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 UN AXE ET À DEUX AXES

une cruix blanche, et les anneaux irisés présentent, aux mômes

distances du centre, des couleurs complémentaires de celles qu'ils affectaient dans la première expérience (planche VU, iig. 5). Dans les positions intermédiaires des axes des tourmalines, on passe graduellement de la première apparence à la seconde : si les axes sont inclinés de 45\ on obtient la fignrc 2 de la planche VII.

Tels sont les phénomènes, quand on se sert de la lumière blanche. Si Ton s'était servi de lumière homogène, de lumière jaune par exemple, on eût obtenu des anneaux alternativement brillants et noirs, traversés ptir des croix semblables à celles qu'on vient devoir dans les expériences précédentes, les anneaux brillants étant de couleur jaune. Les anneaux de même ordre seraient, si l'on employait les diverses couleurs du spectre, crantant plus grands que ces couleurs sont plus réfrangibles. Voilà pourquoi les anneaux sont irisés avec la lumière blanche, et pourquoi le violet occupe, dans ce cas, le bord extérieur de chaque anneau dans la première position du polariscope.

C'est en 1815 que Brewster découvrit les anneaux colorés produits par la lumière polarisée, qnand elle vient à traverser, en convergeant, des lames minces de cristaux biréfringents : il les vil d'abord dans le rubis, l'émeraude, la to])aze, la glace, le iiitre, et plus tard le docteur W^ollaston les observa dans le spath d'Islande. En étudiant ces phénomènes dans les dilîérentes substances cristallisées, Brewster arriva à distinguer les cristaux biréfringents en deux classes, celle des cristaux à un axe, et celle des cristaux à deux axes. Voici comment : tandis <|U(î dans le rubis, l'émeraude, le spath pai' exemple, il n'aperynt qu'un simple système d'anneaux colorés, dans le nitre, la t(q>aze, taillés suivant une certaine direction et observés à travers la pince à tourmaline, etc., il observa un double système d'anneaux, alternativement noirs et brillants si la lumière pohirisée qui les traverse est homogène, et irisés si cette lumière rsl blanche. C'est ce phénomène qui fit découvrir à Brewster les cristaux biréfringents à deux axes.

844 IiE MONDB PHTSIQUB.

Pour observer les anaeaia dont il s'agit, on tailleMne lame, de nitre par exemple, perpendiculairement k la ligne moyenne des deux axes, et on l'interpose entre les anneaux de la pince ' à tourmaline. On aperçoit alors l'une des figures 4, 5 el 6 de la planche Vil. La flgure 6 correspond au cas où le plan des axes de la lame de niïxe est parallèle au plan piimitif de polarisation ; la figure 4 à celui où ces plans font un angle de 45*; enfin la figure 5 représente les anneaux donnés par ta position intermédiaire. Au delà de 45* jusqu'à 90*, on retrouve les mêmes apparences, et il en est de même dans chaque angle droit, si

Fig, 'J06. — Ancipnm lobros ilii spalli.

l'on continue à l'aire Idiinicr sur elIe-mOmc la plaque de niliT. Avec la lumière homogène, on obtient des anneaux allernativcment noirs et brillants, ces derniers étant de la couleur de la source.

Si, en laissant la lame fixe entre les deux tourmalines, on fait tourner le polariscope ou analyseur, c'csl-à-dliv la tourmaline voisine de l'œil, les anneaux, sans changer de |H>silion, changent peu à peu de couleur, et quand la rotation est de 90" ou de 270°, ces couleurs sont devenues les complémentaires de celles que donnaient les anneaux dans les mômes positions de la lame ; les croix noires ont été remplacées par des croix— blanches.

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