‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 160 sur 271 · DESTRUCTEURS · texte numérisé non relu

DESTRUCTEURS

On s'est demandé s'il existe une relation quelconque entre les tremblements de terre et les phénomènes météorologiques, état atmosphérique, pression barométrique, température, électricité de l'air, vent, pluie, etc. On a cru que le calme de l'atmosphère, une chaleur étouffante, un horizon chargé de brumes, un soleil rougeâtre, étaient autant de symptômes avant-coureurs du phénomène. Des saisons plus ou moins irrégulières, des pluies intenses, des coups de vent ont paru à certains observateurs en rapport avec la violence ou la fréquence des ébranlements du sol en certaines contrées. Ce ne

1. Comptes rendus de l'Académie des sciences pour !8C8, t. II. . V. 81

sont Jà, d'après Humboldt et la plupart des savants contemporains, que conjectures erronées, suite d'une induction incomplète. « C'est, dit l'auteur du Cosmos, une erreur contrc-

Fig. 229. — Ruines de Torre del Greco. Tremblement de terre du 8 décembre 1861 (d'après une photographie).

dite non seulement par ma propre expérience, mais encore par celle de tous les observateurs qui ont passé plusieurs années dans les contrées où, comme à Cumana, à Quito, au Pérou et

au Chili, le sol est souvent agité par de violentes secousses. J'ai ressenti des tremblements de terre par un ciel serein comme pendant la pluie, par un frais vent d'est comme par un temps d'orage. En outre, ces phénomènes m'ont paru n'exercer aucune influence sur la marche de l'aiguille aimantée; le jour d'un tremblement de terre, les variations horaires de la déclinaison et la hauteur du baromètre ne présentent aucune anomalie entre les tropiques. » Mais ïïumboldt ajoute sagement : « Tout en reconnaissant que les tremblements de terre ne sont ni précédés ni annoncés par aucun signe météorologique, môme pendant le jour où ils doivent se faire sentir, il ne faudrait cependant pas rejeter avec dédain certaines croyances populaires qui attribuent de l'influence aux saisons (les équinoxes d'automne et de printemps), aux débuts de la saison des pluies, sous les tropiques, après une longue sécheresse, enfin au retour des moussons; il ne faudrait pas, dis-je, les dédaigner, en se fondant sur notre ignorance actuelle des rapports qui peuvent exister entre les phénomènes météorologiques et les phénomènes souterrains1. » Du reste, s'il paraît probable que l'état atmosphérique n'est pas troublé à l'avance par les mouvements du sol, il ne serait pas impossible que des modifications de cet état fussent dues aux secousses plus ou moins violentes et prolongées, et que le sol lui-même réagît sur les couches aériennes. C'est ainsi qu'on a constaté de notables variations dans l'électricité de l'atmosphère pendant les secousses qui ont si longtemps agité le sol des vallées piémonlaises de Polis et de Clusson 2.

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