répétée sur les couleurs successives, donne des résultats analogues. Donc toutes les couleurs du spectre solaire sont indécomposables ou simples. Mais leur réfrangibilité est croissante ; car on remarque que les distances entre les images directes des couleurs sur Técran et Tîmage obtenue par la réfraction dans le second prisme sont d'autant plus grandes que la couleur est plus rapprochée de Texlrémité violette du spectre. 11 suit évidemment de là que, lorsqu'on donne l'indice de réfraction d'une substance réfringente, il est nécessaire d'indiquer à quelle partie du spectre correspond cet indice. Par exemple, l'indice de réfraction du flint lourd, qui est 1,78 pour le rouge du spectre, est 1,86 pour le violet.

Si, au lieu d'un prisme formé de flint-glass, on emploie un prisme d'une autre substance réfringente, solide ou liquide, on obtient des spectres plus ou moins brillants et plus ou moins allongés ; si les prismes sont incolores, les spectres sont composés des mêmes couleurs, rangées dans le même ordre. Mais leur proportion, les espaces occupés par chacune d'elles, varient suivant la nature de la substance, tandis que l'ordre des couleurs reste le même. C'est le flint-glass qui, parmi les solides, donne le spectre le plus étendu, surtout dans le violet; c'est le sulfure de carbone parmi les liquides.

L'angle du prisme influe aussi sur l'étendue du spectre produit, étendue qui est d'autant plus grande que l'angle est plus ouvert. C'est un fait qu'on vérifie aisément par l'expérience, à l'aide des prismes à angles variables.

Ainsi la lumière blanche se décompose par la réfraction en rayons diversement colorés, et la couleur de chacun des rayons correspond à un degré de réfrangibilité particulier. Voilà pour l'analyse de la lumière.

plus vifs que récraii est plus loin de ce foyer. Au contraire, l'écran ost-il éloigné de la lentille, à partir du point de coavergencc les couleurs reparaissent encore, de sorte que le rouge, précédemment en bas, se trouve placé en haut, et le violet, d'abord en haut, est situé à la partie inféneure de Timage colorée.

A l'aide de deux prismes de môme substance et de même angle, mais opi)oscs de position, ainsi que le montre la fîg. 108, le faisceau de lumière blanche qui tombe dans le premier prisme se divise en rayons divergents et diversement colorés, mais la réfraction les ramène au parallélisme à leur émergence du second prisme ; el alors, au lieu d'un spectre, on obtient un faisceau de lumière blanche composé par la réunion des rayons de diverses couleurs.

Seulement, le bord supérieurde l'image reçue sur un écran est rouge, el le bord inférieur est violet. Cela vient de ce que, parmi tous les rayons de lumière blanche formant le faisceau, les rayons moyens seuls donnent lieu à des spectres dont les couleurs se rassemblent ensuite, tandis que les rayons exti-èmes du spectre ne se sont superposés avec aucune autre couleur, cl la recomposition n'a pu s'cllccluer en ces points.

Doux siieetres obtenus au moyen de deux prismes différents et projetés en sens inverse sur un écran donnent du blanc, à l'endroit où les couleurs se sui)crposont.

Le spectre donné par un prisme étant observé avec un second prisme, on reti'ouve une position pour laquelle l'image reçue dans l'ieil est ronde et blanche. Toutes ces expériences et d'autres encore sont décrites pir

Fig. 108. — R(.'cuiiiposilia[i de la lumière |iai' les pri

Newton avec une clarté et une simplicité admirables. « Jusqu*ici, dit-il, j*ai produit du blanc en mêlant les couleurs des prismes. Maintenant, pour mêler les couleurs des corps naturels, prenez de l'eau un peu épaissie avec du savon, et agitezla jusqu'à ce qu'elle s'élève en écume. Après que cette écume sera un peu reposée, vous n'avez qu'à la regarder attentivement, et vous verrez partout diverses couleurs sur la surface de chacune des bulles dont cette écume est composée. Mais si vous vous éloignez au point de ne pouvoir plus distinguer les couleurs l'une de l'autre, toute l'écume vous apparaîtra d'une parfaite blancheur. » {Optique, liv. I.)

Il essaya aussi d'obtenir la couleur blanche par le mélange, en proportions diverses, de certaines poudres colorées. De l'orpiment (sulfure d'arsenic de couleur jaune-orangé) mélangé de pourpre, de vert-de-gris et d'azur lui donna un composé d'un gris cendré qui, exposé au soleil et comparé à un morceau de papier blanc de même grandeur posé à côté du mélange et à l'ombre, parut d'un blanc éclatant. Newton explique la couleur grise des mélanges de ce genre par l'absorption de la lumière des éléments, et c'est pour obvier à cette diminution d'éclat qu'il jugea convenable d'éclairer fortement le composé par les rayons solaires.

ËnOn, si l'on fait tourner rapidement un cercle, divisé en secteurs qu'on a colorés des couleurs principales du spectre, autour d'un axe qui passe par son centre (fig. 109), on voit, à mesure que la rotation devient plus rapide, les couleurs disparaître à l'œil. Le disque prend une teinte d'autant plus blanche que la proportion des diverses couleurs aura été mieux observée. On comprend qu'alors, les impressions successives des diverses couleurs sur la rétine se contondant, grâce à la rapidité du mouvement, les choses se passent comme si les rayons faisaient leur impression simultanément, et la sensation qui en résulte est celle de la couleur blanche.

Toute lumière dont le Soleil est la source, celle des nuages, de l'almosphcre, la lumière de la Lune et des planètes, donne

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