‹ Le monde physique (volume 2)Chapitre 90 sur 173 · CLASSIFICATION DES COULEURS · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES COULEURS

proportion quelconque de noir : en ce cas, au lieu d*un blanc parfait, on n'obtiendrait qu'un gris plus ou moins foncé.

Enfin, le mélange des couleurs complémentaires ne produit du blanc que s'il n'est pas matériel ; si l'on se sert de couleurs matérielles délayées d'une façon quelconque, ou même à l'état pulvérulent, le mélange ne donnera qu'un gris plus ou moins foncé*.

Si les couleurs, tant simples que composées, sont en nombre indéfini, si le mélange en proportions diverses de blanc ou de noir en multiplie encore le nombre, il n'en est pas moins vrai que l'œil n'en peut apprécier distinctement qu'une quantité limitée. Toutefois, s'il était possible de réunir dans une même échelle toutes les nuances de couleurs que nous ofTre la nature et que nous pouvons distinguer les unes des autres, nous serions étonnés de la richesse et de la magnificence de cette palette : les feuilles et les fleurs dans les plantes, les })elages des animaux, les brillantes couleurs dont sont peintes les plumes des oiseaux, les ailes des papillons et des autres insectes, les nuances des divers minéraux, des coquillages, fourniraient les éléments de la série innombrable des couleurs naturelles, et permettraient de passer d'une nuance à la suivante par gradations insensibles. On aurait ainsi une classification des couleurs tirée des objets naturels.

Les couleurs employées dans les arls sont probablement beaucoup plus restreintes : on peut se faire néanmoins une idée de leur nombre })ar ce fait que les Romains se servaient, dit-on, dans leurs mosaïques de plus de 50 000 teintes. Mais ce nombre même, précisément parce qu'il est considérable, a fait sentir le besoin d'une classification raisonnée des couleurs et de leurs nuances, qui permette de les définir, en ra])portant l'une quelconque d'entre elles à un type fixe déterminé une fois pour toutes. Tout le monde sait que, dans l'industrie el dans les arts, la nomenclature des couleurs est fort arbitraire

I. LVxpérience de Nei^'lun, qui» nous nvon» ciléc plus huut (p. 161), le prouve. II. 46

OU, du moins, qu'elle v^rie d'un arl ou d'une industrie a Fautre : les noms sont empruntés à des objets naturels, minéraux, fleurs, fruits, animaux, mais il n'y a entre eux aucun lien de gradation. C'est pour obvier aux iuconvéuienls qui résultent de cette confusion que notre savant et illustre compatriote M. Ghe-

Fig. 209. — M. CheTreul.

vreul a proposé une classification des couleurs et de leurs nuances, dont nous allons indiquer les principes cl la base.

Selon M. Chevreul, une matière colorée par l'une quelconque des couleurs du spectre ne peut être modifiée que de quatre manières différentes :

1' Par du 6ïanc,qui,enl'éclaircissant, en afl'aibliirintensilc;

lE NONOE PHVSIQUE

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