‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 139 sur 271 · SALSES DE LA CASPIENNE · texte numérisé non relu

SALSES DE LA CASPIENNE

terre formant le cap Galera-Zamba, près de l'embouchure du fleuve de la Magdalena. Il existait en ce point une colline conique qui de temps à autre émettait des gaz, de la fumée, s'échappant quelquefois avec assez de violence pour lancer au loin les objets qu'on jetait dans l'orifice (à peu près comme nous avons vu que se font les éruptions aqueuses du Strokur). « En 1839, dit Humboldt, une éruption de flammes considérable fit disparaître le cône, et la presqu'île de Galera-Zamba devint une île séparée du continent par un canal de 30 pieds de profondeur. Les choses demeurèrent en cet état jusqu'au mois d'octobre 1848, où, sans qu'il y eût dans les environs d'ébranlement sensible, une éruption ignée formidable, visible à 10 ou 12 milles de distance, se produisit de nouveau à l'endroit même où s'était faite la rupture, et se prolongea pendant plusieurs jours. La salse ne rejeta que des gaz sans aucun objet solide. Lorsque les flammes furent éteintes, on trouva que le sol de la mer s'était soulevé et avait formé une pelile île de sable qui disparut peu de temps après. Plus de 50 volcancitos, c'est-à-dire plus de 50 cônes semblables à ceux de Turbaco, entourent maintenant, dans un rayon de 4 à 5 milles, le volcan de gaz sous-marin de Galera-Zamba1. »

Mais nulle part le dégagement des hydrocarbures inflammables n'est aussi abondant que dans le voisinage de Bakou, la cité du naphte. Dans toute la province de Schirvan, « le sol en est à ce point imprégné, dit M. Yélain, qu'il suffit de le percer à une faible profondeur pour donner passage au gaz inflammable. Une simple étincelle allume un incendie qui se communique à toules les autres crevasses avec la rapidité de l'éclair, et se continue ainsi jusqu'à ce qu'une violente tempête ou une forte pluie vienne l'éteindre. Ces flammes vacillantes et bleuâtres, à la manière des feux follets, s'élèvent en hautes spirales, ou d'autres fois s'abaissent en couvrant le sol, qui paraît éclairé d'une lueur éthérée. L'herbe sèche qui

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