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LES VOLCANS ÉTEINTS

Vivarais, en Allemagne la région des cratères-lacs de l'Eifel, sont les contrées que nous avons en vue, et par lesquelles nous allons terminer cette revision de la distribution des régions volcaniques de la Terre.

Le lac Asphaltite ou mer Morte, dont le niveau est si considérablement déprimé au-dessous de celui de la Méditerranée et de l'Océan (à 392 mètres au-dessous), paraît en effet n'être autre chose que le produit d'un effondrement, ou que l'élargissement d'une profonde fissure volcanique. La longue et étroite vallée arrosée par le Jourdain, occupée par le lac de Tibériade et la mer Morte, marque la direction de cette fissure, qui suit le méridien. Les amas de ponce, de soufre, de bitume, les sources chaudes qu'on trouve encore sur les rives de ces lacs, les cônes de scories et les cratères du côté sud-est de la mer Morte, une coulée de lave toute moderne observée à peu de distance du lac de Tibériade, tout indique le caractère volcanique de cette vallée. La tradition biblique qui fait détruire par le feu les cités qui s'élevaient jadis en cette contrée1, s'accorde avec l'hypothèse d'un grand paroxysme volcanique survenu à une époque relativement moderne, quoique très reculée historiquement. Sur les eaux lourdes, chargées de sels ', du lac

1. Strabon, après avoir rapporté comment l'asphalte vient, à des époques irrégulières, surnager sur les eaux du lac Sirbonis (mer Morte) et comment les habitants le recueillent, ajoute : « On a constaté, du reste, beaucoup d'autres indices de l'action du feu sur le sol de cette contrée. Aux environs de Moasada, par exemple, on montre, en même temps que d'âpres rochers portant encore la trace du feu, des crevasses ou fissures, des amas de cendres, des gouttes de poix qui suintent de la surface polie des rochers et jusqu'à des rivières dont les eaux semblent bouillir et répandent au loin une odeur méphitique, çà et là enfin des ruines d'habitations et de villages entiers. Or cette dernière circonstance permet d'ajouter foi à ce que les gens du pays racontent de treize villes qui auraient existé autrefois ici même autour de Sodome, leur mélropole, celle-ci ayant seule conservé son enceinte (une enceinte de (50 stades de circuit). A la suite de secousses de tremblements de terre, d'éruptions de matières ignées et d'eaux chaudes, bitumineuses et sulfureuses, le lac aurait, parait-il, empiété sur les terres voisines ; les roches auraient été calcinées, et, des villes environnantes, les unes auraient été englouties, les autres se seraient vues abandonner, tous ceux de leurs habitants qui avaient survécu s'étant enfuis au loin. » (Géograpliic, trad. de Amédée Tardieu, liv. XVI. chap. n, 44.)

2. « La densité de l'eau de la mer Morte, dit M. Lortel, est considérable surtout à une certaine profondeur au-dessous de la surface, tandis que les eaux douces, plus légères, se ramassent dans les couches supérieures; à quelques brasses, elle atteint 1,2285, nombre qui reste constant. Les eaux du lac, absolument saturées de certains sels, les laissent déposeï'

Asphallile, floUent de lemps à autre de grandes masses de bitume. On croit que ce bitume suinte des rochers, puis se coagule au fond de la mer, d'où le détachent des commotions du sol; du moins les Arabes prétendent-ils qu'il apparaît surtout en grande abondance après les tremblements de terre. Sur le rivage, on trouve des pierres ponces, des cristaux de sulfate de soude, de gros morceaux de soufre.

Des rives du Jourdain et des côtes de Syrie, passant au-dessus de Santorin, puis de l'Etna, du Vésuve et des salses de l'Italie centrale, on arrive à peu de chose près en ligne droite h l'une des plus remarquables régions volcaniques de l'ancien continent au plateau central de la France, aux monts d'Auvergne, du Cantal et du "Vivarais. L'activité des nombreux cratères, qui forment la double chaîne des Pays est depuis longtemps éteinte ; mais les traces qu'elle a laissées sont écrites en caractères indélébiles et indiscutables sur le relief de toute la contrée. D'après M. Lecoq, à qui l'on doit une étude approfondie des terrains volcaniques du centre de la France, ces terrains se partagent en trois séries, selon l'époque de leur apparition : les plus anciens sont les terrains trachytiques qui dominent dans les massifs du Cantal, du Mont-Dore et du Mézenc; puis vinrent les terrains basaltiques, et enfin, à une époque relativement plus récente, les épanchemenls laviques. « Tout nous porte à croire, dit-il, que les premières éruplions donnèrent naissance à des produits pulvérulents, à des cendres, à des roches brisées, à un mélange qui, à chaque irruption, devait obscurcir l'air pendant plusieurs jours ; mais des pluies électriques devaient alors comme de nos jours descendre en

à l'état de cristaux dans les vases du fond. Ces substances, au-dessous de la surface, se trouvent dans les proportions suivantes :

Chlorure île sodium (sel marin1. . 0,0127

— (Ici magnésium 10,5411

— de potassium 0,1103

— de calcium 1,0135

« La forte proportion de brome, l'absence complèle d'argent, de césium, de lithium, de rubidium et d'iode est une preuve de plus que le lac n'a jamais communiqué avec les "wcans. »

Bromure de magnésium 0,504

Sulfate de chauv 0,078

Eau 74,8899

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