‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 103 sur 271 · VI · texte numérisé non relu

VI

En rapprochant ces nombres, ou mieux en comparant entre elles les trois courbes de la ligure 152, où les abscisses représentent les profondeurs en brasses, et les ordonnées les températures correspondantes des trois points où ont été faits les sondages en série, on se rendra compte aussitôt de la différence qui existe entre la région froide et la région chaude. On y voit clairement dans les premières 50 brasses un rapide abaissement à partir de la surface, à peu près égal aux trois stations. « La température de la surface, dit M. Wy ville Thomson, est produite sans doute par la chaleur directe du soleil, et le premier et brusque abaissement est dû à la prompte décroissance de cette cause immédiate. » De 50 à 150 ou 200 brasses, la température s'abaisse très peu; mais, à partir de

celte dernière profondeur, la divergence entre les courbes de la région froide et celle de la région chaude s'accentue fortement. Pour expliquer une telle différence entre deux climats sous-marins si voisins l'un de l'autre, le savant que nous venons

de citer, d'accord avec le docteur Carpenter, pense qu'il n'y a qu'une explication admissible : c'est celle de la juxtaposition ou de la rencontre de deux courants opposés, l'un amenant les eaux chaudes de l'océan Atlantique équatorial, l'autre les eaux froides des mers polaires. « Un courant arctique d'eau glacée

venant du nord-est se glisse dans le canal de Fâroér, et coule dans sa partie la plus profonde, à cause de sa densité plus grande; tandis qu'une masse d'eau chauffée à un degré supérieur à celui de la température normale de cette latitude, et provenant conséquemment de quelque source méridionale, s'achemine vers le nord en traversant son extrémité occidentale, et en remplissant depuis la surface jusqu'au fond

Fis. 155. — Limites des régions froides et chaudes de l'Atlantique du Nord, d'après Mohn.

toute cette partie relativement peu profonde de l'Atlantique1. » La rencontre de ces deux courants, opposés à la fois en direction, en température et en densité, se fait sur le banc qui réunit le nord de l'Écosse et les Shetland aux Fâroer et à l'Islande. Bien que les eaux froides s'élèvent plus haut que ce seuil, elles ne peuvent le franchir; mais elles refroidissent considérablement les eaux du courant d'eaux chaudes et le réduisent,

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