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INCANDESCENCE DES GAZ

d'une substance gazeuse enflammée, d'une substance semblable à celle qui éclaire aujourd'hui nos rues, nos magasins, est toujours au contraire à Tétat naturel, quel qu'ail été son angle d'émission. »

Un autre caractère qui distingue la lumière des liquides et des solides incandescents, c'est qu'elle est composée de rayons qui, dans les limites extrêmes de leur réfrangibilité, ont toutes les longueurs d'onde; en d'autres termes, le spectre en est continu; il ne renferme ni raies sombres ni raies ou bandes brillantes \

§ 2. UfCANDESCEKCE DES GAZ.

Un jet de gaz hydrogène pur, brûlant dans l'air ou même dans l'oxygène, donne une lumière d'une très faible intensité, bien que la température en soit fort élevée. Mais si l'on y plonge un fil de plaline, un fragment de chaux ou do magnésie, à l'instant il se développe une lumière éblouissante, due à l'irjcandescence des matières solides métalliques ou réfraclaires, j)ortées par le gaz à une température très élevée.

En général, les gaz, bien qu*ils deviennent lumineux comme les corps liquides ou solides à une température d'environ 500% ont un pouvoir d'irradiation beaucoup plus faible; l'élévation de la température n'accroît ce pouvoir que très faiblement, de sorte qu'une

Fig. 147. — Brûleur do Bunsen.

1. îiottsaTon» TU plus haut qu*il y a une cm deux exception*», pour Vfïhino pr *'X<-ni|jI»*, «»lb lumière donne un spectre discontinu à n'urs krlHantes, comme L^rux dos \u\tfun nttiOiqiiei. '

flamme qui peut convenir |iarfaitement comme source de chaleur, est à peine sensible comme source de lumière. Telle est la flamme du Lnileur de Bunsen, qu'alimente le gaz d'éclalrape méliin[.'é avec l'air : celte flamme est très chaude et trà peu lumineuse.

I^ flamme de l'oxyde de carbone est, comme celle de l'hjtlrogène, fort |)eu intense : elle a une faible teinte bleuâtre. Celle du chahimeau à gaz oxyhydrogène, dont la température atteint 2500*, est à peine visible à la himière du jour.

C'est à la transparence des llaninicri on des [jaz incandescents que M. K. Becquerel alliibne leur faible pouvoir éclairant, quand elles ne renlernient aiieuii corps soHde en suspension. « la flamme provenant de la combustion do l'hydrogène pur est très peu luniineuse, car elle ne iloinic lieu qu'il la jiroduction d'un cor])s Iransparenl, c'est-à-dire île la vapeur d'eau; mais si l'on plonge tlaus l'intéricnr de celte flainine un corps opaque, comme le platine, la chaux, la magnésie, anssitôl ce corps solide s'échantfe et donne une lumière très vive. Si l'Iiytlrogèiie se trouve mélangé do gaz caiboné, la llanune qu'il produit dans l'air devient par olle-niènie flaninio éclairante par suite de la

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présence de parcelles charbonneuses, qui proviennent de ta décomposition du gaz et qui brûlent en même temps que lui. »

De tous ces faits et de leur interprétation découle l'explication du pouvoir éclairant des flammes, donnée pour la première fois par Davy. A l'appui de cette théorie, on invoque encore une série d'expériences dont nous allons indiquer les principales.

Si, avant d'enflammer l'hydrogène pur, on fait passer ce gaz dans la benzine, qui est un carbure d'hydrogène très volatil, au lieu d'une flamme à peine visible, on obtient une flamme très brillante : en barbotant dans le iiquitle carburé, le gaz en a entraîné des parcelles à l'état de vapeur qui, décomposées par la haute température, se précipitent et deviennent incandescentes.

L'analyse de la flamme d'une bougie est une preuve de la même vérité. Au centre est un cône C, relativement obscur et d'une température peu élevée, puisqu'on peut y introduire un grain de poudre sans que ce grain prenne feu :

ce noyau est formé de vapeur d'acide P'g- 1*^. — simciure de it

. (Umme d'une bougie et

stearique. Autour de ce cône est une coupe de u inéme flamme, enveloppe A qui forme la partie la plus lumineuse de la flamme. C'est là que l'activité de la combustion décompose les carbures hydrogénés et précipite, à l'état de poudre ténue, le carbone dont la haute température détermine l'incandescence. Tout autour l'hydrogène environne cette partie très lumineuse d'une gaine B, obscure, mais très chaude. Enfm, en D, à la base de la flamme existe une calotte d'une lueur bleu sombre, qu'on attribue à la réaction d'un excès d'air pur sur le gaz bydrocarboné.

En abaissant sur la flamme un morceau de toile métallique, on constate directement la présence du charbon dans la partie lumineuse, j)ar le dépôt de noir de fumée qui se fait sur la toile dans la zone correspondante. Un résultat analogue s'obtient en exposant à la flamme un morceau de porcelaine blanche ; il s'y dépose de la suie.

Un bec de gaz d'éclairage donne lieu aux mômes constatations. Mais, au contraire, si le gaz est mélangé avec de l'air avant la combustion, — c'est le cas du brûleur de Bunsen,— il brûle presque sans donner de lumière, et, en effet, l'expérience de la toile métallique ou de la plaque de porcelaine ne fournit alors aucun dépôt de noir de fumée ni de suie.

Cette théorie de Davy, jusqu'ici universellement admise, rend parfaitement compte en elfel de l'irradiation des flammes où des particules solides, se trouvant précipitées à une haute température, deviennent incandescentes. La lumière si vive du phosphore;, du zinc, du magnésium s'explique fort bien ainsi; il en est de même de la lumière de l'arc vollaïque, qui est due à l'irradiation du carbone, déterminée non plus par une combinaison chimique, mais par l'exlrènie intensité de la chaleur que développe entre les éleclrodos le [)assage de l'électricité.

Cependant de récentes expériences dues à un chimiste anglais, M. Frankland, semblent prouver que la théorie de Davy ne suffit ])as à rendre compte du pouvoir éclairant des flammes; du moins, les ox|i('riences de ce savant montrent que les gaz incandescents peuvent acquérir un pouvoir d'irradiation considérable sans qu'il y ait présence de parcelles solides en suspension: un accroissement de pression peut suffire. Par exemple, un mélange d'oxygène et d'hydrogène enfermé dans des bulles de savon ne donne quand on l'enflamme, avec une forte explosion, que très peu de lumière. La même expérience faite dans un vase résistant, où l'expansion déterminée par la combustion ne peut se faire, donne une lumière très vive. On obtient des résultats semblables avec l'hydrogène et le chlore, avec l'oxyde de carbone et l'oxygène.

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