Fuchs, Les Volcans et les Tremblements de terre
continuels, comme dans certaines parties du versant des Andes, dans l'Amérique méridionale, les secousses ou mieux les frémissements sont si nombreux, et en même temps si inoffensifs, que le plus souvent personne n'y fait attention. Aussi distinguet-on ces tremblores des véritables tremblements de terre, ou teremotes, qui sont autrement dangereux Quand il s'agit d'ébranlements du sol liés à une éruption volcanique, soit qu'ils la précèdent et en soient comme les précurseurs, soit qu'ils l'accompagnent ou même, ce qui est plus rare, la suivent, les secousses se succèdent pendant un temps qui peut être fort long, et leur nombre est alors illimité, comme celui des explosions du cratère. « Après le grand tremblement de terre de Naples (16 juillet 1805), dit Humboldt, et après l'éruption de laves qui suivit dix-sept jours plus tard, assis, la nuit, un chronomètre à la main, sur le cratère du Yésuve, au pied d'un petit cône d'éruption, j'ai senti très régulièrement, toutes les vingt ou vingt-cinq minutes, une commotion dans le sol du cratère, immédiatement avant chaque éjection de scories incandescentes2. » Des secousses de ce genre n'accompagnent pas toujours les éruptions volcaniques. Par exemple, lors de l'éruption du volcan de Sangaï en décembre 1847, M. Wisse, dont nous avons cité les observations, n'a éprouvé aucune secousse du sol, bien qu'il se fût approché du sommet et du cratère à 300 mètres. Nous ayons vu qu'il n'avait pas compté moins de 267 éruptions de scories dans l'intervalle d'une heure.
La durée des secousses est le plus souvent fort courte, et atteint ou dépasse rarement une seconde, quand le choc est unique. Les oscillations irrégulières, composées de plusieurs secousses ou ondulations en divers sens, ont une durée plus longue, d'une demi-minute, d'une ou deux minutes parfois,
1. Humboldt, parlant de ces contrées, dit que, à certaines époques, les habitants ne comptent pas plus les secousses souterraines qu'en Europe nous ne comptons les averses ; un jour, Bonpland et lui furent forcés par l'inquiétude de leurs mulets de mettre pied à terre au milieu d'une forêt, parce que le sol avait tremblé pendant quinze ou dix-huit minutes.