LES VOLCANS DE L'ATLANTIQUE
sède un volcan qui a eu dé nombreuses éruptions du seizième siècle jusqu'à nos jours. Plus au nord viennent les Canaries, qu'ont rendues célèbres, au point de vue qui nous occupe, d'une part, le pic de Ténériffe, l'un des plus remarquables volcans du monde entier, et l'île de Palrha, étudiée avec tant de soin par Léopold de Buch, qui la proposait comme exemple de la formation des cratères volcaniques par voie de soulèvement. Le cône principal du volcan de Ténériffe ou pic de
Fig. 216. — Le pic de Ténériffe, vu du large.
Teyde, qui domine de 5700 mètres le niveau de la mer, s'élève au centre d'une vaste enceinte elliptique, bordée sur une grande partie de son contour par des rocs à pic, et mesurant 12500 et 9500 mètres dans la direction de son grand et de son petit axe. Deux autres cônes, le Chahorra et la Montana Blanca, moins élevés que le premier, se dressent de chaque côté du cône principal. Les plus anciennes éruptions connues du pic de Teyde datent de la première moitié du quinzième siècle (en 1450); mais c'est le cratère du Chahorra, en 1798, qui subit
la dernière, l'une des plus violentes. L'enceinle cratériforme, à l'intérieur et à l'extérieur de laquelle se voient de nombreux cônes adventifs, est considérée comme produite par une éruption très ancienne ; ses parois, comme celles de la Somma du Vésuve, sont probablement les restes d'un cône beaucoup plus élevé que les cônes actuels, lequel sauta en l'air sous l'effet d'une explosion paroxysmale. Dans les Canaries, il faut citer encore la Montana ciel Fuego (montagne de feu), volcan aelif, dont la plus récente éruption date de 1824.
Madère est aussi une île volcanique, formée principalement de couches de scories, de tuf et de cendres. Plusieurs des hautes montagnes de l'île possèdent des cratères, actuellement en repos. Non seulement les neuf îles des Açores sont volcaniques et l'on y voit des cônes de scories, des coulées de laves indiquant une activité peu ancienne; mais Saint-Michel, Terceira, Pico, Fayal, Saint-Georges ont des volcans actifs, dont les éruptions datent du siècle dernier ou du commencement du siècle actuel. Déplus, les régions océaniques qui les entourent ont eu à plusieurs reprises, et jusqu'en 1867 \ des éruptions sous-marines. Des îles ont été formées temporairement par les déjections volcaniques, et nous en avons plus haut cité un exemple en parlant de la naissance et de la disparition de l'île Sabrina, en 1811.
A partir des trois groupes océaniques et volcaniques du Cap- Vert, des Canaries et des Açores, il faut remonter très haut dans le nord de l'océan Atlantique, sous le cercle polaire, pour retrouver des signes de l'activité souterraine et éruptive. L'Is-
1. On trouvera dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences pour 1867 (t. Il) les détails recueillis sur les lieux par des témoins oculaires, MM. Ch. Sainte-Claire Deville, Janssen et Fouqué. Précédée d'un violent tremblement de terre, cette éruption dura plusieurs jours, pendant lesquels on vit la mer entrer comme en ébullition sur un espace de plus d'une lieue en diamètre. De grosses pierres furent projetées en l'air, et la mer se couvrit de matières jaunâtres ou rougeâtres qu'on prit pour du soufre. Une forte odeur d'œufs pourris montra que le gaz acide sulfhydrique dominait dans les émanations. Des sondages effectués par M. Fouqué en septembre, c'est-à-dire trois mois et demi après l'éruption, n'indiquèrent aucun changement dans le niveau du fond de la mer en cet endroit, situé à 12 kilomètres environ de la côte de Terceira.