LES BRISES DE MER ET LES VENTS DE TERRE
neuf heures de la matinée une légère brise commence à souffler de la mer: peu à peu le vent prend de la forée, à mesure qu'il pénètre plus avant dans les terres. Vers trois heures de l'aprèsmidi, la brise de mer atteint son maximum, après quoi elle va en s'affaiblissant jusqu'au coucher du soleil. Le calme dure peu; un vent soufflant de la terre vers la mer lui succède, et dure jusqu'au moment du lever du soleil, instant où il atteint son maximum de vitesse et d'extension.
La cause des brises de terre et de nier, de leur périodicité
Fig. 277. — Modifications subies par les brises de terre et de mer sous l'influence d'un
vent dominant1.
diurne, est aisée à comprendre. Elle est tout entière dans ce fait bien connu, que pendant le jour le sol s'échauffe plus et plus rapidement que l'eau de la mer sous l'action des rayons du soleil, et dans ce fait opposé que pendant la nuit le refroidissement par rayonnement est au contraire plus rapide sur terre que sur mer. Les couches d'air surplombantes participent à ces différences de température; les plus chaudes s'élèvent en vertu de leur moindre densité et l'équilibre rompu tend à se rétablir par l'appel des couches plus froides et plus denses. Toutefois, comme l'inégalité de température est généralement plus accentuée pendant le jour que pendant la nuit, il en résulte que la brise de mer doit être plus vive que celle de terre,
1. Les flèches, telles que Mv. Ma, Mb, représentent, en direction et en intensité, le vent dominant général et les deux brises de mer et de terre, déviées par la rotation terrestre. MA est la résultante, obtenue en construisant la parallélogramme des composantes.
laquelle, en revanche, a une durée un peu plus longue. Quand le temps est couvert, réchauffement du sol et le rayonnement de la surface sont considérablement amoindris, et par suite les inégalités de température qui causent ces mouvements aériens s'atténuent : les brises sont faibles.
La direction commune des brises de terre et de mer est perpendiculaire à celle de la côte. Elle subit toutefois, en raison dumouvement de rotation de la Terre, une déviation qui la fait incliner vers la droite dans l'hémisphère boréal, à gauche dans l'hémisphère austral. Ainsi, le long d'une côte exposée au nord, les vents de mer s'inclinent du côté de l'est; pour une côte exposée au- sud, ils viennent du côlé du sud-ouest. Cela suppose, comme nous l'avons dit, que le calme règne dans fa région considérée. Mais si un vent de direction constante souffle en même temps, celte déviation sera modifiée dans un sens ou dans l'autre et il en sera de même de la force des deux brises, qui pourra être accrue, diminuée ou même annulée, selon la force et la direction du vent régnant. On se rendra aisément compte de ces modifications, en considérant les deux courants aériens simultanés comme deux forces de directions et d'intensités connues, et en cherchant quelle est leur résultante d'après la règle de la composition de deux forces concourantes. Un vent d'ouest, par exemple, accroîtra la force de la brise de mer et diminuera celle de la brise de terre, sur une côte occidentale, sans changer leur direction ; les effets seront opposés le long d'une côte orientale. Sur une côle exposée au nord, le vent d'ouest régnant inclinera au nord-ouest la brise de mer, au sud-ouest celle de terre, etc. La figure 277 donne un exemple de ces modifications dans la direction et la force des brises, en divers points des côtes d'une île, sur laquelle le vent dominant vient de l'ouest.
Au fond des baies et des golfes, les brises de mer sont faibles ; et cela s'explique par la divergence des mouvements qui sollicitent à la fois les couches d'air ; celles-ci ne se meuvent qu'en vertu de la différence des forces en action. Dans les parties des