LES RAIES DU SPECTRE SOLAIRE
C'est en cherchai) l à mesurer les indices de réfraclion des rayons colorés, et en s'efForçanl de trouver dans le spectre des points singuliers propres à lui semrde repère, que Frauenhofcr découvrit ce fait capital, que la lumière du spectre solaire n'est pas continue, qu'elle est sillonnée d'une mullitude de raies fines et sombres', formant dès lors autant d'interruptions brusques dans la bande lumineuse.
Il employa dans cette expérience, qui exige les précautions les plus délicates, un prisme de flinl-^lass d'une grande pureté, exempt de stries, sur lequel venait tomber le faisceau solaire après avoir passé par une fente étroite parallèle à l'arêle du prisme. Le spectre ainsi obtenu, étant observé avec une lunette qui en grossissait les dimensions, lui donna, au lieu d'une bande continue oîi les couleurs se fondaient sans interruption.
Fig. 1 13. — Spectre solaire. Raies de Fraucnbarer.
un ruban rayé dans le sens de sa largeur d'une multitude de raies obscures et même totalement noires, très inégalement réparties dans toute l'étendue du spectre. La distribution de ces raies ne paraissait point d'ailleurs en rapport avec les teintes des couleurs principales.
Frauenhofer varia de toutes les manières possibles son expérience ; mais, tant que la source lumineuse employée fut la lumière du Soleil, soit directe, soit réfléchie, les mêmes lignes sombres apparurent toujours, conservant entre elles les mêmes rapports d'ordre et d'intensité. Si, au lieu d'un prisme de flinlglass, on se sert d'un prisme d'une autre substance solide ou
1. WolUslon, en 180S, mil bien reconnu l'eiislencc de deux ligues eoinbi'es 6ies dans le spectre que forme un piisme de flinl-gliss : l*une de ces lignes éUil duu le bleu, rautrc dans le lerl. Hais, ainsi que le remarque Biiawsler dans son Traité «f optique, < celle dccon- Tertc n'eicila alors t'utlention de personne, et ne fut pas continuée par son savant auteur. •
liquide, les distances seules des raies varient, mais d'ailleurs
— -tfH. - s ^Hes occupent tou-
jours les mêmes positions relativement aux couleurs du spectre.
L'illustre opticien de Munich étudia avec un soin infini ce remarquable phénomène; il fixa avec une précision extrême les positions de 580 raies obscures ; et , pour servir de points de repère et de comparaison , il distingua dans ce nombre huit raieaprincipales, qu'il désigna par les premières lettres de l'alphabet. Le spectre solaire des planches II et III donne la position de ces raies, telles qu'on les obtient avec un prisme rempli de sulfure de carbone ; la figure H2, outre les raies principales de Frauenhofer dont nous parlons, en renferme d'autres parmi les premières raies découvertes, qui don-
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nent une idée du phénomène obsei^vé à l'aide d'un seul prisme.