‹ Le monde physique (volume 2)Chapitre 80 sur 173 · POLARISATION PAR RÉFLEXION. 33J · texte numérisé non relu

POLARISATION PAR RÉFLEXION. 33J

mière lame une position lîxc (en plaçant son axe verticaJement par exemple), on interposera entre elle et l'œil une seconde lame qu'on fera tourner lentement dans son propre plan ; C€{ qui produira un phénomène très curieux. I^a chandelle dcvicii-? dra successivement visible et invisible h chaque quart de révolution de la lame, en passant par tous les degrés de clarté, depuis un certain maximum jusqu'à une obscurité totale ou presque totale; après quoi la clarté augmentera de la mèmç manière qu'elle aura décru. Or, si l'on fait attention à la position de la seconde lame par rapport à la première, on trouvera que les maxima de clarté ont lieu lorsque les axes sont parai-» lèles, c'est-à-dire lorsqu'ils sont disposés comme ils l'étaient ordinairement dans le cristal, on lorsque leurs positions diffèrent de 180\ Les minima ont lieu, au contraire, lorsque les axes se croisent exactement à angles droits. Dans celte dernière situation, la lumière est totalement arrêtée si la tourmaline est d'une bonne couleur, et quoique chaque lame en particulier soit d'une transparence parfaite, leur combinaison est tout à fait opaque. » (Ilerschel, la Lumière.)

Ainsi, comme on voit, le faisceau de lumière naturelle qui a traversé une première lame de tourmaline se trouve polarisé, comme celui qui émerge d'un cristal de s[)alh d'Islande. 11 n'a plus sur tous ses cotés, sur toutes ses laces, si l'on peut s'exprimer ainsi, les mêmes propriétés, du moins au point de vue de son éclat. Nous allons voir maintenant que la double réfraction n'est pas le seul moyen de transformer la lumière naturelle en lumière polarisée.

g 2. POLARISATION PAR RKFLEXION.

En 1808, Malus, physicien français, qui s'est illustré par ses beaux travaux sur l'optique, regardant par hasard, à tra- \ers un cristal de spalh d'Islande, riniagc du soleil couchant réfléchie par les vitres du palais du Luxembourg, remarqua

avec surprise qu^en faisant tourner le prisme, les deux images changeaient d^intensité : la plus réfractée était alternativement plus ou moins brillante que Tau Ire, à chaque quart de révolution. En analysant minutieusement ce phénomène, il découvrit que la réflexion sous cerUiins angles suffi l pour donner au rayon lumineux les mômes propriétés que possède un rayon qui a traversé un cristal biréfringent tel que le spath d'Islande. L'expérience de Huygens, dont Huygens et Newlon avaient essayé en vain de dcmner la théorie, ne fut plus un phénomène isolé, et c'est en s'efforçant de la rattacher à une même explication déduite de la théorie de Newlon, que Malus fut conduit à donner le nom de polarisation de la lumière à la modification subie par les rayons lumineux dans les expériences rapportées plus haut. Trois ans plus tard, en 1811, Malus, Biot et Brewster découvraient séparément la polarisation par réfraction simple, et Arago la polarisation chromatique; et depuis, une multitude de faits nouveaux, se rattachant à des modifications singulières des rayons lumineux, vinrent concourir, avec les phénomènes dont nous venons de parler, à former une des plus intéressantes branches de la science, aussi féconde pour la théorie que pour ses applications pralicjucs. Comme les bornes et la nature élémentaire de cet ouvratje ne nous permcltenl |)as d'entrer dans de longs détails, nous nous contenterons de décrire quelquesuns des plus remarquables parmi ces phénomènes.

Quand un faisceau de lumière naturelle tombe obliquement sur un miroir non métallique, de verre noir, de marbre, d'obsidienne, il acquiert, par la réflexion à la surface, les mômes propriétés que s'il eût été traversé par un cristal doué de la double réfraction : il est polarisé.

On pose sur une table, devant une fenêtre ouverte, une plaque de verre noir, puis on se place de manière à recevoir obliquement, sous une inclinaison d'environ o5\ la lumière des nuées réfléchie par la plaque. L'éclat du miroir paraît alors uniforme. ISi, sans changer alors de ])osilion, ou observe la surface brilante à travers une lame de tourmaline, taillée parallèlement à

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