II. i
. Si la rar&ce cUioorp»a Upropriâtâ d'absoriier toni 1« nyoM colorés du spectre, un excité, le ronge je suppose, le oops nous semble rouge, parce qu'il ue réfléchit vers notre cul que les rayons roii^es du spectre. Si cette surface n'absorbe qu'nae portion plus restreinte des rayons colorés, la couleur du o^ sera celle qui provient du mélange des rayons non absorbés, et c'est là ce qui explique le nombre considérable des couleurs et des nuances des corps, nuances et couleurs beaucoup plus viriées que celles dont le spectre lui-même est composé. Aiuii les corps colorés sont ceux qui, réfléchissant certains rayons, absorbent les autres. Si cette explication est vraie, elle est su»* ceptible de diverses vérifications expérimentales.
Prenons un corps blanc, et faisons en sorte qu'il ne reçoiw que les rayons jaunes du spectre : cela est aisé, en plaçant k coi^s dans la chambre obscure, et en ne laissant arriver qoe les rayons jaunes du spectre obtenu par uo prisme. Le corps paraîtra jaune; il serait rouge, vert, bleu, etc., s'il n'était éclairé que par les rayons rouges, ou verts, ou bleus. Au coatraire, un corps noir restera noir, quelle que soit ta couimr dont il est éclaire. Ennii, un corps rouge pui-ailra d'un rouge intense si on l'éi-laire avec la lumière proveiiurit des rayons rouges du spectre, tandis qu'il paraît noir t>i on rex]H)se aux rayons des autres couleurs.
L'exi)érience confirme tous ces résultats. On observe cependant que les corps colorés prennent la teinte des rayons qui les éclairent, alors même que ces rayons n'ont pas la couleur de ces corps ; mais cette teinte est d'autant plus vive qu'il y a une plus grande analogie entre leur couleur propre et celle des rayons dont on les éclaire. Ainsi, a le vermillon placé dans le rouge parait du rouge le plus éclatant. Dans l'orangé et le jaune, il semble orangé et jaune, mais son éclat est moindre. Les. rayons verts lui donnent aussi leur couleur, mais, à cause de la grande aptitude du rouge à réfléchir la lumière verte, il paraît sombre et terne; il le devient davantage encore dans le bleu, et dans l'indigo et le violet il est presque entièi'emciit
noir. D*un autre côté/un morceau de papier bleu foncé ou bleu (le Prusse prend un éclat extraordinaire quand on Texpose aux rayons indigos. Dans le vert, il devient vert, mais avec un moindre éclat ; dans le rouge, il paraît presque noir. » (Hers* chel). Il faut donc comprendre la théorie de Newton dans ce sens que les surfaces des corps colorés sont en général aptes à réfléchir les rayons d'une certaine couleur en quantité beaucoup plus grande que ceux des autres rayons ; et c'est là ce qui leur donne leur couleur prédominante. Ces surfaces n'absorbent pas entièrement néanmoins les autres rayons, et c'est là ce qui les empoche d'être comjilètement noirs, quand on les éclaire avec une lumière dont la couleur est différente de leur couleur propre.
La coloration des corps opaques paraît due principalement aux rayons réfléchis diffusément, non aux rayons réfléchis spéculairement.
Les corps à surface polie, en effet, sont pour ainsi dire incolores, ou plutôt ne semblent colorés que des teintes des objets dont ils réfléchissent les images. Néanmoins, si parfait que soit le poli d'un miroir, il altère les couleurs des images, qui paraissent jaunies dans l(*s miroirs à surface argentée ou dorée, rougis dans les miroirs à surface cuivrée. La teinte propre à un miroir est quelquefois difficile à constater })ar une réflexion simple ; mais en disposant deux miroirs pareils parallèles à une faible distance, les rayons qui arrivent à l'œil après des réflexions multipliées ont une coloration prononcée.
Les couleurs des corps sont rarement identiques avec les couleurs simples dont le spectre solaire est formé : la plupart sont composées, comme on s'en assure du reste, en les soumettant isolément à l'analyse du prisme. Cette analyse donne un spectre formé de diverses couleurs simples, et c'est le mélange qui produit la couleur particulière observée. 11 suffit de regarder un objet coloré, une fleur, un morceau d'étoffe, à travers un prisme, pour voir que les bords de l'image parallèle à l'arête du prisme sont irisés.
SM LK MONDE l'HYSiyUE.
Si, au lieu d'éclairer un corps coloré à l'aide de^ la lumièR blanche du Soleil, ou de FuDe ou de Tautre des conleon aimples dont cette lumière est formée, on l'éclairé en employant d'autres sources lumineuses, telles que la lumière d'une lampe Qju certaines flammes nrtificielleB, sa couleur se trouve altérée. Ainsi tout le monde sait que le vert paraît bleu le soir i la lumière d'une lampe ou d'une bougie. Cela tient à ce que cette lumière renferme moins de rayons jaunes que la lumière du jour : or, le vert étant une couleur qu'on obtient par le mélange du jaune et du bleu, si le jaune lait défout ou manque en partie, la nuance résultante tire plus ou moins sur le bleu. Cette der^ nière remarque nous conduit à parler des couleurs qu'on obtient par le mélange des couleurs simples. Hais, auparavant, terminons ce que nous voulions dire de la théorie de Ncvton sur les couleurs des corps non lumineux par eux-mêmes.
Cherchant à pénétrer plus profondén^ent dans les causes dn phénomène, Newton suppose que la lumière incidente est décomposée à la surface. Une partie est absorbée, éteinte dans les corps opaques, et transmise dans les corps transparents. L'autre partie est réfléchie par les molécules superficielles, à une faible profondeur dans les corps opaques, et à des profondeurs quelconques dans les corps transparents. C'est ce qui explique pourquoi, dans ces derniers, la couleur de la lumière transmise est en général diiïérente de celle de la lumière rélléchie. Nous avons vu, par exemple, que l'or réduit en feuilles extrêmement minces laisse passer une lumière d'un bleu verdàtre ; sa couleur réfléchie est jaune ou jaune-rougeâlre. « Hallcy, étant descendu sous l'eau à une profondeur de plusieurs brasses dans une cloche à plongeur, vil de couleur cramoisie le dessus de sa main, sur laquelle tombaient les rayons solaires, passant par une ouverture vitrée, tandis que le dessous, illuminé par la lumière que réfléchissaient les parties profondes de l'eau, paraissait vert; d'où Newton conclut que l'eau laisse passer les rayons rouges et réfléchit les rayons violets et bleus. » (Daguin.)
Quelle est la modiflcation subie par la lumièi-e réfléchie difiii-
scinent? Oinment b strurtuiv de» <\Mri<o 4k£^!)^!t<f' >iir t^ «iiAV^ l'cnts rayons colorés, jnHir nrmvw i^> U!^> «^ eU •îHÏn'^ K^ autres? Esl-iv la forme, b ^ietisitê. V& \%H\\\^ir nMnnivnl tîos molécules, ou bien s^Hit-ce <vs èleaK-wls re«u»s qu! «KmiHMil lieu au phénomène lies explorations Ji\er>«>? tV mmiI U iK*s questions excessivement délioati->, auxqueiles on ne |HMit e«~ voYC ré|>ondre avec certîtu«k* dans IVtat acluoî de la soieuiv.
I 4. a.\«»irii:\T>*> m:« <>Kirift<.
La lumière blanche du St^leiL tlivoni|H^stv par le prisnu\ donne lieu à une série de couleui's corivspondant à des dejïivs différents de léfrangibilitê. T.es couleurs sont, pour ainsi diiv. en nombre^ infini, puis(]u*oii passe d'une extivuiilc a TaulnMlu spectre par des nuances insensibles: mais il est trusajïi* tie distinguer sept couleurs principales, ttont les Uiims, pris dans leur ordre naturel, forment le mauvais vers alexandrin ipn voici :
Violet, indifio, bleu, vert, jaune. oranift\ nwift*.
Quelques physiciens, se tondant sur la possibilité de repn>duire certaines d'entre elles parle mélange des autres, d'obti^ nir, par exemple, du vert par la juxtaposition du jaune et du bleu, du violet par celle du bleu et du rouge, etc., ont cherché à démcmtrer que le spectre n'est formé cpu* de tmis couleurs élémentaires. D'après Brovster, ces couleurs serai(»nt h» rouge, le jaune elle bleu; d'après Youiig, le rouge, le ver! et le violet. Les proporlicms dans lesquelles ces couleurs se mélangeraient dans les diverses parties du spectre, ren(lrai(*nl raison d(» la variété des nuances dont il est composé.
Aujourd'hui, on rejette ces dernières théories, les expériences sur lesquelles leurs auteurs les appuyaient ayant été démontrées inexactes. Toutes les couleurs du spectre sont donc di's couleurs simples, dont le nombre, je le répèle, peut être consi-
déré comme illimité, bien que dans la pntkpie oo le réAiittè sept couleurs principales.
Le bkme n'est pas une coulair siiAple; c'est, an tiDotraire, b plus complexe de tontes les conleon composées. Le wn> n'est pas une couleur ; c'est l'absence complète de toute lumî^ Quant aux 'couleurs composées, telles que nous les présentent les corps naturels, elles sont dues à' des mélanges, en propor* lions variées, de toutes les couleurs élémentaires.
Une expérience bien simple démontre que le concours de tous les rayons du spectre est nécessaire pour produire le blme par&it. Elle consiste à intercepter une partie quelconque da spectre, avant qu'il ne tombe sur la lentille qui sert & la lecoiai* position de la lumière. « Ainsi, quand on intercepte le violeli le blanc prend une teinte jaune ; si Ton supprime ensuite m^ cessivement le bleu et le vert, le jaune devient de plus m ^m rouge, et passe par l'orangé au rouge écarlate et au rooge pooceau. Si l'on commence par supprimer l'extrémité ronge 4l spectre, on fera passer le blanc au vert pftle, puis au verl 6à^ tant, au bleu verdâtre, au bleu et enfin au violet, en înten^ tant successivement les rayons tes moins réfrangibles. Si c'est le milieu du spectre qui est intercepté, la concentration du reste des rayons produira diverses nuances de pourpre, de cramoisi, etc.. suivant la partie qu'on aura supprimée. On peut, en inlei'ceptant certains rayons, obtenir telle couleur que l'on voudra, et il n'y a point de nuances dans la nature que l'on ne puisse imiter ainsi paifaitement, avec un éclat et une richesse que les couleurs artificielles ne peuvent jamais atteindre. » (J. Herschel, Traité de la himière.)
Le nombre des couleurs composées, obtenues par le mélange des couleurs simples ou des divers rayons colorés du specbv « s'accroît ainsi d'une façon pour ainsi dire indéfinie. Mais nous allons voir bientôt qu'il est possible de l'augmenter encore » soit par l'addition d'une certaine quantité de lumière blanche* soit par le mélange du noir en pro|iorlton variable.
CLASSIFICATION DBS COULEURS. 35U
Deux couleurs cpii, par leur mélange, proiluisciil du blauc sont ce qu'on nomuie des couietirs œmplétiwiUaires.
II y a UH moyen assez simple de déterminer les groupes de couleurs qui jouissent de celle propriété : c'est d'inlercepler
Fig. S08. — Sir Julm M<
au sortir de la lentille une partie du faisceau convei^ent qui allait former au foyer de la lumière blanche. Cette portion reçue par un second prisme sera déviée, et donnera une couleur qui sera évidemment complémentaire de la couleur produite au foyer de la lentille, jmisque, avant leur séparation, elles formaient du blanc.
HehnhollE a recwnnUi par un procédt^ difTéreut qui consisté à recevoir deux couleorv du siiectre à lraY(>rs les feiiU's irmi écran el à les concenlrei- it l'aiili* irtino Iciitillo. qu'il y .1 un iiombre îudéfinî de groupes di' deux coulcui-s susceptibles «le former, par leur mélange, du hlunc piii-ruil. Voici quelques-uiu^ des résultats obtenus pai- ce jib^sicien : ^H
Viulet — JBune-verdltre S 10
Indigo — JRone 5 A
Bleu ^ orangé 1 1
Blea-verdàtre — rongv 0,44 0,44
Les nombres qui suivent les groupes mesurent les intensités relatives de chacune des couleurs ; ceux de la seconde coltmae correspondent à une lumière vive : ils varient quand la lumière incidente varie elle-même d'intensité.
Helmholiz a donné encore un moyen extrêmement simple pour étudier le résultat du mélange de deux couleurs. Sur une table noire, on pose deux disques colorés, Fun de la première, l'auti-e de la seconde couleur. Puis on place verticalement entre les deux une glace s»ns lain. L'un des disques est vu directement ; l'autre s'apcr(;oit au travers de la lame transparente. En outre, le ])reuiicr est vu iiitc seconde fois par i-éflexion. Si im le place alors de telle façon qiie son image semble superposée au disque vu à travers la glace, les deux couleurs se trouveront naturellement mélangées, et l'on jugera aisément de la nuance produite ])ar leur composition. C'est ainsi que deux disques, colorés l'un par le jaune de chrome, l'autre par le bleu d'aznr de cobalt, donnent du blanc pur, ce qui pmuvc que ces couleurs sont cumplcmenlaires.
En résumé, une couleur simple ou composée a toujours sa couleur complémentaire ; de plus, elle en a une infinité, car si à la couleur complémentaire on ajoute des proportions variables de lumière blanche, le résultat ne peut être que du blanc. Mais il ne faut appliquer cette règle qu'aux coulenrs franches, u'est-à-<lire à celles qui ne sont pas altérées par une