INCANDESCENCE DES SOLIDES
des gaz, des flammes, dont nous parlerons dans le paragraphe suivaul.
Si maintenant on élève de plus en plus la température audessus de 500% l'intensité de la lumière émise va en augmentant,-sa teinte change, devient de plus en plus blanche, ce qui revient à dire qu'elle se compose de rayons de plus en plus réfrangibles : « De sorte, dit M. Becquerel, qu'à une température qui ne dépasse pas beaucoup celle de la fusion de l'or, la lumière émise est sensiblement blanche, et donne des rayons compris entre les limites de réfrangibilité des raies obscures A et H qui terminent les deux extrémités visibles du spectre solaire. »
Voici, pour le platine, à quelles températures s'obtiennent les diverses teintes qui se succèdent depuis le rouge sombre jusqu'au blanc le plus intense. Elles ont été déterminées, à 50^ près, à l'aide du pyromètre de M. Pouillet :
Orangé foncé HOO®
Orangé clair 1100®
Blanc 130(P
Blanc soudant .... 1400®
Blanc éblouissant. . . 1500®
Rouge naissant . . .
Rouge sombre. . . .
Cerise naissant. . . .
Cerise
Cerise clair 1000®
Des expériences dues à M. Becquerel il résulte qu'un certain nombre de corps opaques, les métaux inoxydables comme le platine et le palladium, le charbon, l'asbeste, la chaux, ont sensiblement le môme pouvoir d'irradiation, à mesure que la température s'élève ; jusqu'à leurs points de fusion, les métaux oxydables comme le cuivre sont doués d'une moindre irradiation : ce qui tient sans doute à la couche d'oxyde qui les enveloppe; mais, une fois le point de fusion atteint, l'intensité delà lumière devient à peu près égale à celle du platine. Au contraire, l'argent incandescent donne toujours une lumière et plus vive et plus blanche que celle de ce dernier métal.
Divers physiciens, MM. Draper, Zoellner, E. Becquerel, ont cherche à évaluer l'intensité de la lumière émise par le platine
ou tout autre corps incandescent, à des températures de plus
en plus élevées, et il résulte de leurs expériences que celle intensité va en croissant très rapidement. « En représentant par l'unité, dit M. E. Becquerel, l'intensité de la lumière émise au moment de la fusion de l'argent (916*) par un corps tel que le platine ou un fragment de magnésie ou de chaux placé à côté, à 600* il n'y a environ que les 5 millièmes de cette intensité lumineuse, à 700* les 2 centièmes, à 800* le huitième environ, et à 900* les trois quarts. Lors de la fusion de l'or (1057*), l'intensité lumineuse par irradiation serait })lus de 8 fois jilus forte que lors de lu fusion de l'argent, et lors de la fusion du cuivre 69 fois ; à 1200* cette intensité deviendrait 147 fois plus forte» à 1500*, dans cette hyi^thèse, près de 29000 fois, et à 200', limite des observations avec le charbon })olaire positif d'une pile, 191 millions de fois; mais ces deux derniers nombres supposent que la loi d'accroissement de Tintensilé lumineuse l'esté la môme au delà de 1200", ce qui n'est pas prouvé. » (la Lumière, I.) En restreignant dans la limite des expériences les résultats ainsi obtenus, on voit que la lumière émise par un corps solide incandescent est 45900 fois plus intense à la température de 1200" qu'il celle» d(* 0U0'\ ([ui est celle du rouge sombre.
La lumière émise j)ar un solide ou un liiiuide incandeseeul jouit d'une proi)riélé caractéristique qui a été mise en évidence par Arago, et dont il sera question dans un chaj)itre ultérieur: elle offre des traces de polarisation sous un angle sufïisannneuL l)etit. c< On a cru pendant longtemps, dit-il, que la lumière* émanant de tout corj)s incandescent, arrive à l'œil à l'étiit de lumière naturelle, lors(]ue dans le trajet elle n'a été ni partiellement réfléchie, ni fortement réfractée; mais c'était là une erreur. J'ai reconnu que la lumière qui émane, sous un angle suflisamment })etit, de la surface d'un corps solide ou d'un corps liquide incandescent, lors môme que cette surface n'est pas complètement })()lie, oiWv des traces évidentes de polarisation, en sorte que, pénétrant dans la lunette polariscope, elle se décompose en deux faisceaux colorés. La lumière qui émane