Micrococcus. Gr. : 1000 d
2. Leplothrix mucor. Gr. : 800 et 1000 d 5. Baciles de l'atmosphère. Gr. : 100J d.
LES POUSSIERES ORUAMIQUES DE L AIR
d'aptes les recherches et les dessins du docteur Miquel
i. Bactéries et vibrions. Gr. : 1000 d. b. Corpuscules de la vapeur d'eau atmosphérique. Gr. : lOOOd. 6. Spures de l'air des égouts. Gr. : 500 d.
dessèche le sol est une cause d'affaiblissement dans le nombre des corpuscules. M. Miquel, à Montsouris, en a recueilli, dans le cours de deux années (octobre 1878 à septembre 1880), une moyenne de 15600 par mètre cube d'air, nombre qu'il croit devoir doubler en raison du procédé qui sert à les fixer sur la glycérine. « On peut affirmer aujourd'hui qu'en moyenne 1 mètre cube d'air extérieur, puisé à Paris, renferme 30000 spores de moisissures, chiffre qui peut s'élever à 200000 pendant les chaleurs humides de l'été et descendre à 1000 en hiver, quand l'atmosphère est froide, calme et récemment balayée par la pluie ou la neige. » Dans le cours de l'année, ce nombre a décru généralement d'automne en hiver, a peu varié entre décembre et mars où il a été à son minimum, s'est élevé au printemps pour atteindre son maximum en juillet et décroître rapidement à la fin de l'été. Mais ce qu'il importe de remarquer, c'est que les spores de mucédinées et de cryptogames sont d'autant plus nombreuses que l'air est plus humide. Les temps chauds et pluvieux leur sont particulièrement favorables. L'air des égouts, qui renferme plus de poussières minérales que l'air extérieur, ne contient pas en moyenne un plus grand nombre de spores, mais ce nombre est moins variable.
Les bactéries paraissent suivre, en ce qui regarde leur présence dans l'air atmosphérique, des lois différentes, opposées même à celles des spores de la première classe. Voici en quels termes M. Miquel formule le résultat de ses recherches, du moins pour l'air pris, soit dans le parc de Montsouris, soit à Paris, dans les rues du centre de la grande cité, dans les habitations privées ou dans les hôpitaux : « Contrairement à ce que l'on observe pour les cryptogames à fructifications aériennes, le chiffre des bacilles et des bactéries est toujours considérable pendant la sécheresse; faible en temps de pluie, il s'élève quand toute humidité a disparu de la surface du sol. De même, faible en hiver, il reste habituellement élevé en été et décroît rapidement à la fin de l'automne. La moyenne annuelle recueillie par mètre cube d'air est de 130 à 140 bac-
téries. » La comparaison des résultats des observations faites avec l'air extérieur et avec l'air confiné des habitations et surtout des salles d'hôpitaux a une importance extrême. D'après M. Miquel, un malade placé dans un lit d'une salle d'hôpital introduit dans ses poumons en un seul jour 80 000 spores de cryptogames et 125000 organismes bactériens, alors qu'un homme vivant à l'air extérieur introduira pendant le même temps 300000 spores cryptogamiques et 2500 microbes de la putréfaction. Le nombre des spores de moisissures dans l'air des hôpitaux est presque quatre fois moindre, tandis que celui des germes de bactéries est au contraire 50 fois plus considérable1. Or il est à peu près prouvé que les spores des mucédinées sont inoffensives, tandis que c'est parmi les bactériens qu'on rencontre les germes de la putréfaction et des maladies infectieuses. Le même observateur dit encore : « Au parc de Montsouris, l'air se montre de cinq à six fois plus pur qu'au centre de Paris, et l'atmosphère des salles des hôpitaux les mieux tenus est cinq à six fois plus impure que l'atmosphère humide des égouts. Aux données si vagues, si contradictoires publiées jusqu'ici sur les organismes aériens de la classe des bactéries, nous avons substitué des statistiques précises qui ne laissent plus aucun doute sur cette vérité si souvent pressentie, que les bactéries s'accumulent dans les salles des hôpitaux, s'y éternisent et peuvent devenir peut-être le point de départ des affections les plus variées; en effet, il est facile de constater qu'elles y peuplent l'atmosphère en assez grand nombre pour qu'un litre d'air puisé dans ces salles en renferme six ou sept, alors qu'un mètre cube d'air pris à l'observatoire de Montsouris peut parfois n'en pas contenir davantage et se montre par conséquent mille fois plus pur2. »
\. Nombre moyen de bactéries trouvé pendant le troisième trimestre de 1880, par mètre cube d'air :
A la salle Sainte-Jeanne (Hôtel-Dieu) 5143
A la salle Saint-Christophe (id.) 6166
Au parc de Montsouris 82
-2. Annuaire de Montsouris pour 1881.
Les expériences célèbres faites par M. Pasteur à des altitudes diverses, sur les montagnes du. Jura et sur le Montanvert, tendaient à prouver que le nombre des germes organiques va en diminuant à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère. D'abord combattues par des expériences contradictoires, mais où les observateurs n'avaient pas pris, paraît-il, toutes les précautions propres à prévenir les causes d'erreur, ces conclusions ont été confirmées par de nouvelles expériences effectuées en Suisse, à différentes hauteurs, par M. de Frendenreich, d'après une méthode d'observation proposée par M. Miquel. Le nombre des bactéries trouvées à une altitude comprise entre 2000 et 4000 mètres a été nul ; à 560 mètres, sur le lac de Thoune, il était de 8 dans 10 mètres cubes d'air. A la même hauteur, mais dans le voisinage de l'hôtel de Bellevue, c'est-à-dire d'un endroit habité, il était de 25 ; il s'élevait à 600 dans une chambre du même hôtel. Or, à la même époque, 10 mètres cubes d'air pris au parc de Montsouris contenaient 7600 bactéries, et à l'intérieur de Paris, rue de Rivoli, 55000.
Nous n'insisterons pas sur l'importance de ces constatations. L'analyse micrographique de l'air est une branche de la science à peine ébauchée, et déjà elle offre des résultats gros de conséquences pour les sciences physiologiques. Rien ne prouve que les particules innombrables que l'atmosphère tient en suspension ne jouent pas aussi leur rôle et peut-être un rôle considérable dans certains phénomènes météorologiques. Cette considération suffira pour justifier les détails dans lesquels nous avons cru devoir entrer sur ce point. Rien de ce qui touche à l'atmosphère n'est étranger au sujet que nous traitons dans ce volume.